Des « Wewa » sèment la panique à Kintambo

motard-wewaPrès d’une centaine des « Wewa » ont provoqué hier une panique généralisée dans le quartier Utex de la Commune de Kintambo. Surgis d’on ne sait où vers dix heures de la journée, ces « Wewa » ont tout d’abord effectué une sorte de carnaval sous des vacarmes de leurs engins tout au long de l’avenue Ngaliema à partir de l’avenue Bangala avant d’emprunter l’avenue Bandundu qui longe la maison communale et le Commissariat du District de la Police Nationale. La panique a été d’une telle ampleur que les habitants de ce quartier se sont précipités vers ces avenues pour en savoir un peu plus sur ce carnaval d’un genre inquiétant. Après plusieurs tours, les « Wewa » se sont enfin arrêtés devant la Maison communale et le Commissariat du District de la Police Nationale dans l’espoir de faire passer leurs revendications. Mal leur en prit, car les agents de la Police Nationale se sont rués sur eux pour les maitriser arracher leurs engins sous prétexte de trouble à l’ordre public. Une trentaine des motos ont été confisquées et leurs conducteurs jetés au cachot

            Selon des bribes d’informations glanées auprès de deux d’entre eux qui ont pu s’échapper, leur descente visait à protester contre les tracasseries policières devenues monnaie courante depuis un certain temps. Notamment la décision d’interdiction faite aux « Wewa » de circuler après dix neuf heures et les incessantes confiscations de leurs engins par des éléments de la Police Spéciale Routière pour des motifs futiles et sentimentaux, a-t-on entendu. En plus des amendes irrégulières leur infligées à tout moment sans quittance. Rien qu’hier, a-t-on fait savoir, certains d’entre eux se sont vus arracher leurs engins au niveau du Rond-point Sakombi situé au croisement des avenues Benseke et Cimetière de Kintambo. Toujours hier dans l’après-midi, l’on a fait état des multiples confiscations des motos de transport dans plusieurs endroits de la ville.

            C’est le cas le plus rocambolesque qui s’est produit vers 15 heures dans la Commune de Kasavubu au croisement des avenues Assossa et Boulevard Triomphal. Deux « Wewa » qui se trouvaient sur la bande routière en attendant  le feu vert du « robot » servant de feu rouge se sont vus arracher leurs engins par les éléments de la Police Spéciale de Roulage. L’un d’eux, apparemment révolté, s’est rendu lui-même justice en se ruant sur l’un des agents de la Police Spéciale de Roulage en lui assénant des coups sur la tête et le corps au moyen de son casque avant de récupérer son engin et démarrer en trombe sous les cris et les quolibets des automobilistes, piétons et autres badauds ébahis et tétanisés par tant d’audace et de témérité. Les autres agents de la Police de Roulage, surpris car non avertis, ont pris du temps pour réaliser ce coup fourré, ce qui a permis à ce « Wewa » téméraire de prendre le large en direction du Pont Cabu et disparaitre ensuite à travers les habitations situées du côté de l’avenue de l’Enseignement. Mais hélas ! Son compagnon doit avoir payé cher cet acte de témérité, car il s’est retrouvé rué des coups de bottes sous les protestations des automobilistes et badauds.

Mesures improductives ?

            Certes, la mesure d’interdiction infligée aux « Wewa » de circuler au-delà de 19 heures avait été saluée comme salutaire au regard de multiples plaintes émanant des victimes des vols de bijoux, sacs à mains, appareils portables téléphonie cellulaire. Cependant, force est de constater que depuis lors, au lieu de diminuer, les rapts des biens et même les assassinats pris des dimensions inattendues.

            Par ailleurs, il a été établi que ce sont ces « Wewa » qui assuraient le transport des gens à travers la ville et particulièrement dans les quartiers et surtout les avenues périphériques et non desservis par les moyens de transport en commun suite à l’état désastreux des voies d’accès. Notamment les nouveaux quartiers sortis des terres après l’indépendance à la suite de l’exode rural. Le commun des mortels ne disposant pas des véhicules et habitant ces quartiers nouveaux étaient transportés par ces « Wewa » jusqu’à la porte de leurs maisons à n’importe quelle heure de la nuit et de la journée. Ce sont encore et toujours ces »Wewa » qui évacuaient des malades graves vers les centres de santé les plus lointains ou proches. D’aucuns sont d’avis que cette mesure ressemble à celle consistant à casser le thermomètre pour soigner la fièvre.

La station Cobil Pont Cabu sauvée par un « Wewa »

            C’est un « Wewa » doté d’un courage exceptionnel qui a pu sauver la Station d’essence COBIL non loin du Pont Cabu alors attaqué par des bandits à main armée et qui voulaient s’emparer de force de toutes les recettes de la journée. Seul et sans arme,  mais animé d’une témérité sans pareil, ce « Wewa » a affronté ces malfaiteurs au moment où les éléments de la Police Nationale commis à la sécurité de ces lieux et pourtant munis d’armes à feu avaient pris le large tout comme les agents affectés à cette station. Voyant le courage de ce « Wewa » et sous les huées des passants, automobilistes et badauds, les éléments de la Police Nationale qui s’étaient cachés non loin de cette station d’essence sont revenus à la charge pour neutraliser ces malfaiteurs impénitents.

Nouveau métier pour la jeunesse désœuvrée

            L’avènement de ces « Wewa » a d’abord été mal vu par le commun des mortels, mais au fur et à mesure que ce nouveau mode de transport permettait aux Kinois habitant dans les quartiers périphériques non desservis par les moyens de transport en commun de circuler jusqu’aux heures tardives de la nuit, l’on a observé une ruée exceptionnelle vers ce nouveau métier. De même, bon nombre des familles ont trouvé en cela une source des recettes pour subvenir aux besoins journaliers. C’est ainsi que des jeunes-gens désœuvrés se sont transformés en « Wewa » à l’instar de ceux qui, quoique bardés des diplômes universitaires sont devenus des vendeurs des cartes de téléphonie cellulaire et des cambistes le long des avenues et rues de la capitale.

            Comme à l’époque du MPR-Parti Etat, la lutte pour la survie dans la plupart des familles kinoises a poussé même des éléments des FARDC et de la Police Nationale à se tourner vers le système de l’informel dans l’exploitation du transport par le biais des motos. Il est alors arrivé qu’un agent de la Police de Roulage confisque la moto d’un officier de ces deux corps. On imagine la suite……

Recettes substantielles pour la Ville 

             Dans le souci d’encadrer ce nouveau métier, l’autorité urbaine a lancé un appel à tous les « Wewa » pour remplir une série des formalités administratives en vue de leur identification au niveau des services de la fiscalité, de la Police, de l’administration et de sécurité. D’où l’obligation leur faite de se munir d’un casque de sécurité, d’un numéro d’identification routière et le paiement des taxes urbaines.

                                                                                  F.M.

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