WAWA jette un regard critique sur l’avenir de la presse congolaise

wawa« La presse congolaise et l’appropriation des nouvelles technologies » : c’est le titre de l’ouvrage du professeur Georges-Jérémie Wawa  dont le vernissage a eu  lieu hier mardi 15 avril  au Centre Wallonie Bruxelles  de Kinshasa, en la  salle Jacques Bruel. Et le baptême de ce livre a été fait par le professeur Mbikayi Mundeke, l’un des deux doyens de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication.

         Edité aux éditions L’Harmattan de Paris, le livre de Georges Wawa, riche en renseignements et en enseignements tant pour les chercheurs que les patrons de presse congolaise, est tiré de sa thèse de doctorat présentée il y a deux ans à Kinshasa sur l’épineuse question de l’évolution technologique dans la presse écrite et de son adaptation à l’évolution technologique.

         Au-delà de cet événement,  dans une salle où se côtoyaient d’anciens et de nouveaux étudiants que Wawa a encadrés,   c’est un hommage mérité que la profession  de manière générale a voulu rendre à un homme passé  maitre dans l’art de la  presse écrite, qui continue à servir encore la nation à travers l’enseignement supérieur et universitaire depuis près de trente ans, a déclaré le professeur Eddy Tambwe, modérateur du jour.

Dans la présentation faite par le professeur Munkeni, il est apparu que le livre est divisé en cinq chapitres aussi fournis les uns que les autres.  Le premier  table sur la technologie et le milieu de la presse congolaise. Le deuxième construit un cadre théorique pour l’analyse du phénomène. Le troisième est consacré à la sélection du corpus. Le quatrième au résultat d’analyse et enfin le dernier à la présentation des résultats empiriques.

         De cet homme praticien  de terrain et du scientifique confirmé à l’Université, le professeur Munkeni a relevé que l’écriture de  cet ouvrage a ressorti  tout ce qui caractérise la somme d’expériences engrangées  par cet homme profondément journaliste de l’écrit et celui du scientifique confirmé.

         Notamment, le souci du détail, la justesse de l’écriture, la cohérence méthodologique, la pertinence de la problématique, la rigueur  scientifique  ainsi que le flair journalistique.

         Pour preuve, homme au caractère bien trempé, Wawa analyse de manière froide l’appropriation de nouvelles technologies de l’information et de la communication à travers l’ordinateur, un outil  d’intégration sociale. In fine, cet outil devient pour la presse et le journaliste un compagnon dont on ne saurait plus se passer. Au-delà de la précarité  qui caractérise la presse congolaise, la  recherche de  Wawa pose véritablement un problème d’adaptation des médias congolais à  l’évolution des TIC. Il propose pour cela une réforme profonde des  structures des entreprises congolaises à travers  ce qu’il appelle  le pole de développement un éveil technologique.

         Car,  tout en saluant le progrès accompli par les journaux congolais d’avoir un site web, le  défi, admet-il aujourd’hui, c’est plutôt d’avoir la capacité de décliner  le contenu des médias sur des médias mobiles, tels que la nouvelle génération de Smartphone.

         S’agissant de la massification actuelle dans l’enseignement de journalisme dans la plupart des établissements d’enseignement supérieur, plus particulièrement l’Ifasic où il enseigne, Wawa a établi un distinguo clair entre deux types des générations d’étudiants,  Isti et Ifasic.

         S’agissant de la génération Isti, l’auteur du livre a indiqué que celle-ci, en venant  suivre la filière  «journalisme» savait exactement ce qu’elle voulait  et était soumise à plusieurs travaux pratiques qui la préparaient à affronter la profession avec aisance.

         Quant à celle de l’Ifasic,  « alongi na ye », beaucoup plus académiste, c’est d’abord le diplôme au détriment de l’apprentissage de la  profession et des stages d’imprégnation.  Dans la foulée, il a salué le système LMD qui vient corriger  l’actuel programme, en consacrant plus de pratiques pour les enseignements techniques.

Hommage aux « gourous »

    Saisissant l’occasion  de la présentation de son livre,  Sayal en a profité pour rendre un hommage mérité aux aînés qui l’ont reçu dans la profession,   sans être passés par une école de formation, et  envers qui  il avoue une véritable vénération. Parmi ces « gourous » ou monstres sacrés de la presse, il a tour à tour cité Polydor Muboyayi (Salongo),  Bondo Nsama (Salongo), Mavomo (Salongo) et Nzita Mabiala (Elima), Mwissa Camus (Masano), Angelo Mobateli et Essolomwa (Elima).

 Tshibola Kalombo (Stg/Ifasic)  et VAN 

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