VSV : des irrégularités et fraudes rendent ces scrutins non crédibles et à réorganiser

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) préconisa la réorganisation, dans un délai raisonnable ne dépassant pas une année, des élections présidentielle et législatives organisées par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) le 28 novembre 2011. Ces nouvelles élections sont nécessaires pour corriger les flagrantes irrégularités et fraudes enregistrées essentiellement dans le chef des candidats de la Majorité présidentielle, sous l’œil complaisant de la CENI et du gouvernement. Ces propositions sont contenues dans le « Rapport final sur l’observation des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo » que la VSV a rendu public hier dimanche, 08 janvier 2012. Le point de presse organisé à ce sujet s’est déroulé dans la salle V.I.P. de la Paroisse Notre Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe.

De prime abord, Rostin Manketa, directeur exécutif adjoint, qui a fait l’économie de ce rapport de 59 pages, bien documenté grâce aux tableaux-annexes d’observation de plusieurs sites à travers le pays, a tenu à bien cadrer l’action de son organisation à travers les territoires de la République. Ce rapport contient cinq parties, à savoir : Introduction, Contexte et objectifs de l’observation électorale par la VSV, Quid de la crédibilité des élections présidentielle et législatives organisées le 28 novembre 2011 en RD Congo, Conclusion et recommandation et, enfin, Annexes.  En tenant compte de ses moyens, la VSV a observé les élections dans six provinces de la République, à savoir : Equateur, Bandundu, Bas-Congo, Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental et Kinshasa. Au total, elle a déployé deux cent-soixante et un observateurs provenant de ses comités droits de l’homme à la base (CDH/VSV). Et dans l’ensemble des provinces, les observateurs de la VSV ont couvert cent quatre-vingt centres de vote et quatre cent cinquante-deux bureaux de vote et de dépouillement dans les six provinces précitées. Et sur base de cet échantillon et des données récoltées sur terrain, la VSV s’est dit en mesure de donner sont point de vue sur le déroulement des opérations de vote et de dépouillement du 28 novembre 2011.

Une organisation chaotique de la CENI face au respect scrupuleux de la vérité des urnes

La VSV regrette dans son rapport que la détermination de la population congolaise de jouir de son droit de vote ait été contrariée par l’organisation chaotique de ce scrutin par la CENI qui a contraint des millions des votants à rebrousser chemin ou à retourner dans leurs différents domiciles sans avoir voté. Dans sa déclaration préliminaire sur l’observation électorale, faite le 02 décembre 2011, la VSV rappelle qu’elle avait demandé à la communauté nationale et internationale de dénoncer sans hypocrisie, toutes les irrégularités ayant entaché les opérations de vote et de dépouillement de ces élections ; cela dans le but d’aider le CENI à mettre du sérieux dans son travail car la consolidation de la démocratie dans notre pays passe impérativement par la transparence et le respect scrupuleux de la vérité des urnes telle que voulue par les Congolais.

Relevant les irrégularités et fraudes, Rostin Manketa, a dénoncé avant toute chose, les violations de la loi électorale (cadre légal) avec le vote des mineurs, le non respect par la CENI de la publication des listes des électeurs au plus tard 30 jours avant la date du début de la campagne électorale, le non affichage des listes des électeurs dans chaque bureau de vote 30 jours avant le scrutin, Des témoins ont été expulsés des bureaux de vote, de dépouillement et de compilation ; quarante huit heures avant le début des opérations du scrutin absence des bulletins de vote compatibles au nombre d’électeurs enrôlés et attendus. A ce sujet, le rapport note que des centaines de centres de vote et des milliers de bureaux de vote ont reçu des bulletins de vote dont le nombre était de loin inférieur au nombre d’électeurs attendus, etc. Des manœuvres politiciennes, en complicité avec certains agents de la CENI, sont à la base de cette situation. Elle cite aussi la confiscation et détention illégale des bulletins de vote pré-remplis par certaines autorités politiques, le bourrage des urnes en faveur des candidats de la Majorité présidentielle pour les présidentielles et législatives. En conclusion, la VSV a constaté que cette situation de fraude était planifiée depuis longtemps, en amont  et en aval de ces élections.

Comme solution à toutes ces irrégularités et fraudes, la VSV et son directeur exécutif, Dolly Ibefo, préconise le dialogue, entre l’opposition politique et le pouvoir en place pour une gestion consensuelle de la res publica avant l’organisation des élections crédibles, sous la supervision de nouveaux animateurs impartiaux de la CENI et la certification des résultats par la Communauté internationale.

RSK

Leave a Reply