La VSV demande à la Majorité présidentielle de consolider la paix et la démocratie

Mettant à profit deux actes politiques majeurs posés par le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, ces derniers jours, à savoir la publication du gouvernement de « cohésion nationale » et son discours devant le Parlement réuni en Congrès, sur l’état de la Nation, la Voix des Sans Voix pour les Droits  de l’Homme (VSV) – à travers un examen de ces deux événements – demande aux autorités congolaises en général et au Chef de l’Etat en particulier, d’œuvrer pour la consolidation effective de la paix et de la démocratie.

 

En outre, elle tire la sonnette d’alarme au sujet des violations massives des droits humains que pourraient engendrer la mise en exécution des menaces qui pèsent sur la Constitution de la République Démocratique du Congo et la nécessité de  privilégier le consensus au sujet des questions d’intérêt national. Rostin Manketa, directeur exécutif adjoint de cette organisation non gouvernementale de droits de  l’homme s’est exprimé à ce sujet le 18 décembre 2014, à son siège, dans la commune de Ngalièma.

En effet, concernant la publication du gouvernement de « cohésion », la VSV a pris acte de la reconduction d’Augustin Matata Ponyo à  la tête du gouvernement congolais et la nomination des autres membres du gouvernement. Toutefois, elle dénonce le retour en force de la pratique des gouvernements éléphantesques susceptibles de saigner le Trésor public en lieu et place de faire des économies   en vue d’améliorer les conditions socioprofessionnelles des agents et fonctionnaires de l’Etat, des médecins, paramédicaux, magistrats,  enseignants, policiers, militaires, agents des services de sécurité, etc. Elle dénonce la sous-représentativité de la  femme, soit 7 femmes seulement (14,8%) sur les 47 membres de l’équipe gouvernementale. La VSV note aussi que cette équipe gouvernementale ne remplit pas les critères de cohésion nationale, compte tenu de l’absence des partis politiques venus en ordre utile aux élections de 2011, mais aussi des réactions de frustrations provenant des personnes ayant pris part aux concertations nationales.

 

Discours devant le Congrès : plusieurs points importants oubliés

 

Abordant l’examen du discours du Président de la République devant le Parlement réuni en Congrès, la VSV  a déploré le fait  qu’il n’ait pas apporté des réponses claires et précises à certaines préoccupations d’intérêt nationale quotidiennement évoquées ces derniers temps. C’est le cas de l’Office National d’Indentification de la Population (Onip), car certains acteurs politiques craignent le report des élections. C’est aussi le cas de la révision de la Constitution de la RDC ; de la volonté non exprimée du Chef de l’Etat de se représenter ou pas pour un troisième mandat ; du glissement tendant à  repousser  les élections législatives et présidentielles au-delà de 2016, etc. Pour la VSV, le refus du Chef de l’Etat de répondre clairement à ces préoccupations est une belle occasion ratée pour promouvoir ou recréer la cohésion nationale. Enfin, la VSV conclut en soulignant que le Chef de l’Etat avait plus à  gagner en  annonçant publiquement qu’il allait respecter et faire respecter la Constitution de la RDC dans sa forme  et sa teneur actuelle, en renonçant à se présenter pour un troisième mandat et en  s’opposant à toute stratégie de glissement du processus électoral au-delà de 2016. La crainte de la VSV est qu’une révision constitutionnelle non souhaitée et contestée par la majorité de la population soit à la base des violations des droits humains.

Sakaz

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