Vrai-faux Projet d’Accord de Kampala : Kinshasa promet de ne pas trahir

Après avoir pris connaissance de l’article publié dans le numéro 4582 du quotidien Le Phare publié le mercredi 29 mai 2013, sous le titre « Vrai faux Projet d’Accord de Kampala : les Congolais exigent la transparence », le Gouvernement de la RDC s’estime en devoir de faire la mise au point suivante :

1. Le document publié dans votre livraison de mercredi ne peut en aucune façon être présenté comme le projet d’accord destiné à la signature par le Gouvernement de la RDC et les éléments du M23, parties aux pourparlers de Kampala. Si l’on considère l’intitulé dudit article comme un questionnement visant à savoir si le document présenté à la presse était vrai ou faux, la réponse est claire : c’est un faux. Il s’agit en réalité d’un document subversif élaboré et distribué par les agitateurs du M23 et leurs mentors;

2. Il y a certes des propositions des parties soumises à la facilitation assurée par le Ministre ougandais de la Défense, le Dr Crispus KIYONGA. Mais aucune des propositions ne peut être considérée comme étant le projet d’Accord destiné à être signé par les parties. Soucieux de mener à bonne fin les pourparlers, la facilitation avait convenu avec les parties que leurs propositions respectives ne devaient faire l’objet d’aucune publicité.

3. Le Gouvernement de la RDC déplore et condamne l’irresponsabilité du M23 qui se manifeste à travers cette entorse portée au principe librement accepté de ne pas dévoiler les propositions particulières des parties en contact tant qu’un texte résultant de l’harmonisation des vues ne sera pas disponible. Il proteste donc contre cet acte de désinformation que constitue la présentation du document provocateur du M23 comme projet d’accord entre les deux parties par un journal aussi respectable que « Le Phare ». A l’évidence, il s’agit pour les auteurs de cette forfaiture de fissurer la cohésion entre le Gouvernement, partie à ces concertations de Kampala, et le peuple congolais, victime de la guerre d’agression à laquelle lesdites concertations, entre autres mécanismes, sont appelées à apporter une solution durable ;

4. Le Gouvernement saisit cette occasion pour réaffirmer que rien ne sera décidé à Kampala qui soit attentatoire à la Constitution ou contraire aux Intérêts Nationaux. Il est donc important que soit évitée l’exploitation manichéiste des enjeux des pourparlers de Kampala. Laissons chacun jouer son rôle : que les négociateurs négocient à bon escient et que ceux qui doivent livrer l’information sur les pourparlers l’attendent de bonne source et en temps opportun.

Fait à Kinshasa, le 29 mai 2013
Lambert MENDE OMALANGA

Porte parole du Gouvernement

Note de la Rédaction

Le Phare est « heureux » de constater que les questions qu’il s’est posé dans son édition n°4582 du mercredi 29 mai 2013 ont suscité un vif intérêt de la part du Gouvernement, qui a réagi à travers son porte-parole, Lambert Mende Omalanga, par ailleurs ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté. Dans la mise au point qu’il a fait parvenir à la Rédaction, il réaffirme l’engagement de l’Exécutif national à défendre les intérêts de la Nation et à ne pas cautionner, à Kampala, toute résolution de nature à porter atteinte à la Constitution.

Le quotidien de l’avenue Lukusa se réjouit de pareille profession de foi et s’empresse de réaffirmer, pour sa part, en tant qu’organe congolais de presse, sa détermination à jouer pleinement, ensemble avec les autres médias du pays, son rôle de porte-parole des « sans-voix » et de la « Cité ». Au terme de plus de vingt ans d’instabilité politique, de guerres, de rébellions, de tueries, de viols, de vols et de violences de toutes sortes, Le Phare en appelle de tous ses vœux à la restauration d’une paix durable dans la partie Est de la République, au respect de notre souveraineté nationale et de notre intégrité territoriale, au retour à l’Etat de droit et à la bonne gouvernance, de manière à relancer la machine du développement.

Le peuple congolais a tant souffert de l’insécurité et des pillages de ses ressources naturelles à l’Est du pays qu’il refuse d’être distrait par des deals politiques qui font la part belle à ses bourreaux et à leurs parrains. Ce qui a particulièrement déterminé « Le Phare » à publier, pour la seconde fois – le même document avait déjà été publié dans l’édition du mardi 30 avril 2013 sans susciter la moindre réaction dans les milieux officiels – le « Vrai-faux Projet
d’Accord de Kampala », c’est le traumatisme causé à notre peuple par un fâcheux précédent, à savoir le fameux « Accord du 23 mars 2009 entre le gouvernement et le CNDP ». Ce document, tenu secret de mars 2009 à avril 2012, n’avait pu être porté à la connaissance du grand public qu’après la naissance de la rébellion portant curieusement le label de « Mouvement du 23 mars 2009 ».

Dans le souci de prévenir un nouveau coup fourré contre les intérêts vitaux de la République, le quotidien de l’avenue pense qu’il est de son devoir de placer devant leurs responsabilités, ceux qui seront appelés à défendre la cause de la partie lors du second round des négociations de Kampala, telles que préconisées par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui n’avait pas tenu sa langue dans sa poche lors de son passage à Kinshasa, il y a une semaine à peine. A cause du flou entretenu autour de l’Accord du 23 mars 2009, peuple congolais avait vu tout simplement le ciel lui tomber sur la tête, parce qu’un groupe d’initiés avait décidé de ne pas faire de publicité autour de ce document.

Le Phare espère que, cette fois, le Gouvernement s’est effectivement entouré des précautions utiles pour que la patrie ne soit pas trahie à Kampala.

La Rédaction

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