Visé par une motion de défiance à l’Assemblée Nationale : Kitebi face à son destin ce vendredi

patrice_kitebi_0Le ministre délégué auprès du premier ministre en charge des finances, Patrice Kitebi est attendu ce vendredi 17 octobre 2014  pour répondre à la motion de défiance déposée contre lui par les députés de l’opposition parlementaire.

L’annonce en a été faite par le président de l’Assemblée Nationale  tout au début de  la plénière d’hier mercredi 15 octobre 2014 consacrée aux réponses du premier ministre vis-à-vis des préoccupations soulevées par les députés lors du débat général sur projet de budget pour l’exercice 2015.

Le président de l‘Assemblée Nationale a fait savoir que la procédure pour une motion de défiance a été respectée d’autant plus que le tiers des signatures exigé  a été légèrement dépassé. Cela, conformément à la constitution et au règlement intérieur.

 Les signatures pour appuyer cette motion de défiance proviennent des 58 députés issus des principaux groupes parlementaires de l’opposition, notamment l’UDPS et alliés, l’UNC et Alliés et le MLC et alliés. Cette motion accuse le ministre Kitebi d’avoir autorisé le décaissement de la somme équivalente en Francs Congolais de 207.000 dollars Us en faveur de l’opposition inscrite dans le budget 2013 en violation de la procédure des règles de la structure d’engagement au niveau de la chaine des dépenses.

Cette fraude a été décelée par le député de l’opposition Jean Lucien Bussa lors du débat sur la reddition des comptes de la loi des finances pour l’exercice 2013. Outre le présumé détournement des fonds destinés à l’opposition, il est également reproché au ministre délégué en charge des Finances d’autres incohérences relevées dans le rapport accablant de la Cour des Comptes sur la reddition des comptes, dont entre autres, la non libération des bourses d’études prévues pour les étudiants dans le budget 2013.

 Dans l’hypothèse où la moitié des députés+1 soit 251 qui composent  l’Assemblée nationale voterait  en faveur de la motion, Kitebi sera obligé de déposer sa démission, a-t-on entendu dans les couloirs du Palais du Peuple.

 Par ailleurs, l’on rappelle que depuis la première  législature de la troisième République, aucun membre du gouvernement n’a été frappé par une motion de défiance déposée à sa charge à la sanction de l’Assemblée Nationale. Bien d’observateurs accordent d’ailleurs  une chance minime quant à  l’aboutissement de cette démarche de l’opposition parlementaire  contre le ministre délégué auprès du premier ministre  en charge des finances. Du fait que sa famille politique fera bloc commun pour ne pas faire le jeu de l’opposition en prenant le risque de sacrifier l’un de leurs membres. Cependant, ce sera un test de bonne gouvernance pour le gouvernement qui a fait, de ce principe le fer de lance de sa politique d’amélioration du climat des affaires en vue d’attirer les investisseurs extérieurs et donner des gages aux partenaires bi et multilatéraux. L’image de marque du pouvoir en place est à ce prix.

            Toutes fois le passage de l’un des fidèles du Premier ministre Matata constitue un test pour l’unité de la majorité qui connait depuis un certain temps des fissures en son sein.

ERIC WEMBA

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