Vers l’élaboration de la liste rouge des espèces ligneuses exploitables

Un atelier de lancement du projet d’élaboration de la «Liste Rouge» des espèces ligneuses exploitables en RD Congo a démarré le lundi 14 février au Cercle français, dans la commune de la Gombe à Kinshasa. Jusqu’au vendredi 18 février 2011, les participants venus de l’Université de Kinshasa, du jardin botanique de Kisantu, des directions de conservation et de la gestion forestière du ministère de l’Environnement, de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), de la fédération des industriels du bois, des ONG et les partenaires au développement vont réfléchir sur l’élaboration de la liste rouge des espèces ligneuses exploitables en Rd Congo.

 

 Initié par l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN) avec l’appui financier de l’Agence française de développement, cet atelier se justifie par le fait que malgré la volonté de mise en œuvre d’une politique de gestion rationnelle des ressources forestières, l’administration congolaise ne dispose pas d’outils nécessaires à la planification et au suivi des cahiers des charges signés avec l’exploitant forestier, notamment celle du respect des quotas concernant l’exploitation des espèces vulnérables. La Rd Congo ne dispose pas d’informations fiables suffisantes sur son patrimoine forestier en termes de disponibilité et des aires de répartition des essences. Cette situation est préjudiciable à la mise en place d’une stratégie de développement durable cohérente.
 La Rd Congo présente plusieurs essences forestières actuellement exploitées et classées à un niveau de menace d’extinction plus ou moins élevé dû à une surexploitation  forestière. Parmi ces essences classées, on cite : le Doussié, l’Azobé, l’Acajou, le Bilinga, le Dibétou, l’Avodiré, le Koto, le Tiama, le Sapelli, le Kosipo, le Bossé qui sont considérés comme étant dans un état de vulnérabilité.  Quant à l’Ebène, le Wengé, l’Afrormosia, le Pao Rosa et le Tola, ils sont tous considérés comme étant en danger avancé et la plupart de ces essences représentent encore des volumes exploités et exploitables non négligeables.
 L’objectif principal de cet atelier est l’appui à la mise en place d’outils de suivi du patrimoine forestier en vue d’une gestion durable et responsable. Comme objectifs spécifiques, l’atelier vise aussi à échanger sur les listes rouges existantes en Rd Congo, former les experts nationaux sur les techniques et les méthodes pour l’élaboration de la liste rouge de l’UICN, déterminer le nombre d’espèces devant être traitées en concertation avec les différentes parties prenantes, enfin à élaborer une feuille de route des activités du projet . 
 Dans son mot lu par son directeur de cabinet Désiré Luhahi, le ministre de l’Environnement a souligné le fait que selon la littérature  scientifique, la Rd Congo présente plusieurs essences forestières actuellement exploitées et classées à un niveau de menace d’extinction plus ou moins élevé dû à une surexploitation.
 Le ministre estime que les avis divergent. Certains sont plutôt favorables au maintien de ce classement voire même y adjoindre d’autres espèces. D’autres estiment qu’il y a une exagération et qu’il  faudrait revoir à la baisse ce classement. « C’est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs à ce projet et nous attendons un produit fondé sur des principes scientifiques objectifs et élaborés par un organisme neutre tel qu’UICN.
 Le ministre de l’Environnement estime que la liste rouge servira d’aide à la décision en termes de gestion et de planification de l’exploitation durable de la forêt. Elle servira également comme outil d’évaluation de l’état de conservation des espèces forestières à travers le monde. «Enfin, la liste rouge que nous allons obtenir permettra également à la Rd Congo d’aborder les négociations AVP/FLEGT avec une information actualisée et exhaustive qui permettra une bonne appréhension sur l’état de conservation des forêts du pays.»

Jean- René Bompolonga        

Leave a Reply