Vérité des urnes : Ngoy Mulunda craque !

Le climat était très lourd pour le président de la Commission électorale nationale  indépendante à la plénière de l’Assemblée nationale du  lundi 2 juillet.  Ngoy  Mulunda n’a pas pu se contenir face aux  réactions des membres de la société civile  qui se sont invités  au Palais du Peuple pour exiger sa démission immédiate.
Le point sur la vérité des urnes  abordé par le  président de la Ceni pour  répondre aux préoccupations  soulevées par les députés lors du débat  sur le rapport annuel de la  Ceni est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. 
Les activistes de la société civile présents à ladite plénière n’ont pas digéré les propos du président de la Ceni  selon lesquels, le cardinal  Monsengwo a été induit en erreur par des chiffres lui fournis par la Monusco qui voulait plonger la RDC dans  le scenario ivoirien. Ils ont vite improvisé un sit-in  à l’hémicycle. 
Avec des sifflets et des calicots, ces membres de la société civile  ne demandaient qu’une chose : la démission immédiate de Ngoy Mulunda et ses collaborateurs de la direction de cette institution d’appui à  la démocratie   .
Les activistes de la société civile ont bravé les menaces d’Aubin Minaku de les faire sortir de la salle et ont continuer  à faire entendre leurs voix. Ils ne cessaient de crier,  comme au printemps arabe : « Mulunda dégage ! ».
Relayés par une frange de députés, les cris des membres de la Société civile ont fait craquer le pasteur Ngoy Mulunda qui a pris le triste pari de montrer ses biceps dans une ultime tentative d’intimider les manifestants. Mais ces derniers étaient plus que jamais déterminés à dire à Ngoy Mulunda que lui seul et ses collègues du Bureau de la CENI étaient responsables du chaos électoral qui a couvert le pays d’opprobre.  
 
Mais Ngoy Mulunda n’était pas décidé à mourir et surtout à accepter d’être couvert  de honte sans réagir. Aussi, s’est-il attaché à affirmer qu’il n’avait pas triché, et bien plus, qu’il n’avait pas inversé les résultats.  Il a par contre soutenu que les responsables de la Monusco, qui comptaient sur l’influence de l’église catholique pour créer le chaos sélectoral, ont jusqu’à ce jour réservé une fin de non recevoir à sa correspondance adressée au représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU sur les chiffres fournis à l’archevêque de Kinshasa par un haut responsable de la mission onusienne  en RDC.
Aussi, Ngoy Mulunda  s’est-il exprimé en lingala pour réfuter  les accusations de détournement des fonds  qui pèsent sur  son bureau.
Tout en revendiquant sa «kinicité», le président de la Ceni a fait savoir qu’il disposait des moyens financiers suffisants avant de prendre la tète de cette institution d’appui à la démocratie et qu’il n’avait aucune raison de détourner les fonds mis à sa disposition par l’Etat pour l’organisation des élections.
 
Venant à la rescousse de son président, le Vice-président de la Ceni, le professeur Jacques Djoli a fustigé l’attitude  la communauté internationale et des missions d’observation internationales sur les élections en République Démocratique du Congo.
A ce sujet, le Vice-président de la Ceni a dénoncé la politique de deux poids, deux mesures  de certains   acteurs de la communauté internationale qui ont tout de suite crié au scandale à propos des élections en Rdc, mais qui sont restés paradoxalement  silencieux sur le coup de force électoral au Rwanda où le président Kagame avait été proclamé vainqueur avec près de 90 % des voix  et ce, après avoir mis aux arrêts son principal  challenger à la veille des scrutins .
«La même situation s’est encore reproduite en Ouganda où la communauté internationale est de nouveau restée complaisante », a-t-il ajouté.
 
Jacques Djoli s’est dit convaincu que les élections  dans la plupart des pays africains  n’ont pas été mieux organisées qu’en RDC où la situation électorale ne  se classe pas en dernière position en Afrique comme ont bien voulu  le  faire croire certains  dirigeants occidentaux.
Les observateurs neutres présents au Palais du Peuple se sont demandés comment et pourquoi les dirigeants de la CENI ont trouvé comme moyens de défense les élections  tripatouillées au Rwanda, en Ouganda et ailleurs en Afrique. S’il fallait chercher un aveu dans l’organisation du chaos électoral en RDC, on pouvait en tout cas pas trouver mieux. 
C’est sur ce constat de tristesse qu’on a assisté   au vote sur la recevabilité du rapport controversé. Celui-ci a été jugé recevable par la plénière,  sous réserve d’amendement par les députés.
Signalons enfin que pour échapper à la colère de certains députés et aux contestations  des activistes de la société civile, Ngoy Mulunda  et ses collègues du bureau ont été aiguillés par le service de protocole de l’Assemblée nationale vers une porte de secours et non l’entrée principale de la salle des congrès.
 
ERIC WEMBA 

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