Vente des eaux du fleuve Congo : dossier clos !

Depuis le régime de Mobutu jusqu’à celui de Joseph Kabila, en passant par ceux du Mzee Laurent Désiré Kabila et du 1+4, une vive controverse était pendante autour de la vente ou non des eaux du fleuve Congo à certains pays du Sahel, de l’Afrique du Nord et même du Moyen-Orient. Les décideurs politiques ainsi que les experts congolais étaient radicalement divisés sur les dividendes financiers mais aussi les conséquences négatives d’un tel projet.
Pour certains fils du pays, mus certainement par des intérêts égoïstes, l’aménagement des points de captage de ce que l’on s’est convenu de baptiser « l’or bleu » en amont du fleuve Congo, pour les canaliser dans des pipe-lines devant les amener vers des clients étatiques, n’allait avoir aucun impact sur son débit. Ce cours d’eau était présenté comme un « monstre » tranquille, régulièrement alimenté par une forte pluviométrie assise sur l’alternance des saisons entre l’Est et l’Ouest, ainsi que par une multitude d’affluents. Bref, aucun risque de perturbation de son débit n’était à craindre.

Des propositions étaient même avancées pour situer ces points de captage tantôt entre Mbandaka et Kisangani, ou encore entre Mbandaka et Kinshasa. Pour d’aucuns, les eaux douces du fleuve Congo étaient perçues comme la « manne » du ciel appelée à rapporter chaque année au pays des millions, sinon des milliards de dollars américains, au même titre que l’or, le diamant, le cuivre, le cobalt, le pétrole, etc.

A la suite des études scientifiques diverses produites par des professeurs d’universités (économistes, juristes, politologues, géographes, démographes) et des experts en environnement, il a été démontré que toute démarche visant le soutirage des eaux du fleuve Congo pour desservir un Etat voisin ou lointain comportait le grand risque de perturber sérieusement son débit et, surtout, d’hypothéquer l’avenir du barrage hydroélectrique d’Inga.
Manifestement, l’évocation de la situation d’Inga a tempéré les ardeurs des ténors de la thèse du soutirage des eaux du fleuve Congo pour leur vente à l’étranger.

D’aucuns ont alors sorti l’option du captage de ces eaux au niveau de l’embouchure, avant qu’elles ne se jettent, en pure perte, dans l’Océan Atlantique. Mais, aucun investisseur ou acheteur ne s’est montré chaud pour une telle alternative, en raison de son coût fort élevé tant pour les pays d’Afrique que pour ceux du Moyen-Orient. Mais l’année dernière, à la suite du dessèchement du Lac Tchad, l’idée de la connexion entre cette « mère intérieure » et l’Oubangui, un des grands affluents du fleuve Congo a été exhumée. L’accord de principe du gouvernement congolais était même obtenu par plusieurs pays d’Afrique Centrale réunis en conférence régionale.
Aujourd’hui, au regard de la baisse drastique du niveau des eaux sur le site d’Inga, que serait-il arrivé à la RDC si le projet de soutirage des eaux du fleuve Congo pour l’Afrique de l’Ouest et du Nord ainsi que le Moyen-Orient avait réellement pris corps ? Que serait le sort du barrage d’Inga si l’interconnexion avait fonctionné entre le lac Tchad et la rivière Oubangui ? Avec l’alerte donnée aux Congolais par la nature, il est permis de croire que le débat sur la vente des eaux du fleuve Congo ou d’un quelconque de ses affluents à l’étranger est définitivement clos.

Kimp

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