Vague d’extorsions des piétons à travers les rues de Kinshasa

A la lumière de nombreuses plaintes exprimées par certains habitants de la ville de Kinshasa, d’autres déposées dans les différentes unités de la police,  il est de plus en plus risqué  de se promener seul aux heures indues de la nuit. Et pour cause ! Depuis plus d’un semestre, il ne se passe pas deux ou trois jours sans que des cités résidentielles n’enregistrent  de cas de braquages ou d’extorsions par des hommes habillés en tenue civile, ou militaire, et portant des armes de guerre.

A Matete, la semaine dernière, BiayiKabuya, revenait de son atelier situé non loin de son domicile. Après une journée de dur labeur, ce bijoutier épuisé, transportait sur lui, outre sa tablette de marque Samsung S 3, un précieux colis contenant 1 Kg d’or, 2 Kg d’argent travaillés, ainsi que 900 dollars comme recettes réalisées pour la vente des bijoux et la transformation des gourmettes et autres pendentifs en or et en argent. Tous enfouis dans un sac accroché à l’épaule.

Au quartier Batandu, cette  nuit-là, par mauvaise coïncidence, trois malfaiteurs rôdent dans les rues. Quelque part, BiayiKabuya les croise, pendant que d’autres piétons se balladent sans inquiétude. Comme mus par un instinct particulier, ils l’interpellent. On raconte à ce sujet qu’il y a des décennies, Kinshasa avait connu un taux de braquages et d’extorsions très élevé, commis par des malfrats qui possédaient des fétiches leur signalant la présence des billets de banque. Aux arrêts, un de ces malfaiteurs a dévoilé leur stratégie.

Le bijoutier qui n’avait rien à se reprocher, s’approche du trio.

Qu’avez-vous dans votre sac ? lui demande un membre de la bande. Ce sont mes instruments de travail, dit-il pour les rassurer qu’il n’est pas un malfrat. Curieux, les malfaiteurs exigent de fouiller le sac, parce qu’ils sont en mission de rechercher d’armes de guerre, à la suite de nombreux actes de banditisme dans la ville de Kinshasa.

A la vue du contenu, 1 Kg d’or, 2 Kg d’argent travaillés, et une tablette Samsung S3, les bandits l’attirent loin des regards, soutenant qu’ils doivent bien fouiller. Deux de ces délinquants s’intéresseront à son porte-monnaie dans lequel étaient soigneusement rangés 9 billets de 100 dollars.

Sur le champ, le chef de bande sort de son blouson, un revolver et demande au pauvre bijoutier Biayi de partir sans regarder derrière, sans quoi ils allaient l’abattre.

Appauvri en une seule nuit, le bijoutier est allé déposer une plainte contre inconnus à la police, en prenant soin de donner leur signalemernt.

Sur base de ces quelques éléments, le Groupement recherche et investigations du Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, a lâché ses enquêteurs sur le terrain. Car, à en croire d’autres habitants de Matete, la nuit, des hommes armés en tenue civile sillonnent les rues pour extorquer des butins auprès des noctambules.

Une fois de plus, l’on déplore l’irrégularité des patrouilles pédestres de la police qui devraient sécuriser la population, mais également mettre ces malfrats hors d’état de nuire.

J.R.T. 

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