Unikin : vive tension à la faculté polytechnique

 

Une vive tension est observée au niveau de la faculté Polytechnique de l’Université de Kinshasa et plus précisément chez les étudiants du deuxième graduat. Le torchon brûle entre ces étudiants et deux professeurs, dont celui dispensant le cours de Mécanique Rationnelle II et celui du cours d’Analyse de Circuit au sujet des résultats de la deuxième session.

            Selon une lettre adressée par la délégation des étudiants du deuxième graduat au ministre de l’Enseignement Supérieur et universitaire, le professeur MPEYE Nyango a violé les instructions académiques N° 19 du 19 mai 1979, N° 41 du 1er juin 1979 et N° 45 de la même année en ce que « pour toute épreuve écrite, l’interrogateur ou l’examinateur est désormais tenu de déposer, en même temps que la fiche des côtes, les copies d’examen corrigées et la grille de correction à et effet.

            Il se fait que pour le cours de Mécanique rationnelle II, le professeur a avoué avoir été dans l’impossibilité matérielle de fournir les copies d’examen qui, selon lui, avaient été brûlées par mégarde par l’un de ses domestiques. Ce cours fait partie des branches du tronc commun comptant 60 heures par an, dont 30 heures dispensées par le professeur lui-même et 30 heures de pratique dirigée par son assistant. La même correspondance indique que les 30 heures du cours ont été dispensées par l’assistant étant donné l’indisponibilité du professeur titulaire très occupé par ses charges de président du Conseil d’Administration des Instituts Supérieurs du pays. De même, l’examen avait été corrigé par son assistant qui ne maitrise pas suffisamment ce cours et la méthodologie du professeur titulaire, lit-on dans cette lettre de protestation.

            Le conflit s’est aggravé lorsque tous les recours introduits auprès du jury pour réclamer une nouvelle correction des copies du fait du nombre très élevé d’échecs graves ont été rejetés alors qu’ils avaient été déclarés recevables mais non fondés sans avoir fait l’objet d’une analyse sérieuse, notamment par la vérification des copies d’examen de la dite matière. Plus fort, l’examen du cours d’Analyse de Circuit dispensé par le professeur Jean-Marie BEYA Kamba a été passé à l’oral à son initiative personnelle alors que l’article 77 du Vade Mecum et de l’instruction académique déclare le jury incompétent pour connaitre de tout recours basé sur des éléments non vérifiables. Un examen oral qui a duré 21 heures. Pire,  tous les étudiants du deuxième graduat étaient assis dans la salle et interdits d’en sortir. Dès 8 heures trente, la porte était fermée, plus d’entrée ni sortie, téléphone éteints, pas de papier ni stylo, le professeur interrogeait chaque étudiant sans lui permettre de préparer sa réponse pour une matière scientifique.

Le jury viole le Vade Mecum 

            Tout d’abord, le jury a laissé le professeur du cours d’Analyse de Circuit faire passer son examen à l’oral. Ensuite, en ce qui concerne le cours de Mécanique rationnelle II, le jury a rejeté tous les recours alors qu’il savait d’avance que les copies avaient été brûlées par l’un des domestiques du professeur. Le règlement universitaire reconnu à travers le monde exige qu’en cas de perte des copies d’un examen, soit que le jury accorde la côte de 12 sur 20 à chaque étudiant, soit qu’il ordonne de recommencer ledit examen. Une abondante correspondance a été adressée aux autorités académiques, politiques et administratives du pays, notamment le président de la République, le président de l’Assemblée Nationale, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, le recteur de l’université de Kinshasa, etc.…

F.M.

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