UNFPA : « Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie, aucun enfant ne doit mourir en venant au monde »

A travers le monde et particulièrement  en Afrique, l’on enregistre encore de nombreux décès des mères en donnant la vie et des enfants en venant au monde. Selon les  Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la sage-femme est la ressource clé  pour la réduction  de la mortalité maternelle et néonatale. C’est dans cette optique que le Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA) a répondu à l’appel de l’assemblée mondiale lancé en 2006, pour une décennie d’actions sur les ressources humaines, du fait que l’objectif « 5 » des OMD, en rapport avec la santé maternelle, enregistrait très peu de progrès. Pour appuyer cette action de la réduction de la mortalité maternelle et infantile, l’UNFPA a conclu un partenariat avec la confédération internationale des sages-femmes, en créant le programme sage-femme sur le slogan « le monde a plus que jamais besoin des sages femmes pour sauver la vie des mères et des bébés ». Pour en savoir plus Le Phare a rencontré le  mercredi  12 février 2014, Henriette EKE, conseillère pays des sages-femmes en RDC.

Le phare : Quelle est la mission de l’UNFPA (Fonds des Nations Unis pour la Population) ?

L’UNFA est une agence de développement international qui œuvre en faveur du droit à la santé et l’égalité des chances de chacun, femme, homme et enfant. Il offre son appui aux pays pour utiliser les données démographiques dans la formulation des politiques et programmes visant à réduire la pauvreté et pour faire en sorte que chaque grossesse soit désirée et sans danger.

Que faites-vous concrètement pour atteindre vos objectifs en RDC ?

L’agence vient en appui au gouvernement puisque ce dernier est également signataire des documents des Objectifs du Millénaire, en vue d’accélérer la réduction de la mortalité. Les actions du programme sage-femme  se situent essentiellement sur trois perliers : premièrement, l’éducation où ils ont trouvé la formation de base et la formation continue pour les accoucheuses qui sont déjà sur le terrain afin de renforcer leur capacité. Le deuxième pilier est axé sur la réglementation car c’est elle qui délimite la protection du titre en répartissant les tâches. On doit savoir la place  qui revient à la sage-femme dans une équipe pluridisciplinaire.

Le troisième pilier, ce sont les associations. Le Fonds des Nations-Unies est une agence d’appuie. Nous n’agissons pas par nous-mêmes mais nous appuyons la partie nationale.

            L’association a un rôle capital à jouer dans la reconnaissance de l’autorité de la profession et aussi dans l’environnement, comme régulateur. C’est l’association qui va vers le gouvernement pour assurer la qualité de ses prestations, demander l’amélioration de la qualité de l’environnement de leur travail, s’assurer que les sages femmes ont un niveau requis afin de pouvoir dispenser les soins que la communauté attend d’eux. En RDC, nous avons trouvé une association d’accoucheuses qui était faible. Nous sommes donc venus en appui à cette association, lui apporter les informations que nous avions au niveau international en vue d’améliorer sa profession.

            Cela leur a ouvert l’esprit et ils ont rédigé un mémorandum qu’ils ont déposé au ministère de la santé et au Parlement, demandant la reconnaissance de leur profession comme profession autonome, vue qu’elle n’était pas reconnue en RDC. Nous avons commencé le plaidoyer du ministère de la Santé et le processus est en cours. Sur le plan de la formation, nous nous sommes  rapprochés au ministère de l’Enseignement supérieur pour examiner, les conditions de formation des accoucheuses et parler des normes et standards internationaux. A ce niveau, la démarche a aboutie. Le ministère de l’ESURS a sollicité notre appui pour l’aider à réviser le programme de formation de la sage-femme. Actuellement, on forme effectivement des sages femmes et la première promotion est en première graduat. Ça commencé au niveau de l’TSTM. Au niveau de la réglementation, nous avons fait un plaidoyer au niveau du ministère de la Santé et la sensibilisation au niveau des associations, pour mettre en place un organe de régulation qui est  adapté selon les normes internationales. Par organe de régulation, on sous entend l’ordre des sages-femmes comme  dans d’autres pays. Ces démarches sont en cours.

En quoi a consisté l’activité organisée la fois dernière à Sultani ?

 Le Congo participe à une enquête mondiale où on fait le rapport mondial de tous les pays dans le but de connaitre l’évolution du programme sage-femme dans chaque pays où il y a un fort taux de mortalité maternelle. Le premier a été lancé en 2011 et le deuxième sera lancé en 2014. Ce sont ces données que nous sommes en train de récoler pour la participation de la RDC.

Quelle différence existe-t-il entre accoucheuse et sage-femme ?

 Accoucheuse, c’est une définition d’identification adopté par l’OMS depuis 2004 qui concerne toute personne qui a appris à assister une femme pendant l’accouchement. Ça ne fait pas une catégorie professionnelle. Le médecin est aussi accoucheur, l’infirmier de même.  Pourtant en RDC, on a   attribué à tort cette appellation aux matrones (femmes qui n’ont pas étudié mais qui ont l’habilité d’assister les femmes à l’accouchement sans aller à l’hôpital).Et les accoucheuses de formation qui normalement devaient être appelersages femmes sont maintenant appelées  accoucheuses. Et en les appelants accoucheuses, on les a effacées de la liste des professionnels. EIles sont répertoriées seulement dans la liste des infirmiers. C’est donc un peu une erreur sur laquelle la RDC devait se réajuste. Ce ne sont pas toutes les accoucheuses qui sont des sages femmes. Les sages femmes doivent avoir un profil bien précis qui a été défini par l’OMS et la confédération internationale des sages-femmes.

Existe-t-il une différence dans l’enseignement destiné autrefois aux infirmières et celui destiné actuellement aux sages-femmes ?

 A ce sujet, le ministère a demandé notre appui pour l’aider à réviser le programme et le réadapter aux standards internationaux parce que les cours dispensés autre-fois aux infirmières-accoucheuses n’étaient pas approfondis par rapport aux attributions de la sage-femme. D’où, leurs connaissances étaient limitées. C’est deux arts différents qui ne peuvent pas être combinés. Il faut maintenant recruter des enseignants pour enseigner des sages-femmes et adapter le programme pour intégrer les aspects de la formation pratique qui donne des compétences à la sage femme pour assister les femmes en période d’accouchement.

Que faites-vous pour motiver les étudiants à opter pour cette filière  afin d’avoir un plus grand nombre de sages-femmes ?

            Ce programme est jeune puisqu’il n’a commencé qu’en 2011. Nous avons d’abord fait état de lieu de la formation à travers la république dans différents établissements. Effectivement, nous avons remarqué que cette filière était dépeuplée. Mais après, avec l’appui de l’UNFPA dans tous ces établissements, nous les avons sensibilisés à rendre visible l’accoucheuse.  Aujourd’hui, je puis vous affirmer que dans tous les établissements où  nous sommes passés, l’effectif des étudiants dans la section sage femme a doublé ou triplé. Je dois également signaler que la filière sage femme comme section autonome n’a commencé que cette année étant donné que le ministre de l’ESURES a signé l’arrêté le 14 septembre 2013. Le ministre a également compris qu’il y a pléthore d’infirmiers dans le pays et ce sont eux qui se trouvent dans les maternités pourtant le pays a d’urgence besoin d’avoir des sages femmes. C’est ainsi qu’il nous a demandé d’appuyer l’élaboration d’un programme qui va transformer ces infirmiers en sage- femme.  Ce programme a été promulgué par l’arrêté du 14 septembre. Le premier établissement à mettre en œuvre  ce programme, c’est l’ISTM/ Kinshasa. On l’appelle la filière de reconversion des infirmiers gradués qui travaillent déjà dans les maternités. La durée d’étude est de 12 mois,  sanctionnés à la fin par un brevet de sage femme. Et avec ce système, le pays peut rapidement combler son gap en sage-femme.

En tant que bailleur des fonds, avez-vous d’autres ministères partenaires en dehors de celui de l’ESURES ?

Oui, mais tout dépend des programmes parce que les Fonds des Nations –Unies a plusieurs programmes en son sein, mais en ce qui concerne notre programme de la santé maternelle, nous sommes en partenariat avec le ministère de la santé, de l’ESURES et les associations professionnelles. Le contrat des Fonds des Nations-Unis, c’est avec tout le gouvernement.

Myriam IRAGI et Perside DIAWAKU

One Comment

  1. j aime le metier sage femme et j encourage toutes les sages femmes

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