Une inexplicable contagion : les assassinats continuent à Kinshasa !

 

La partie Est de la capitale est secouée par une vague d’assassinats ces derniers jours. La semaine passée, on a signalé une série d’assassinats dans les quartiers Mikondo, Mpasa, Mikonga, mais aussi à Kinkole… Les hommes en uniforme sont à la base de cette insécurité. Des cas similaires ont été observés au Campus de Kinshasa où on a enregistré les disparitions brutales des étudiants Fiston Nzomambu et Michel Mbayi.

Ce feuilleton macabre a l’air de ne pas se terminer de si tôt. Une famille logée au numéro 39 A, de l’avenue Bikotikala, quartier Lokari, commune de Masina, a perdu hier jeudi 20 janvier 2011 un des siens, en la personne de Mbembo Lembi.. Tôt dans la matinée, vieux, jeunes, et enfants se sont dirigés vers le couple Mbembo et Muleki La douleur se lit sur tous les visages. Parents, et amis… s’arrachent les cheveux. Pourquoi, un jeune homme promis certainement à un bel avenir a été arraché brutalement à l’affection des siens ?

Le colonel Elvis Palanga, commandant du district de Tshangu et le major commandant du commissariat de Masina ont passé toute la journée de jeudi dans le secteur en question. Et cela pour mener des investigations censées les aider à cerner les raisons de la montée de la criminalité à Tshangu.

Né un certain 21 janvier 1983, et finaliste en G 3 en Electronique à l’Ista, il y a de cela quelques temps, le jeune technicien a été tué par des éléments incontrôlés à la veille de son anniversaire.

Le drame a eu lieu non loin de là, plus précisément sur l’avenue Sukambundu 114. Deux de ses frères, présents à côté du défunt, à savoir, Arthur et Shadrac, l’ont échappé belle.

Fous de colère, à l’annonce du décès d’un de leurs, les jeunes du quartier avaient haussé le ton. S’étant résolus d’aller dire leurs quatre vérités aux éléments en uniforme commis à leur sécurité, ces derniers auraient riposté en tirant des balles en l’air. Hélas, un policier, incapable de se maîtriser, aurait tiré à bout portant sur une écolière de 7 ans domiciliée sur l’avenue Loso, numéro 67..

Acheminée à l’hôpital Roi Baudouin de Masina et de là vers l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa, sa santé est toujours préoccupante. Néanmoins, les médecins ont réussi à extraire la balle logée dans son corps, a-t-on entendu des sources dignes de foi..

Selon les témoignages recueillis hier jeudi auprès des proches du défunt et d’autres jeunes gens du quartier, l’ancien étudiant préférait passer ses nuits avec deux de ses frères, dans la parcelle de son oncle. Ses études terminées, le jeune homme réparait les postes téléviseurs, les radios et les appareils cellulaires.

Il est tard ce jeudi 20 janvier, la veille de l’anniversaire, de Le fils. Il est 3 heures du matin quand quatre éléments incontrôlés se pointent à la porte du jeune réparateur.

Ils criblent des balles la porte métallique.

Ils se rabattent ensuite sur la fenêtre en bois. Ils assènent des coups de crosse à la fenêtre qui cède. Il s’est crée une ouverture.

Alors l’un d’eux pointe son arme en direction du canapé placé devant le lit et tire quelques balles.

Qui perforent le canapé et atteignent Hervé au niveau de la main droite. Deux des balles ressortent du corps. Atteint mortellement, l’ancien étudiant va trépasser quelques minutes plus tard.

Entre-temps, Arthur vient au devant des assaillants.

«Qu’attendez- vous de nous ?» lance -t-il à l’endroit de ces « visiteurs ». Ces derniers vont répondre qu’ils sont venus chercher des appareils portables.

Le jeune homme va leur présenter quelques appareils cellulaires qu’ils ne vont plus toucher au motif qu’ils sont bons pour la ferraille.

 

Préoccupation

 

Une heure et demie plus tard, le major de la police commis à la sécurité des biens et des personnes à Masina arrive sur les lieux et va demander à ses hommes d’acheminer la dépouille mortelle du défunt à la morgue de la Clinique Roi Baudouin.

Les jeunes gens du quartier ne s’expliquent pas pourquoi la police s’est empressée d’amener le corps sans avoir au préalable mené une enquête. Fous furieux, ils vont provoquer des policiers qui vont à leur tour riposter.

Une écolière, dont le nom ne nous a pas été donné et placée de manière fortuite sur les parages, va être atteinte des balles.

Approché par Le Phare pour éclairer notre lanterne sur certains points, l’oncle paternel du défunt précise avoir rencontré la bourgmestre Muzinga pour lui faire part de l’assassinat de son fils. « Mon secrétaire particulier a pris soin de m’en informer », a répliqué le numéro un de Masina.

Qui a téléphoné sur le champ au commandant du commissariat de Masina.

A la question de savoir pourquoi il s’est empressé d’aller déposer le corps de l’ancien étudiant de l’Ista à la morgue sans informer au préalable l’autorité communale, le commandant du commissariat de Masina aurait dit avoir reçu l’ordre du colonel Elvis Palanga, le commandant du district de la Tshangu.

Bakatuala Nzalalembo a indiqué avoir reçu des mains du bourgmestre la somme de 15000 francs comme caution exigée pour la conservation de la dépouille mortelle de Mbembo Lembi à la morgue, mais qu’il s’est fait accompagner aussi d’un lieutenant de la police pour y accéder.

«Maintenant que le corps de mon fils a été acheminé à Roi Baudouin, est-il possible de mener une enquête viable sur ce drame ?»

Jusqu’à quand va-t-on garder la dépouille de l’ancien étudiant à la morgue ?

Seront-nous en mesure de payer 5000 francs chaque jour au service de morgue de l’hôpital Roi Baudouin ?

« Telles sont les questions que je me pose « , a-t-on entendu de la bouche de Bakatuala Flory.

Jean-Pierre Nkutu

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