Une délégation du Conseil de Sécurité en tournée en RDC, en Ouganda et au Rwanda

conseil de securiteDès ce vendredi, une délégation du Conseil de Sécurité des Nations Unies est attendue à Kinshasa pour un séjour de deux jours. Au cours de cette visite de travail, les membres de cette délégation auront des entretiens avec les plus hautes autorités du pays, notamment le chef de l’Etat, le Premier Ministre, le ministre des Affaires Etrangères et les présidents de deux chambres du parlement. Cette visite rentre dans le cadre de la recherche de la paix dans la région des Grands Lacs devenue le théâtre des affrontements récurrents entre les FARDC et les groupes armés financés, équipés et formés des éléments des armées régulières de trois Etats de l’Est, à savoir le Rwanda et l’Ouganda et dans une certaine mesure par le Burundi. 

Selon l’Agence Belga, cette délégation se rendra ensuite à Kigali et à Kampala pour des entretiens avec les autorités de ces deux Etats agresseurs en vue de les convaincre de se plier aux prescrits de l’Accord-cadre conclu à Addis Abeba entre les Etats membres de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs (CIRGL).

Points d’achoppement à Kampala

Cette délégation arrive à un moment où les négociations entre le M23 et le gouvernement de Kinshasa achoppent sur certaines questions de fond, notamment l’amnistie générale pour ces éléments de ce mouvement politico-militaire et leur intégration dans les FARDC. Kinshasa oppose un refus catégorique de réintégrer ces éléments qui ont commis des crimes de guerre et contre l’humanité pour avoir été dans tous les mouvements de rébellion depuis 1997 à ce jour.

La plupart d’entre eux ont servi sous l’AFDL, le RCD, le CNDP et maintenant le M23. Par ailleurs, Kinshasa détient des preuves irréfutables que les ¾ des officiers supérieurs de ce mouvement sont des sujets ressortissants du Rwanda et ont servi dans les rangs de l’armée patriotique rwandaise d’abord, en Ouganda et ensuite lors de la guerre de libération déclenchée en 1990 pour renverser le régime de l’ancien parti unique de feu Juvénal HABYARIMANA. De même, chaque fois que l’Etat Major Général des FARDC avait réintégré ces éléments, beaucoup d’entre eux refusaient de rejoindre les postes d’attache à travers le territoire national préférant demeurer dans les deux territoires de Masisi et Rutshuru.

Double jeu de Kigali

De nombreux rapports rendus publics par des experts de l’ONU, de la MONUSCO et surtout ceux de deux ONG de défense des droits de l’homme attestent avec force détail l’implication du gouvernement rwandais dans le recrutement, la formation, le financement et essentiellement la participation active des éléments de l’armée régulière rwandaise dans els rangs de ces mouvements de rébellion en opération en RDC depuis 1996 à ce jour. Quelle sera la position de cette délégation du Conseil de Sécurité face à un tel tableau sombre qui se traduit par des crimes de guerre et contre l’humanité régulièrement commis par ces groupes armés sous prétexte de poursuivre les F.D.L.R. ?

D’une part, le gouvernement de Kigali proclame urbi et orbi que sa sécurité extérieure est constamment menacée par la présence des éléments des F.D.L.R. dans les territoires de l’Est de la R.D.C. et d’autre part, Paul KAGAME ne sait plus cacher l’implication de son armée dans les rangs de ce mouvement politico-militaire dit le M23 accusé de force négative par la résolution N° 2098 au même titre que les FDLR, l’ADF-NALU et autres groupes armés irréguliers opérant dans cette partie du territoire congolais.

Prétextes fallacieux

            Les autorités de Kigali poursuivent d’autres objectifs inavoués dans ce jeu double. Lors de la guerre de l’AFDL, Kigali avait crié sur tous les toits que c’était une affaire congolo-congolaise pour enfin reconnaitre la vérité cruelle lorsque des correspondants des médias internationaux avaient fait état de la présence des éléments de l’armée régulière rwandaise dans les rangs de ce mouvement de rébellion présidée sur papier par feu L.D. KABILA.

Au lendemain de la rupture par L.D. KABILA de l’assistance militaire avec le Rwanda en 1998, Kigali va créer des toutes pièces le Rassemblement Congolais pour la Démocratie pour tenter de reconquérir le pouvoir par le biais des éléments de l’armée régulière rwandaise sous le commandement du général James KABAREBE, récemment limogé de sa qualité de ministre de la Défense.  Pendant cinq ans, des éléments de l’armée régulière rwandaise avaient occupé une partie du Kasaï, du Katanga, de la province Orientale, du Nord-Kivu et toute la province du Sud-Kivu sous les couleurs du RCD sans pour autant éradiquer ce phénomène des FDLR sensés déranger la sécurité intérieure du Rwanda.

Un an après l’Accord de Sun City, des éléments de l’armée régulière rwandaise sous le commandement du duo Nkunda-Mutebutsi avaient d’abord occupé la ville de Bukavu avant d’y être délogés par les éléments des FARDC de feu MBUDJA Mabe. Ils vont régner pendant cinq ans sur le territoire de Masisi sans pour autant en finir avec ce phénomène des FDLR. En 1999, Joseph KABILA et Paul KAGAME vont signer des accords des opérations militaires conjointes pour éradiquer définitivement ce phénomène des FDLR. En mars de la même année, Goma va accueillir une conférence de paix regroupant des délégués des tous les groupes armés de l’Est dont celui créé par L. NKUNDA sous l’appellation du CNDP.

Les FDLR : un épouvantail de trop

            Alors que toute l’opinion croyait en avoir fini avec ce phénomène des FDLR, voilà qu’au mois de novembre 2012, des éléments armés se réclamant des FARDC vont surprendre les Congolais en s’emparant de la ville de Goma sous couvert d’un nouveau mouvement dénommé le M23. Celui-ci se réclamant dépositaire des intérêts du CNDP de L. NKUNDA. Déclenchée à Bunagana tout près des frontières avec l’Ouganda et le Rwanda, cette nouvelle rébellion va se diriger vers Goma après avoir mis en déroute l’armée régulière congolaise. Les revendications de ce mouvement vont prendre les allures d’un complot visant l’instauration d’un nouvel Etat dès lors que les 9/10 èmes d’entre elles avaient déjà été résolues lors de la conférence de paix de Goma dénommée AMANI LEO. Et comme à l’accoutumée, c’est Kigali qui va être la première capitale au monde à lancer des fleurs à cette nouvelle rébellion pour réclamer des négociations avec Kinshasa. Selon un condensé des revendications et un programme des négociations confectionnés par le Rwanda avec comme point de mire, pour émouvoir et toucher la corde sensible de la communauté internationale, ce prétexte fallacieux de l’épouvantail des FDLR.  Voilà donc le tableau sombre de la situation à l’Est de la RDC, telle que définie par de nombreux rapports de l’ONU et des ONG anglo-saxonnes de défense des droits de l’homme que sont HUMAN RIGTH WACHT et INTERNATIONAL CRISIS GROUP.

                                   F.M.

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