Une agence de fret braquée par des bandits armés

Passé le temps des festivités de fin de l’année 2010, on croyait qu’une période d’accalmie sur le plan sécuritaire allait suivre dans la ville de Kinshasa. Mais force est de constater qu’en ce début de 2011, les bandits n’ont pas désarmé, ni renoncé à leurs activités criminelles. Plusieurs cas de braquages de véhicules, d’une agence de fret et des noctambules perpétrés par la pègre, la semaine dernière, indiquent que les malfaiteurs continuent de semer la désolation dans la capitale, comme si la moisson des butins en décembre ne leur suffisait pas.
Le regain de criminalité a débuté d’abord à Ngiri-Ngiri où six hommes armés en tenue, postés au coin des avenues Yangambi et Birmanie, samedi dernier, vers 21 H 30’, attendaient une « proie ». A cette heure-là, M. Munzemba Pevo, en route pour son domicile d’Ingende, a emprunté ce passage. Il roulait lentement et ne pouvait pas s’imaginer que des bandits l’avaient ciblé. Dès que sa Mercedes 190 de couleur grise, portant plaques minéralogiques KN 9019 BE apparaît, les malfaiteurs ont surgi des clôtures des parcelles et l’ont braqué.

            Sans opposer une quelconque résistance, il est sorti et leur a laissé les clés de contact. Mais avant de disparaître avec sa berline, ces malfaiteurs lui ont arraché ses trois téléphones portables, 30.000 FC, 20 dollars, sa carte d’électeur et sa carte bancaire de Procredit.
            Bien qu’une plainte ait été déposée auprès de la police, l’on croit savoir que des investigations sont en cours pour tenter de retrouver le véhicule volé, ainsi que les traces des bandits.
            Auparavant, la même nuit, vers 19 H 30’, un autre groupe de bandits a frappé devant le Centre médical Joski installé sur l’avenue Opala n°26, quartier des Anciens combattants à Kasa-vubu.
En effet, quatre malfrats en tenue civile et porteurs d’armes de guerre ont braqué l’infirmier Kulandani qui descendait de sa voiture de marque Mercedes 190, immatriculée KN 0560 AB.
            Devant quelques témoins, les brigands ont embarqué à bord de ce véhicule et pris une destination inconnue. Avant de quitter le lieu du braquage, ils ont tiré deux coups de feu en l’air pour décourager d’éventuels poursuivants.
 
Une jeep Prado blanche avec des malfaiteurs
 
            Le même samedi, quelques agents ainsi que le gérant de l’Agence de fret Nzau Zico située sur l’avenue Lowa n° 15, quartier Bitshaku-Tshaku, à Barumbu, s’affairent à ranger les derniers frets apportés par des clients. Il est 22 H 30‘. Soudain, une jeep Prado de couleur blanche s’immobilise au parking de l’agence de fret. Quatre personnes en débarquent au rythme d’un déploiement comme s’ils voulaient assurer la protection d’une personnalité importante.
Pendant que deux surveillaient l’entrée des bureaux, deux autres se sont introduits dans les locaux de l’agence. Objectif : braquer tous les occupants et arracher les biens de valeur.
            Sur le personnel braqué, ils ont pu arracher cinq téléphones portables, deux chaînettes en or, ainsi que la somme de 107.000 FC et 150 dollars. Un des surveillants a pu prélever le numéro de la plaque d’immatriculation du véhicule des braqueurs. Il s’agit de KN 0894 S.
            Saisie de nombreuses plaintes, différentes unités de la police provinciale recherchent activement ces bandes de malfaiteurs dont le modus operandi varie d’un groupe à un autre.
            Le groupe le plus traqué est celui qui avait agressé M. Mutombo Lumengo, à son domicile de la rue Zola n° 21, quartier Ngafani, commune de Selembao, dans la nuit du 31 décembre 2010 à 0 H 32 ‘. Composée de trois hommes armés en tenue civile, cette bande est celle qui a perpétré de nombreux braquages. Chez M. Mutombo, ils ont emporté 9 fardes de cigarettes, 300 dollars, 150.000 FC, 60 Euros, cinq téléphones portables, ainsi qu’un gros sac contenant plusieurs effets vestimentaires, des chaussures et des titres de propriété de parcelles.
            Selon une source proche de la police, ces braqueurs disposent d’un réseau d’indicateurs très actifs sur le terrain. Les indicateurs se postent dans les maisons de communication pour suivre les appels téléphoniques des clients. Dès qu’ils apprennent qu’une famille attend d’un de ses membres vivant en Europe, des fonds pour organiser une fête de mariage ou les obsèques d’un proche parent, ou même l’achat d’une parcelle, ils filent l’intéressé jusqu’à son domicile. Ils suivent ensuite ses différents mouvements jusqu’au retrait effectif des fonds auprès d’une agence. A partir de là, tout s’emballe. Les bandits sont alertés. Et le soir même, ceux-ci rendent visite aux bénéficiaires des fonds à qui ils révèlent la raison de leur présence. Il s’agit de récupérer les fonds ou les valises venus d’Europe.
Les familles appauvries, d’autres endeuillées par la perte d’un de leurs membres, attendaient de la police, un coup de filet pouvant mettre ces bandes d’inciviques hors d’état de nuire.
            Ce vœu des habitants du quartier Ngafani, ainsi que d’autres quartiers de la ville constitue une véritable interpellation pour les responsables des services de la police provinciale.

 J.R.T.

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