Un réseau des trafiquants des d’items traqué par la police

Un matin, des finalistes qui participaient au jury national des examens de fin d’études du niveau secondaire des Instituts des techniques médicales et des Instituts d’enseignement médical de la ville de Kinshasa et de la ville de Matadi, ont appris par voie des médias, la décision gouvernementale de l’annulation de ces épreuves. A la base de cette mesure qui a surpris plus d’un, les fuites des questionnaires constatées dans ces deux villes. 

            Pour certains élèves et parents manipulés par certains dirigeants des ITM et IEM, une personne était pointée du doigt. Il s’agit du directeur Komba Djeko, responsable de la 6 ème direction du ministère de la Santé, chargé de l’enseignement médical des ITM et IEM.

            Sur l’avenue de la Justice, une manifestation a été organisée par certains finalistes devant les bureaux de la 6 ème direction. Ils réclamaient le « diplôme du Cinquantenaire » et le départ du directeur Komba Djeko. Ils seront dispersés par les éléments de la police.

            Pour ces manifestants, dans le cadre des festivités du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, le gouvernement allait distribuer des diplômes à tous les finalistes sans tenir compte des résultats des examens du jury. Pourtant dans le secteur de la santé, on ne peut pas les risques d’offrir à la population, un personnel soignant non qualifié, donc mal formé et inexpérimenté.

            Ayant eu vent de cette rumeur, les finalistes ne s’étaient pas préparé sérieusement pour affronter ces épreuves devant sanctionner la fin des études secondaires. Ils comptaient ainsi sur «  ce cadeau de fête du 30 juin 2010 ».  Malheureusement pour eux, le jury a été organisé cette année, comme à l’accoutumée, dans les centres institués à cet effet.

            Le 1 er juillet 2010, lors de la ronde des inspecteurs et des enseignants affectés au contrôle et à la surveillance de ces épreuves, une fille a été surprise au centre de Kinshasa-Ouest, en train de recopier des items avec des réponses aux questionnaires. Elle avait cachée ses notes sous la jupe et jetait de temps en temps un coup d’œil rapide. Son geste suspect l’a trahi.

            Appréhendée en flagrant délit de tricherie, Mlle Mukundi Christelle a été entendue aussitôt sur procès-verbal par l’inspecteur Mbuyi Kalonji. Face aux preuves irréfutables, la jeune fille est passée aux aveux, révélant au passage qu’elle les a obtenus auprès du préfet de l’Institut des techniques médicales Gracia de Ngaliema, M. Malonda. 

Les trafiquants des questionnaires du jury collaboraient avec les travailleurs des imprimeries 

            Comme pour une fuite en avant, certains responsables des instituts des techniques médicales et des Instituts d’enseignement médical avaient propagé des rumeurs accusant le directeur Komba Djeko, responsable de la 6 ème direction, comme l’auteur de ces fuites. Pourtant, c’est lui l’initiateur du système du jury d’Etat pour les études médicales du niveau secondaire. Il tenait par cette idée, abolir le système du diplôme de fin d’études délivré par chaque école. Par son souci d’ordre, il a instauré le système des épreuves d’un jury national constitué par le ministère et les inspecteurs de l’enseignement médical. Ce qui allait donner plus de crédibilité au « diplôme d’Etat » de sections médicales.

            Une plainte sera alors déposée au Bataillon de la police d’investigations criminelles où le commissaire principal Nyuma  a été chargé de l’enquête.

            Des investigations lancées sur le terrain, l’on vient d’apprendre que tout est parti d’un réseau des trafiquants des questionnaires opérant dans la ville de Kinshasa, depuis de nombreuses années.

            Cette année, grâce à la découverte des fuites, la demoiselle Mukundi Christelle a permis à la police de savoir comment elle est entrée en possession de ce questionnaire. Tout est parti du maquis organisé au Centre de suivi et de médiations pédagogiques de Ngaliema. Des finalistes parmi lesquelles figuraient Mlles Laëticia Babintu, Muntu Lelo, Mboko Bokonda et Christelle Mukundu ont pu acquérir les items avec des réponses.

            La police a également découvert que d’autres fuites ont été décelées à Matete, au niveau de l’Institut des techniques médicales presbytérien. Trois filles en possédaient des copies. Il s’agit de Olga Nsambu, Teteyi Masika et Renalt.

            En réalité, quand le réseau a acheté les items auprès d’un certain Bob Kinsungumuna Devoloko, il a contacté de nombreux préfets dont Tuvinga Meti de l’ITM presbytérien de Matete et le proviseur Lubela Benajo de l’ITM Songwa de Limete. 

La police vient de réaliser que la courroie de transmission entre les imprimeurs et le réseau n’est autre qu’un certain Elvis actuellement en détention préventive à la Prison centrale de Makala, pour des faits analogues.

            Ce brillant de coup de filet dévoile ainsi les activités du réseau des trafiquants des questionnaires du jury des examens de fin d’études secondaires de sections médicales. Comme on peut s’en rendre compte, le directeur Komba Djeko est ainsi lavé de tout soupçon, car aucun prévenu ne l’a cité.

            Selon des informations recueillies au ministère de la Santé, ce directeur que l’on reconnaît comme initiateur du jury national pour les ITM et IEM, est l’actuel président de l’Association nationale des infirmiers du Congo (ANIC). Il s’est inscrit depuis l’année scolaire 2005 – 2006 à l’école de l’excellence qui doit donner au pays des infirmiers bien formés, telle est aussi la vision du ministre de l’ESURS. Pour avoir lutté contre la corruption et surtout, le bradage des diplômes, le directeur Komba Djeko reçoit aujourd’hui des fléchettes de toutes parts, provenant des ennemis de la méritocratie qui ont transformé l’enseignement médical en un fonds de commerce. Cela se remarque par la sévérité dans la correction des copies des épreuves du jury. Tenez. Sur 800 finalistes acceptés, seuls 470 ont réussi cette année, sur toute l’étendue de la république.

            Il entend faire mieux, laisse t-on entendre dans les couloirs du ministère, mais il est buté au problème des moyens qui tardent à venir.

            Espérons que ses préoccupations trouveront un jour, la solution.

  J.R.T.  

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