Un mausolée pour Chebeya !

C’est désormais officiel. Les derniers hommages seront rendus le vendredi à Floribert Chebeya au vélodrome de Kintambo tandis que l’enterrement aura lieu au cimetière de Benseke Mfuti VIP le samedi 25 juin 210. C’est ce qui ressort de la mouture du dernier programme arrêté entre la famille biologique du défunt et les autorités de la ville. Au cimetière de la Gombe où l’illustre activiste aurait dû être enterré à la demande de sa famille, Kimbuta a souligné que non seulement le lieu d’accueil des morts est actuellement fermé mais la notoriété du trépassé exige à la ville de « trouver un espace vaste et digne ».

L’information a été porté à la connaissance de l’opinion lors d’un échange organisé mardi au cabinet du ministre de la Justice et Droits Humains avec le collectif des défenseurs des droits humains impliqué dans le suivi du dossier Chebeya.

Le ministre Luzolo Bambi, a conjointement conduit les échanges avec le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta. Le patron de l’exécutif provincial a annoncé à ses interlocuteurs qu’en signe d’hommages à l’activiste, un mausolée sera érigé aux frais de la ville. Coût du matériau : 4.500$.

 Refus d’une marche voulue pacifique

A la préoccupation des activistes au sujet de la constitution d’une commission d’enquête mixte devant inclure également des experts internationaux, Emmanuel Luzolo a dit ne pas s’opposer à l’option proposée mais souligné que la priorité reste et demeure les obsèques du disparu. Mais qui va assurer la sécurité de l’ensemble des obsèques ? A cette question des défenseurs des droits de l’homme, Kimbuta s’est porté immédiatement garant, soulignant au passage sa disponibilité à mobiliser les effectifs des policiers en sa possession, le gros des hommes ayant été mis en disponibilité pour les préparatifs des festivités du cinquantenaire.

L’autre crainte exprimée par les Ongs, c’est celle de la protection des témoins à charge dans cette affaire. Ici, la crainte semble avoir  été évacuée avec la réponse du ministre qui a souligné que « tout sera fait de manière à ce que les enquêtes se déroulent en toute transparence ».

Dans leur programme, les activistes avaient prévu, une marche pacifique destinée à lancer un signal fort en direction du gouvernement, appelé à assurer plus de sécurité aux pères et mères de famille engagés pour une cause juste. L’initiative, aux yeux de Kimbuta, tombait mal à propos parce que, dit-il, la ville ne serait pas en mesure de sécuriser une marche qui s’étendrait sur environ dix kilomètres. « Aidez-nous à vous aider », a exhorté le gouverneur qui s’est plaint de n’avoir suffisamment pas de policiers à mobiliser. Face à ce refus visiblement poli de la marche, un défenseur des droits de l’homme a vite fait de faire observer à l’autorité urbaine que les autorités ont souvent – à tort – fait porter aux activistes le chapeau d’opposants au régime. Ce qu’il a démenti, expliquant à Kimbuta que par essence, les défenseurs des droits de l’homme sont plutôt des femmes et des hommes non violents.

Un cadre de concertation a été mis en place et les pourparlers devront se poursuivre entre la ville, le ministère de la Justice et la communauté des défenseurs des droits de l’homme, a souligné Me Mwila, porte-parole du Collectif. 

D-I.K

 

 

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