Un inspecteur adjoint de la police tue un chauffeur

L’auditorat militaire supérieur de la ville de Kinshasa a reçu mardi dernier, la visite d’un officier supérieur de la police nationale. Non pour déposer une plainte ou transmettre un dossier judiciaire. Visiblement abattu, l’inspecteur adjoint Blaise Bandudi, commandant du commissariat de Barumbu, est allé se constituer prisonnier. Et pour cause !

 

            Il avait tué de deux coups de balles un chauffeur de mini-bus qui dans sa fuite, l’avait cogné, lui et sa femme, avant d’aller échouer contre un arbre.

Ce crime s’est produit le 3 janvier 2010, vers 21 heures.

            Sur le champ, un magistrat a été désigné pour procéder à son interrogatoire et mener des investigations au sujet de ce meurtre qui a bouleversé tout Matete. Aujourd’hui, un dossier judiciaire a été ouvert contre l’inspecteur adjoint Blaise Bandudi, du chef de meurtre. Placé immédiatement en détention préventive, le prévenu espère que ce procès qui s’ouvrira dans les jours qui suivent, quelle que soit son issue, pourra libérer sa conscience.

Mais comment on en est arrivé là ?

 

 Un agent du parquet brutalisé à l’arrêt Bitabe 

            L’incident malheureux est parti d’une discussion bête à l’arrêt Bitabe, entre le receveur du mini-bus et un client au sujet du paiement du ticket. Agent d’un parquet de grande instance de la place, le client a exhibé à sa descente du bus, sa carte de service. Il sera brutalisé par le receveur qui lui réclamait le paiement, ne fut-ce que de moitié du tarif.

            Comme la discussion se prolongeait, le chauffeur Yubiki est allé prêter main-forte à son convoyeur que l’agent du parquet tenait à appréhender. Lors de cette bousculade, ce dernier est tombé raide mort, suscitant des sentiments d’indignation et de révolte des autres clients.

            Présents, l’activiste des Droits de l’Homme Samuel Mbamba a contraint le conducteur et son receveur à acheminer l’infortuné dans un hôpital de la place. Refus catégorique.

            Au Marché de la Liberté, l’activiste des Droits de l’Homme a envoyé un client alerter le poste de police. A la vue des policiers, le chauffeur a embarqué l’agent du parquet qui était toujours inanimé. Le mini-bus s’est dirigé ensuite, à Matete où le conducteur allait soumettre le cas à son patron résidant au quartier Mboloko n° 27/D. Ici, une autre version des faits afait jour. A en croire Yubiki, l’agent du parquet voulait lui extorquer les recettes de la journée. Puis la victime était abandonnée au Centre médical Souzanela du quartier Mboloko, sans qu’aucun frais ne soit versé. Les infirmiers exigeront que le chauffeur et son patron déclinent leurs identités, de manière à ce que dès que survient un cas de décès, l’on sache qui poursuivre. Ces derniers se sont éclipsés, abandonnant leur victime à son triste sort. Devant l’acharnement de l’activiste de Droits de l’Homme, le chauffeur du mini-bus et un certain Rufin Nseka ont invité les Kuluna de Matete à le brutaliser sans ménagement. Ils le feront avec cruauté au point que Samuel Mbamba poussait des cris stridents de détresse. A la suite de la clameur publique, l’inspecteur adjoint Blaise Bandudi, commandant commissariat de Barumbu, est aussitôt sorti de sa parcelle en compagnie de sa femme, pour s’enquérir de la situation. C’est en ce moment que le chauffeur et son protecteur, le faux lieutenant Rufin Nseka, ont tenté le tout pour le tout.  Le sauve qui peut. Rufin Nseka appréhendé, le conducteur a failli cogner l’inspecteur adjoint et son épouse.

            Dans sa chute, l’officier supérieur s’est blessé à la tête. Aussi dans un accès de colère, il a tiré deux coups de balle sur le chauffeur qui a rendu l’âme sur le champ.

            Telle est la version répandue à Matete.  

J.R.T.  

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