Un constat de Henri-Thomas Lokondo : « Les Congolais de l’Equateur souffrent …»

Il revient de l’Equateur où il a séjourné dans le cadre de ses vacances parlementaires. Le sénateur Henri-Thomas Lokondo Yoka s’est donné le temps de restituer les temps forts ayant caractérisé un séjour qui s’est voulu prospectif sur les terres de ses ancêtres et de ses électeurs.

A l’Equateur, Lokondo a réuni, à tour de rôle, députés provinciaux, toutes tendances confondues, la société civile, des responsables des confessions religieuses, des étudiants, des autorités académiques, des professionnels de santé, des sportifs et, enfin, des pygmées. 

            Objet : tâter les pouls de la province et recenser les desideratas à destiner aux autorités du pays. Sénateur, l’homme n’a pas dormi sur ses oreilles. Il a été signalé dans les périphéries de Mbandaka, aussi bien sur la terre ferme que sur le fleuve, pagaie à la main. « Les Congolais de l’Equateur souffrent et je me demande où vont les fonds de rétrocession alloués à la province », s’est interrogé le sénateur Amp qui a déclaré avoir « déploré le dysfonctionnement au niveau de toutes les institutions provinciales».

            A cela s’ajoute une mauvaise gouvernance générale, a accusé l’interlocuteur du Phare qui a souligné être d’avis que « la situation socio-économique est fort dramatique » à l’Equateur.

Le président de l’Union Congolaise pour la Liberté « UCL » n’a retenu qu’une seule avancée à ses yeux : l’éradication des Enyele. A part ce point positif, « rien de rassurant ».

            « Les cinq chantiers ne sont pas encore visibles à l’Equateur, ils relèvent simplement du rêve », a constaté Lokondo qui a comparé sa province à ses « sœurs » pour enfin déduire que « tout porte à croire que l’argent de l’Etat destiné au développement de la province est détourné et va donc dans les poches des individus », prenant l’exemple des provinces de Kindu et du Bandundu qui se développent, à ses yeux, sur fonds propres. 

Baende répond à Lokondo 

            Aux allégations des uns et des autres sur le retard, pour la province à prendre son envol sur fonds propres, attribué à l’exécutif provincial, le porte-parole du gouvernement Baende, Rebeca Ebale, a réagi. Elle explique que le programme de « cinq chantiers est un programme national et le gouvernement provincial a obtenu des promesses du Chef de l’Etat pour venir, à brève échéance, inaugurer le lancement des travaux.

« Elle a manqué l’occasion de se taire et tout l’argent qu’ils perçoivent qu’est-ce qu’ils en font …», questionne le MLC Isofale.  

Rien de bon à l’Equateur 

            Le tableau présenté par l’interlocuteur du quotidien de l’avenue Lukusa fondé sur le constat fait sur le terrain est sombre de bout en bout. Au chapitre des infrastructures, Lokondo a avoué n’en avoir pas vu de fiables. « Les bâtiments sont vétustes, les écoles dans un état d’abandon total… ». Son parcours sur le fleuve lui a présenté une autre image d’une province qu’on dit riche en bois mais qui, à ses yeux, fait la queue des provinces les plus pauvres du pays. Et ici, Valentin Itela, un activiste local des droits de l’homme, reçu par Lokondo, de s’interroger : « Est-ce José Makila avait-il attendu les cinq chantiers pour réhabiliter le Parquet, le building administratif de la fonction publique, la voirie urbaine, l’université de Mbandaka et doter la ville d’une morgue moderne ? ».  Pour Itela, le constat fait dénote d’un « aveu d’immobilisme dans le chef de l’exécutif provincial ».

            Après l’activiste, c’était le tour du président provincial du Pprd/Equateur, Apollinaire Etayi  de se confier à Lokondo : « Nous confirmons le détournement de la rétrocession allouée dans le cadre des entités territoriales décentralisées. Les autres provinces décollent grâce aux recettes propres alors que l’Equateur, toute honte bue, attend l’arrivée des cinq chantiers ». Idem pour le président provincial du Mlc. Isofale a porté à la connaissance de Lokondo que « le trafic d’influence sur le dos du Chef de l’Etat profite à ceux qui, au lieu d’investir dans les infrastructures le peu qu’ils perçoivent, nourrissent de rêve leurs compatriotes ».

            Les documents estimés authentiques prouvant des actes de détournement ont été remis à l’hôte venu de Kinshasa, en sus d’un certain nombre de doléances des fils filles de l’Equateur soulignent que « le trafic d’influence sur le dos du chef de l’Etat est contre productif chez nous à l’Equateur. Lorsqu’on dit que les cinq chantiers n’ont pas encore commencé et qu’on évoque un autre agenda, au chef de l’Etat de préciser quel agenda il a pour l’Equateur et non pour les autres provinces alors que la province devrait vivre de ses ressources propres qu’elle génère».

            Dans une sorte de ballet, Lokondo a, en outre, échangé avec un échantillon de députés provinciaux. Le sénateur a rappelé à ses vis-à-vis qu’ils avaient reçu, entre autres missions, de contrôler l’exécutif mais souligné avoir appris que les élus provinciaux passent le clair de leur temps à se régler des comptes. Les « honorables » ont, devant leur hôte, reconnu la léthargie qui gangrène l’institution et souligné n’avoir pas suffisamment joué le rôle de gardien de la bonne gouvernance des ressources publiques allouées au gouvernement provincial.

            Aussi, ont-ils souligné ne s’être réunis qu’une seule fois alors que la session de septembre est réputée essentiellement budgétaire. Est venu le tour des responsables militaires et de la Police d’échange avec l’élu provincial. Premier a été reçu, le Commandant région militaire, le Général Ekutshu. Les deux personnalités ont abordé l’aspect sécuritaire de la province qu’elles ont, toutes deux, jugé positif.  Même constat dégagé avec le responsable local de la Police, le Général Bakemo après un tour d’horizon sur la sécurité des personnes et de leurs biens.

            C’est enfin, le tour de la population qui s’est informée du processus électoral et des enjeux politiques futurs. Au cours d’une série de meetings tenus aussi bien en plein centre-ville de Mbandaka que dans ses périphéries, Lokondo a invité la masse à s’enrôler « massivement pour donner plus de sièges à l’Equateur au niveau du parlement ».                D-I.K

 

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