Un commando mystérieux chez Joseph Kabila

Une vague de panique a sérieusement secoué le centre de la ville de Kinshasa ainsi que certaines communes périphériques hier dimanche 27 février 2011 à la mi-journée, à la suite des tirs nourris qui avaient comme épicentre le secteur de l’ex-GLM dans la commune de la Gombe, site qui héberge la résidence officielle du Chef de l’Etat, Joseph Kabila. En l’absence d’information concernant ce qui se passait, les téléphones se sont mis à sonner sans arrêt. Des messages Sms circulaient dans tous les sens. Chaque détenteur du portable cellulaire espérait avoir des nouvelles de la part de son ou ses correspondants, et vice-versa. Ceux qui avaient vu l’escorte présidentielle s’offrir une navette entre Gombe et la partie Est de la ville se demandaient si le Président de la République était dans sa résidence ou en dehors de celui-ci.

Vers 14 heures, certaines sources branchées ont lâché des brides d’information faisant état d’une situation confuse dans le périmètre de l’ex-GLM laquelle était en train d’être maîtrisée par les éléments de la Garde Présidentielle. D’autres informations faisaient état de tirs nourris au Camp Kokolo et de la présence sur le boulevard du 30 juin de plusieurs jeeps ayant à leur bord des unités de la Garde présidentielle.  C’est finalement vers 15 heures, au beau milieu de la première mi-temps du match V.Club Ocean View de Zanzibar, comptant pour les préliminaires de la Ligue des Champions d’Afrique, que la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) retransmettait en direct, que l’on a vu défiler une bande annonçant un flash.

Chacun a retenu son souffle dès l’apparition, sur le petit écran, de Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement. Le décor a rappelé, à beaucoup, celui d’un certain 16 janvier 2001, jour de l’assassinat de l’ancien Chef de l’Etat, Mzee Laurent-Désiré Kabila, lorsque son ex-aide de camp, Eddy Kapend, s’était répandu en démenti contre la rumeur donnant le précité pour mort.

Mais, contrairement à la crainte du pire, l’intervenant s’est voulu rassurant. Lambert Mende a confirmé ce que les gens se communiquaient de bouche à oreille depuis le début de l’après-midi, à savoir que la résidence du Chef de l’Etat venait d’essuyer une attaque armée de la part d’un commando inconnu et venu d’un point qui reste à préciser. Selon le porte-parole du gouvernement, les assaillants, lourdement armés, avaient réussi à franchir la première barrière de sécurité avant de rencontre, au niveau de la seconde, une farouche résistance des éléments de la Garde République. Après de violents échanges de tirs, selon Mende toujours, les troupes loyalistes sont parvenus à mettre les infiltrés en déroute, tuant six d’entre eux et faisant plusieurs prisonniers dans le tas.

Le ministre de la Communication et des Médias, qui s’est exprimé à la fois en français et en lingala, interrompant ainsi à deux reprises le match V.Club – Ocean View de Zanzibar, a tenu à préciser que la vie du Chef de l’Etat, qui se trouvait dans les parages de sa résidence au moment de l’affrontement, n’était pas en danger. Il a par la même occasion invité la population de Kinshasa en particulier et celle de l’ensemble du pays en général à vaquer librement à ses occupations, car la situation était sous contrôle.

Selon le porte-parole du gouvernement, des enquêtes étaient ouvertes au niveau des services de sécurité et du parquet pour chercher à connaître les tenants et aboutissants de l’attaque armée menée  contre la résidence du Chef de l’Etat, qu’il a considéré comme une action visant la déstabilisation des institutions de la République. Comme consigne de sécurité, Lambert Mende a exhorté Kinoises et Kinois à la vigilance et à ne pas hésiter à dénoncer tout suspect auprès de la police ou des services spéciaux.

Les événements du bord du fleuve ont eu pour conséquence de vider les rues de la Gombe de toute circulation. On notait juste la présence particulière des blindés légers et des militaires  de la Garde Républicaine qui patrouillaient par petits groupes dans les environs de la résidence  officielle du Chef de l’Etat. Selon des résidents des communes de Gombe, Kintambo et Ngaliema, plusieurs avenues asphaltées de ces municipalités étaient interdites de circulation dans l’après-midi de dimanche à lundi matin. 

Il y a un mois : Luano

On rappelle qu’il y a un mois, l’aéroport de la Luano, à Lubumbashi, avait enregistré l’attaque d’un commando. Aucun assaillant n’avait malheureusement été arrêté. Mais un agent de garde du Groupe Forrest International  y avait trouvé la mort. Alors que la rumeur imputait l’agression aux ex-gendarmes katangais, mieux connus sous le label de « Tigres », le gouverneur de province, Moïse Katumbi, avait parlé d’une mascarade. Selon lui, le commando n’aurait existé que dans l’imagination fertile des gens. Toutefois, les enquêtes sont ouvertes pour tenter de décrypter le mystère de l’incident de l’aéroport de la Luano.

Kimp

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