Un colis de diamants se volatilise à Ndjili-Aéro

La lutte contre la fraude minière a encore de longs jours devant elle. En effet, beaucoup d’agents des services installés à l’aéroport international de Ndjili n’ont pas encore intériorisé la vision du chef de l’Etat, ni  les recommandations du ministre des Mines et celles de son collègue de la Justice et Droits humains. Ils agissent toujours sans tenir compte des objectifs que le gouvernement s’est assignés, privilégiant leurs poches au détriment du Trésor public.

Hier, l’aéroport international de Ndjili a connu une agitation particulière. Sur place, on voyait des fonctionnaires des services opérant à cette porte d’entrée de la république, effectuant des va et vient sur le tarmac.

            Selon des informations qui circulaient jusque-là, un colis de diamants d’une valeur de plus de 700.000 dollars avait quitté la ville de Mbuji-Mayi pour la capitale. Ce colis acquis par des Asiatiques, était destiné à sortir de notre pays, par fraude.

            A Kinshasa, l’information a mis les services compétents du CEEC en alerte maximale.

            Dès que l’aéronef transportant le colis est arrivé à Kinshasa, on ne sait pas ce qui s’est réellement passé. On a vu des responsables des services mécontents du contrôle effectué sur le colis décelé lors de la fouille. Quelques grains de diamants de faible valeur sont interceptés. Pour un coup de filet, l’interpellation des suspects ne valait pas la peine. Mais compte tenu des assurances données par l’informateur du CEEC, les responsables du Centre d’évaluation, d’expertise et de certification des substances précieuses et semi-précieuses indignés par le comportement anti-patriotique des agents de l’Etat, ont ordonné qu’ils soient tous entendus sur procès-verbal, afin de faire toute la lumière sur cette affaire de fraude minière.

            Au moment où ces fonctionnaires de l’Etat répondent des accusations portées contre eux, la machine répressive du CEEC a été mise en branle, avons-nous appris dans les couloirs de l’aéroport de Ndjili, sur instructions de l’ADGA, pour tenter de découvrir où se trouverait le fameux colis.

            Cette affaire qui n’est pas la première du genre, dévoile que dans bien des cas, les agents des services opérant à l’aéroport international de Ndjili, comme dans d’autres portes d’entrée et de sortie de la RDC,  se laissent corrompre pour des miettes, laissant passer de gros colis de diamants et d’or entre les mailles du filet de contrôle. Pour eux, ce qui compte, ce sont les dessous de table pouvant assurer leurs mauvais jours. Ils oublient que par leur vigilance, ils peuvent aider le gouvernement à accroître ses recettes fiscales et redonner à son budget, une santé excellente.

            Que le contrôle ne rapporte plus que des broutilles au Trésor public, pendant que des agents de l’Etat s’enrichissent impunément, ne peut que révolter les bonnes consciences.

            D’où l’on se pose des tas de questions sur les résultats de la lutte contre la fraude minière déclenchée dans notre pays, à l’initiative du chef de l’Etat. Une lutte menée tambour battant et qui doit mettre hors d’état de nuire les nombreux réseaux de contrebande opérant en RDC.

            Pour avoir laissé des colis des diamants filer entre les doigts des services publics chargés d’effectuer le contrôle, et fait perdre à la république, des sommes importantes en termes des frais et taxes dus au Trésor public, la décision des responsables du CEEC d’interpeller tous les suspects nous semble cadrer avec la préoccupation du gouvernement, particulièrement les recommandations du ministère des Mines.                        

                                      J.R.T.                

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