Ultimatum de 48 heures au gouvernement : l’Administration publique menacée de paralysie

Le gouvernement dispose de 48 heures, à compter sur lundi 19 septembre, pour libérer les salaires des fonctionnaires pour les mois d’août et septembre 2011. A défaut, des marches de protestation vont partir, le jeudi 22 septembre, de toutes les communes de Kinshasa, la capitale, pour le centre de la ville, et plus précisément la célèbre « Place Golgota », aux encablures du bâtiment de la Fonction Publique, à Gombe. Un arrêt général de travail est dans les esprits de tous les futurs manifestants.
C’est l’essentiel de l’information livrée à l’Agence Chine Nouvelle par le Rapporteur Général de l’Intersyndicale Nationale du Secteur Public, Joseph Konde Baza Tembo. Selon ce syndicaliste, « les enfants des fonctionnaires n’ont pas repris les cours depuis la rentrée officielle, il y a deux semaines, leurs parents n’ayant pas été payés ».

On rappelle que la bataille des cadres et agents de l’Etat demeure le paiement intégral du barème de Mbudi, qui prévoit une rémunération de 208 dollars américains pour le huissier. Mais, à ce stade, ce dernier ne touche que 68.000 Francs Congolais, soit l’équivalent de plus ou moins 75 dollars Usd. Pourtant, depuis 2009, le Secrétaire Général de l’Administration publique est payé à hauteur de 930.000 FC, ce qui représente plus de 1.000 dollars américains. Si la tension salariale était respectée, le huissier devrait percevoir le dixième, soit 93.000 FC.

Comme on peut le constater, le front social bouge sérieusement à deux mois des élections présidentielle et législatives nationales. On croit savoir que les différentes catégories professionnelles qui émargent du Trésor Public profitent du climat électoral pour faire pression sur le gouvernement, qui n’aimerait pas voir le processus électoral perturbé par des remous sociaux.

Avec les grèves des magistrats, du personnel administratif et scientifique de l’Enseignement Supérieur et Universitaire et, bientôt des cadres et agents de l’Administration Publique, l’on s’achemine vers la paralysie du pays. En principe, dans un Etat qui fonctionne conformément aux normes, tout devait être fait pour que l’appareil administratif national ne puisse pas s’arrêter. Mais, en République Démocratique du Congo, où les cabinets ministériels se sont accaparés des taches principales dévolues à l’Administration classique, les grèves des fonctionnaires n’ont pas tellement d’impact sur la vie de la Nation.
Depuis que le gouvernement Kengo, dans les années ’80, avait réduit les Secrétaires Généraux de l’Administration Publique en simples caisses de résonance des cabinets ministériels, la RDC peut se permettre de vivre sans sa machine administrative. D’où, pour d’aucuns, la paralysie tant redoutée ne peut devenir effective que si les magistrats et le personnel scientifique de l’ESU se mêlent au mouvement que s’apprête à enclencher la Fonction publique.

Qu’à cela ne tienne, la méfiance parait s’être solidement installée entre l’Etat employeur et ses masses laborieuses diverses et diversifiées. Plutôt que de continuer à négocier des barèmes particuliers et à multiplier des promesses, le gouvernement ferait mieux d’examiner la situation globale de toutes les catégories professionnelles dépendant du Budget national et d’y apporter une solution globale, conforme aux moyens de sa politique salariale. Cela devrait se faire dans un environnement où les émoluments payés aux politiciens devraient cesser de faire scandale dans un décor de misère généralisée.

Kimp

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