UDPS : encore un cadavre porté disparu !

Lieu du scandale : Hôpital Saint Joseph à Limete

Un communiqué déposé hier mardi 12 juin 2012 à la rédaction du Phare, sous la signature de Simon Adrien Kalenga, Secrétaire chargé du Département de Communication, Information et Mobilisation au sein de l’UDPS, fait état de la disparition du corps de Guylain Katomba Mashika, combattant de ce parti, de la morgue de l’Hôpital Saint Joseph de Limete.  La même source indique que le défunt a été enterré clandestinement par des hommes en uniforme dans la nuit de mardi 29 à mercredi 30 mai 2012.

La disparition de la dépouille du défunt n’a été découverte que le week-end dernier, lorsque des membres de l’UDPS, intrigués par le silence entourant le dossier judiciaire de la personne qui lui avait donné volontairement la mort, ont cherché à connaître l’état dans lequel elle se trouvait à la morgue de l’Hôpital Saint Joseph.

A en croire des sources proches de cette formation médicale, une véritable pagaille y avait régné dans la nuit de mardi 29 à mercredi 30 mai. La présence nombreuse d’hommes en uniforme et surtout l’objet de leur visite, à savoir la demande de retrait nocturne du corps de Guylain Katomba avait mis le personnel dans tous ses états. Face au refus catégorique des gardiens de la morgue de s’exécuter, les hommes en uniforme n’ont pas hésité à pointer leurs armes en direction de quiconque continuerait à faire de la résistance. Après avoir brisé toute velléité de résistance, les éléments armés sont repartis avec le cadavre du combattant de l’UDPS vers une destination inconnue. C’est un peu plus tard que l’on allait apprendre qu’il avait été enterré au cours de la même nuit, dans un cimetière de la place.

On rappelle que l’infortuné combattant du parti d’Etienne Tshisekedi avait été abattu en pleine journée, le vendredi 18 mai 2012, par un élément armé et en uniforme. C’était au sortir d’une réunion de la jeunesse de l’UDPS tenue à son siège, sur la rue Zinnias, dans la commune de Limete. Le meurtrier faisait partie du service de garde d’un particulier résidant sur la même rue, en diagonale de la permanence de ce parti.
Le drame était survenu au moment où Guylain Katomba s’affairait à ramasser des caillasses délaissées au bord de la chaussée par l’équipe chargée des travaux de réfection de l’avenue Zinnias. Sortis brusquement de la résidence sus évoquée, plusieurs hommes en uniforme s’étaient rués sur lui pour un motif inexpliqué.

Voyant que les assaillants tentaient de l’entraîner à l’intérieur de la parcelle, Guylain Katomba avait opposé une farouche résistance et même réussi à desserrer l’étreinte.
C’est quand il a tenté de s’éloigner du périmètre du danger qu’il a reçu des balles qui l’ont tué net. Son corps inerte a été entraîné à l’intérieur de la parcelle d’où étaient venus les hommes en uniforme. Alertés par les détonations des balles, des éléments du poste de police de la 10me rue Limete ainsi que ceux de l’Echangeur de Limete ont convergé vers le lieu du drame. Ils se sont immédiatement introduits dans la parcelle de malheur, pour en ressortir quelques instants plus tard avec le corps inerte de Guylain Katomba qu’ils sont allés déposer à la morgue de l’Hôpital Saint Joseph.
Entre-temps, ils avaient mis la main sur son meurtrier, le nommé André Mandefu Ngandu. Jusqu’à ce jour, aucune suite du dossier judiciaire de ce dernier n’est à la portée ni de la famille biologique de sa victime, ni de la haute direction de son parti politique.

Pourquoi a-t-on tenu à empêcher l’UDPS et la famille de Guylain Katomba d’organiser, en sa mémoire, des funérailles dignes d’un martyr de la démocratie ? Pourquoi avoir fait disparaître sa dépouille et l’avoir enterrée en l’absence de sa famille politique et biologique ? Dans quelle juridiction se trouverait le dossier de son meurtrier et à quelle étape ? André Mandefu Ngandu, le tueur, serait-il encore en détention et où ?
Voilà autant de questions qui traversent de nombreux esprits et qui demeurent, jusque-là, sans réponses. Dans les milieux de l’UDPS, l’on s’interroge sur le sens de la pratique qui consiste à faire disparaître les corps des combattants victimes de l’intolérance politique. On se souvient que l’année dernière, deux cas de vols de cadavres des combattants de l’UDPS avaient été signalés dans des hôpitaux de Kinshasa. Ces morts, fort encombrants pour le pouvoir en place, avaient été enregistrés suite à la répression brutale, par des forces de l’ordre, des manifestations pacifiques de l’Opposition dénonçant l’opacité du fichier électoral. De quoi les commanditaires et auteurs de crimes inacceptables dans un Etat de droit auraient-ils peur ?

Kimp

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