Trop nombreux pour la prise en charge

IMG_0643Depuis le dernier week-end, le gouvernement central, l’Hôtel de ville de Kinshasa, la Croix-Rouge, des confessions religieuses ainsi que des organisations humanitaires s’emploient à fournir la nourriture, de l’eau potable et des soins médicaux aux refoulés de Brazzaville actuellement parqués dans l’enceinte de la maison communale de Kinshasa et du Stade Cardinal Malula. Ces actions de bonne volonté sont hautement appréciées par les bénéficiaires.

Malheureusement, les refoulés se comptent par dizaines des milliers. Les effectifs  sont difficiles à maîtriser à cause de nouvelles vagues d’expulsés.  Selon des « déplacés » des sites de la maison communale de Kinshasa et du Stade Cardinal Malula, des vivres émanant des autorités nationales et provinciales leur étaient distribués mardi, mercredi et hier jeudi. Il en est de même de l’eau potable.

Des jetons donnant droit au transport, à la nourriture et aux soins médicaux sont remis indistinctement aux refoulés de Kinshasa et des provinces, notamment celles du Bas-Congo, du Bandundu et de l’Equateur. Certains originaires de l’Equateur ont indiqué avoir gagné Brazzaville par route, à partir de leurs milieux d’origine. Une source a signalé que des rotations de bus « Transco » sont organisées, depuis la semaine dernière, pour les ressortissants du Bas-Congo et du Bandundu. Celles de l’Equateur et d’autres provinces sont sur les listes d’attente, pour un mode de transport qui reste à déterminer.

Il y a aussi, dans les deux sites, des citoyens présumés congolais qui ne savent où aller, car n’ayant de famille nulle part en RDC. En dépit de l’assistance humanitaire publique et privée, les conditions de vie sont extrêmement difficiles dans la concession de la commune de Kinshasa comme au Stade Cardinal Malula. Les refoulés redoutent terriblement la pluie, car ils n’ont rien pour s’en protéger. S’agissant des installations sanitaires, celles de la commune de Kinshasa sont payantes. Les préposés aux toilettes exigent 100 fc pour le petit besoin et 200 fc pour le grand besoin. Cela parait modique mais pour des démunis, cela ressemble à la mer à boire. Faute d’argent, beaucoup attendent la nuit pour aller déféquer dans les égouts et caniveaux.

Des toilettes mobiles sont installées au Stade Cardinal Malula. Leur accès est également payant. En raison de la lenteur administrative qui caractérise le processus de rapatriement vers les provinces, l’on redoute que des épidémies éclatent à plus ou moins brève échéance. La Croix-Rouge a installé des postes de secours sur place, pour les soins de santé primaires. Mais, jusque-là, aucun décès n’est signalé.

            Rodin Mayi Tombe (stg/ Ifasic), Bankuna Magalie (stg/ UPN) et  Kévine Nseka (stg/UPN)

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