Trois malfaiteurs braquent l’agence de la Snel et emportent un coffre-fort

snlLe banditisme dans la ville de Kinshasa, porte plusieurs signatures. Aujourd’hui, on a la certitude que pour chaque type de vol, il y a des malfaiteurs qui en ont fait leur domaine de prédilection. Cette sorte de spécialisation de la pègre permet aux policiers de découvrir facilement les auteurs, grâce à leurs différents modes opératoires et à leur description faite par les victimes. Et pour le braquage des agences de transfert des fonds, et de succursales de banques, la signature souvent identifiée depuis des lustres, par les enquêteurs du Bataillon de la Police d’investigations criminelles, est celle des éléments incontrôlés qui opèrent soit en uniforme, soit en tenue civile, avec des armes de guerre. Le plus souvent, à visages découverts, et quelques fois avec des cagoules.

Depuis près de cinq ans, comme il faudrait le signaler, les grandes agences de transfert des fonds de la ville de Kinshasa, ainsi que les succursales des banques commerciales ont reçu la visite des bandits qui ont braqué les travailleurs en pleine journée et emporté des sommes d’argent en devises et en francs congolais. Les pertes sont tellement importantes que dernièrement, la profession bancaire de la FEC, l’Association congolaise des banques, au bord du désespoir, a tiré la sonnette d’alarme, et exprimé ses inquiétudes quant aux mesures insuffisantes de sécurisation des institutions bancaires et financières de la place. Si partout, les malfaiteurs ont sans coup férir, réussi leurs coups, tel n’était pas le cas, la semaine passée, dans la partie Ouest de la ville.

Le 28 août 2013, tout pourtant, semblait tranquille à l’agence de la Snel de la Cité Mama Mobutu. Dehors, un groupe des techniciens échangeant sur des problèmes de service, attendaient l’ordre de leur chef pour aller opérer quelques réparations chez des particuliers. Dans les bureaux, les agents administratifs s’attelaient à quelques menus travaux, pendant que les comptables passaient les écritures pour les recettes de la demi-journée. L’ambiance était animée, surtout que les clients ne cessaient de se succéder pour le paiement de leurs factures. A la caisse, régnait un semblant d’ordre. C’est dans ces circonstances qu’une voiture de marque Rover, est venue s’immobiliser devant l’agence. Le chauffeur toujours accroché à son volant, le moteur toujours en marche, paraissait préoccupé par le temps. Il est 13 H 30’. A l’intérieur de l’agence, personne ne fait attention à ces nouveaux clients dépourvus de factures, l’air un peu agité qui font leur entrée discrètement. L’un dirige vers la caisse, et l’autre vers la porte d’entrée principale. Sortant immédiatement chacun une arme Fa et une arme Uzi, ils ordonnent que personne ne puisse bouger. La panique s’empare de tout le monde. Clients comme travailleurs de l’agence s’interrogent comment les surveillants n’ont pas pu empêcher ces bandits de faire irruption dans les bureaux. Et voilà qu’ils vont emporter un coffre-fort où sont enfermées des devises étrangères, ainsi qu’un sac contenant des billets de francs congolais en vrac. Dès que tout ce butin est embarqué, et les braqueurs montés à bord, la Rover démarre en trombe. En ce moment, les travailleurs sortent, criant aux voleurs. Quelques «Wewas» et clients se lancent alors à la course-poursuite, certains que les braqueurs seront bloqués dans des embouteillages monstres sur la route de By pass conduisant vers Rond-point Ngaba. La Rover va alors brûler la priorité, glissant entre deux véhicules roulant en sens inverse, obligeant les chauffeurs à l’éviter, surtout que les feux de détresse sont allumés. C’est sans compter avec les prouesses de «  wewa » décidés à les rattraper.

Deux membres du trio longtemps fichés par la Police criminelle

 Dame chance n’estt pas au rendez-vous avec ces brigands. Non seulement parce qu’ils sont bloqués dans les embouteillages créés par les camions-remorques, mais une vue des pneus va les contraindre à rouler moins vite. A la hauteur du quartier Masanga-Mbila, ils tentent d’emprunter la route de Kindele. Et avant qu’ils se mettent à tirer en l’air, les « wewa », les éléments du commissariat la «La Colline» et ceux du Bataillon de la police d’investigations criminelles en détachement à ce poste de police, arrivent sur le lieu. Les trois bandits sont maîtrisés, et la population courroucée par des actes de banditisme, en profite pour les lyncher. Les deux armes de guerre utilisées dans le braquage de l’agence de la Snel sont aussitôt récupérées. Leur voiture de marque Rover de couleur bleu de nuit portant plaques minéralogiques  5035 AA/ 10, qui avait à son bord le coffre-fort et le sac d’argent, est acheminée à l’état-major de la Police criminelle au Camp Lufungula. Ainsi prend fin, la mésaventure de ce trio de braqueurs que les enquêteurs finiront par identifier. Cette bande est composée du sergent Salumu Kanku alias John, du caporal Liyambi Lilongo Papy alias Pitchen, et de Tondo Zakanda Joly alias Maître.  Consultés, les fichiers de ces trois bandits livrent leurs secrets. Le caporal Liyambi maintes fois appréhendé par la Police criminelle, s’était illustré dernièrement dans plusieurs braquages des agences de transfert des fonds dans la ville de Kinshasa. Au mois d’avril, il fut déferré avec ses comparses à l’Auditorat général, et son acolyte, le sergent Salumu Kanku John passe pour le spécialiste de cambriolage des coffres-forts dans les sociétés commerciales de la capitale. Vols qu’il réussit avec ou sans la complicité des sentinelles qui sont drogués à partir de la nourriture assaisonnée de somnifères. Son dernier coup remonte au mois d’octobre2012.

Une fois encore, l’opinion s’interroge sur l’impunité qui semble donner des ailes à ces brigands. Arrêtés et déferrés devant la justice, ils réussissent à disparaître des cellules de prisons dont ils connaissent les coins et recoins. L’on ose croire que cette fois-ci, l’auditorat militaire de Ngaliema sera plus regardante, pour n’offrir aucune brèche à ces malfaiteurs qui menacent la profession bancaire et portent un coup très dur aux milieux financiers de Kinshasa.

                                                                                                                  J.R.T.

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