Trois casseurs d’un distributeur automatique aux arrêts

 

Trois ajusteurs non vêtus de salopettes, ni des lunettes de protection et ni de casques, s’activaient depuis plus d’une heure, dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 décembre 2012, vers 20 heures, à détraquer le distributeur automatique des devises de Raw Bank installé à la station d’essence Cobil de Pont Kasa-Vubu, pour dépanner les automobilistes à court de devises. Pendant que l’un faisait le guet, ses deux compères maniaient tantôt la meuleuse, tantôt des marteaux et des burins.

 Le ronronnement de la meuleuse et les bruits de casse des marteaux ont fini par attirer l’attention des agents de surveillance de la station d’essence. Ils se sont approchés de ces trois ouvriers pour en savoir davantage. Et ce sont les réponses à l’interrogatoire sommaire qui ont trahi les suspects. «Que faites-vous à cette heure ?» Pressé de répondre, l’un dira que c’était pour réparer le distributeur automatique. Pourtant, le constat dévoilait qu’ils avaient détruit certaines parois de cette machine à sous. Mais ça, ce n’est pas une réparation, à ce que je sache, s’est exclamé le surveillant intrigué par les dégâts causés à cet équipement. Euh ! Le chef a demandé plutôt qu’on démonte la machine, parce que les billets de banque sont bloqués à l’intérieur et ne sortent pas, a cru rassurer le membre du trio.

Mais nous ne sommes pas au courant de ce travail et pourquoi vous travaillez si tard ! Euh ! que dirais-je ! Ces clients se plaignent tellement qu’il ne faut pas les faire trop attendre!  «Avez-vous un ordre de mission ? «Oui» ! Présentez-le nous !

Après des fouilles infructueuses, aucun document justificatif n’a été exhibé. Et vos cartes de service ? Les trois suspects sont maîtrisés sur le champ, et le gérant de Cobil va alerter les responsables de Raw Bank qui vont à leur tour, solliciter l’intervention du Bataillon de la police d’investigations criminelles.

Vers 21 heures, les agents de cette unité de la police débarquent à la station où ils appréhendent sans résistance les trois faux ajusteurs et les acheminent sous bonne escorte à l’état-major au camp Lufungula. Aussitôt confiés aux OPJ, ils ont été identifiés, chacun selon ses caractéristiques particulières. Le premier casseur est Serge Bofassa Pembe. C’est un ancien agent de la société de gardiennage Asco Sécurité, remercié pour plusieurs actes d’indélicatesse. Il est domicilié sur avenue Kutu n°11, quartier Yolo-Nord, commune de Kalamu. Le deuxième suspect s’appelle Bienvenu Ekofo Bawonga, résidant dans la même parcelle que Bofassa, tandis que le troisième faux ajusteur répond aux noms de Olivens Makengo Ndombasi. A en croire les informations qu’il a communiquées lui-même aux enquêteurs, il habite sur avenue Kimwenza n°A/4, quartier Kauka, commune de Kalamu.

A Raw Bank, aucun de ces cambrioleurs n’a jamais presté dans cette banque commerciale, ni comme temporaire, ni comme ouvrier. Il est surprenant qu’ils aient entrepris ce cambriolage sans savoir le montant des devises qui restait dans la machine. Certainement qu’un agent de Raw Bank les avait orientés vers ce distributeur automatique qui n’est pas autant sollicité comme les autres dans la ville de Kinshasa.

Comme pièces à conviction, les enquêteurs du Bataillon de la police d’investigations criminelles ont saisi une allonge électrique, une foreuse, une meuleuse, des burins, des marteaux, des tourne-vis et autres pinces et clefs plates ou à lunettes. Dans ce paquet, il y avait aussi un liquide corrosif capable de détraquer les serrures de sécurité.

A en croire une source proche de la banque, les responsables de Raw Bank espèrent que les investigations menées par les limiers de la police pourront aider à découvrir le passé criminel de cette bande, de manière à ce que l’on fasse le lien avec les agents de la banque qui communiquent des informations sensibles aux malfaiteurs. Et qui ne réalisent pas qu’ils participent ainsi à la destruction de leur institution bancaire et hypothèquent leur emploi.

Ainsi les jours à venir, on le souhaite vivement, devront nous édifier sur l’origine de cette initiative criminelle qui, à bien d’égards, semble tirée des films policiers d’action mettant en vedette des brigands qui dévalisent des convois postaux, attaquent des fourgons de transfert des fonds des banques, des sociétés d’assurances ou des caisses d’épargne. Car, le matériel utilisé par Bofassa, Ekofo et Makengo, trahit un début de professionnalisme dans le banditisme urbain à Kinshasa, qui ne trompe pas. En tout cas, ce trio mérite d’être fiché et suivi de très près.

Pour l’instant, on ne peut qu’exprimer un ouf de sou5lagement après l’échec cuisant de cette tentative de cambriolage et l’arrestation de cette bande des malfaiteurs qui n’en seraient pas à leur premier forfait du genre.

Jrt

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