Tripaix/Ndjili : les liquidateurs de la succession Ngoy assignés en justice

justice6La Lushoise  Cora Mwenze a assigné en justice Louis et Michel Ngoy au motif que les deux  liquidateurs de la succession Ngoy ont inséré de fausses mentions dans le testament laissé par le decujus et par ricochet l’ont déshéritée. Les prévenus contestent la qualité de fille légitime de la partie citante et précisent avoir eu connaissance du contenu du testament au même moment que l’autre fils de leur défunt frère, Rion Paul. Cette affaire traitée dans un premier temps à Lubumbashi et enrôlée présentement au Tribunal de Paix de Ndjili sous le RP 13556  a été instruite et plaidée hier mercredi 23 avril 2014.

Prenant le premier la parole, l’avocat de la partie citante a fait état du jugement de reconnaissance établi pour le compte de sa cliente qui fait d’elle la fille légitime de Jean de Dieu Ngoy et  héritière des biens laissés par le decujus. Les deux frères, a-t-il indiqué, se sont illustrés par de fausses déclarations pour se prévaloir de la qualité de liquidateurs des biens de la succession Jean de Dieu Ngoy. En outre, elle est copropriétaire d’une partie des immeubles laissés par le decujus. Sa cliente qualifie le testament en question de faux.

            Les deux frères, assistés par leurs avocats, ont déclaré que leur frère était secrétaire général à la Brassimba et a laissé trois immeubles. Jean de Dieu Ngoy est décédé le 19 août 2012 et six jours plus tard, les deux présumés héritiers et  Louis se sont rendus à la Brassimba.

Et là, en présence de l’Administrateur Délégué de ladite société, on a vidé le bureau du défunt et sa mallette noire confiée à sa famille. Les conseillers juridiques de Brassimba accompagnés des « visiteurs » se sont rendus au domicile du défunt sur avenue 30 juin à Lubumbashi, pour prendre connaissance du contenu de la mallette.

Un véritable choc

 En l’ouvrant,  la famille  et les deux cadres de Brassimba ont vu une enveloppe blanche destinée à Louis et Michel Ngoy et qui  renfermait le testament du défunt.  Il y avait également des cartes de crédit, 280.000 dollars…dans la mallette. La lecture du testament a provoqué un malaise, ont-ils souligné.

Jean de Dieu Ngoy affirme dans ce testament n’être pas le géniteur de Cora Mwenze. Ils ont ensuite établi un PV de constat des effets contenus dans la mallette  et y ont apposé leurs signatures.

            S’étant rendus ensemble chez le notaire, Louis, Cora et Rion ont trouvé une copie du même texte chez cet homme de loi. Pour calmer la tension, Louis, devenu l’aîné de la famille a proposé que la mallette soit retournée à la Brassimba.   Un peu plus tard, Rion et Cora sont retournés à la Brassimba prendre,  la mallette et signer une décharge qu’ils ont remise à l’AD de ladite société.

            Ils ont affirmé avoir vu Cora intégrer la famille de Jean de Dieu Ngoy en 1997, pendant son adolescence.  Cette dernière, ont-ils précisé, avait disparu de la maison de leur frère pendant huit ans pour réapparaître peu avant sa mort.

 Le jugement de reconnaissance établi pour son compte a été fait en décembre 2012, ont-ils indiqué.

             Tout au long de la plaidoirie, les avocats des prévenus sont revenus sur la genèse de cette histoire, expliquant clairement que le défunt a rédigé son testament une année avant sa mort.

Le testament est authentique et n’a aucune raison d’être accompagné d’un acte notarié. Ils ont ajouté que leurs clients sont traînés en justice depuis plus d’une année et leurs adversaire n’a toujours pas obtenu gain de cause. Ils ont précisé que leurs clients sont désintéressés des biens laissés par leur frère et gèrent les immeubles qui sont en location. Ils ont demandé au tribunal de dire recevable et non fondée l’action de la partie adverse, et dire non établies les infractions de faux et usage de faux mises à charge de leurs clients. Et ils ont sollicité une action reconventionnelle avec des DI de 50.000 dollars.

            L’avocat de Cora a soutenu que le testament brandi par l’autre partie a été légalisé et doit être annexé à un acte notarié. Il s’est appesanti sur les éléments constitutifs de la prévention de faux et usage de faux et a conclu  que les deux prévenus sont fautifs. Il a sollicité du tribunal la condamnation des deux frères et leur arrestation immédiate.

            Pour le ministère public, le testament en question est authentique.

            Le verdict interviendra le 30 avril 2014.

Espérance Tsimba et Debora Muanda( stagiaires de l’Ifasic) et Jean- Pierre Nkutu

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