Tripaix/Ndjili : il signe une décharge où il reconnait avoir traité sa voisine de sorcière

justice6Masika Kinkela, adepte de l’Eglise des 12 apôtres, accuse son voisin de l’avoir traitée de sorcière. L’incriminé poursuivi pour injure publique et imputations dommageables, a  fait une décharge où il  reconnaît  les faits et promet  de les réparer.  Robert Manzanza, du Combat spirituel, affirme avoir été piégé par la partie adverse. Cette affaire inscrite au Tribunal de Paix de Ndjili sous RP 13495  a été plaidée hier lundi 26 mai 2014.

Le conseil de la partie citante a surpris l’assistance en demandant la comparution du chef de quartier à la barre, au motif qu’on ne l’a pas atteint  à temps.  Ses contradicteurs ont fait savoir qu’à l’audience précédente, il n’en a pas fait écho. Le ministère public a affirmé qu’il aurait pu saisir le tribunal deux jours avant et ne peut le faire à l’audience.

Appelé  à plaider, l’avocat de Masika a rappelé qu’en date du 26 février 2014, le prévenu  s’est disputé avec la nommée Sandra. Sa cliente et un pasteur se sont amenés chez le prévenu pour recréer  l’harmonie entre les protagonistes. Ce dernier s’est comporté comme un délinquant, a-t-il affirmé. L’affaire a été portée devant le chef de quartier et là, il a avoué les faits, promettant de payer 100 dollars à sa voisine. Depuis mars 2014, cette décharge produit des effets.

Le mot « ndoki » prononcé par Manzanza à l’encontre de sa cliente occasionne les préventions d’injure publique et d’imputations dommageables. Ces infractions se trouvent  dans les articles 74 et 75 du Code pénal congolais. Il a sollicité 5000 dollars américains de dommages et intérêts.

Profane ?

Les avocats du prévenu ont affirmé que leur client réside sur avenue Nzazi à Masina et sa parcelle séparée de celle de l’autre partie par un mur mitoyen. En janvier 2014,  Sandra prenait son bain dehors. Choqué, il l’a interpellée et celle-ci s’est énervée.  Un jour, la dame s’est entendue dire par le pasteur et la partie citante que leur client était à la base des problèmes de santé auxquels était  confronté  son fils.

Deux pasteurs ( de l’Eglise de 12 apôtres)  et la dame en question  devaient aspergé du sel en direction de la maison de leur client. Le 26 février 2014, l’autre partie et des pasteurs se sont  présentés chez leur client qui a refusé de les recevoir parce qu’ils l’avaient au préalable qualifié de  sorcier. Les  autres ont piégé leur client  plus tard auprès du chef de quartier qui est leur frère. Etant profane en droit, on l’a intimidé et contraint de  signer une décharge. La partie citante  s’est empressée de retirer cette lettre  auprès du chef de quartier et la brandi au tribunal, ont-ils indiqué.

Ils ont affirmé qu’il n’y a pas de précision dans les propos qui se rapportent aux infractions  retenues contre leur client. L’élément intentionnel est inexistant, ont-ils relevé.

Ils ont formulé une demande reconventionnelle de 100000 dollars pour l’action téméraire et vexatoire initiée par la partie citante.

Le ministère public  s’est prononcé pour la condamnation du prévenu à un an de SPP pour  ’imputations dommageables et au paiement  d’une amende de 25000 francs,  à  2 mois de SPP pour injure publique et à une amende de 5000 francs.  Etant un délinquant primaire, et mû par le souci de chercher un arrangement à l’amiable,  il doit bénéficier de larges circonstances atténuantes, a-t-il noté.

Jean- Pierre Nkutu 

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