Tripaix/Ndjili : deux frères se disputent le titre de chef coutumier

Foudre, de son vrai nom Albert Nkole, et son jeune frère André Nsumbu, s’entredéchirent  pour le titre de chef coutumier du village Ebomo, du côté du Camp Badara, commune de la Nsele.   Faux, usage de faux, injures et stellionat sont les infractions retenues à charge de Nsumbu, Jacques Matadi et Ngoy Nze. Ce dossier est inscrit au Tripaix de N’Djili sous RP 11936 et RP 12045. Nsumbu  est orphelin de père depuis l’âge de trois ans. Il a été élevé par  Nkole. Estomaqué de voir son jeune frère contester en quelque sorte son droit d’aînesse,  il  a fondu en larmes lors de l’audience d’hier lundi 18 juin 2012. Où se poursuit  l’instruction de ces affaires. Les sanglots de Foudre ont occasionné l’arrêt de l’audience.  Une autre  particularité de ce dossier est que le cité Matadi est avocat de profession.
Dès l’entame de l’audience, un des avocats du citant  sollicite du tribunal la connexité de deux affaires. Le juge président  accède à cette demande.  Ce dernier requiert le défaut à charge de Ngoy Nze, absent à l’audience.
 Le même avocat pose la question si  le cité Matadi porte ici quelle casquette ? 
Se sentant humilié,  l’intéressé réagit en ces termes : Comment un défenseur judiciaire de Tshikapa peut-il  douter de moi ?» Il a exhibé sa carte professionnelle et d’autres documents L’incident clos, le conseil du citant a repris la parole pour dire qu’il reproche aux cités d’avoir vendu sans titre  ni droit une portion de terre d’au moins 60 mètres sur 200 mètres du côté de Badara. Les cités ont fabriqué des jetons sur lesquels André Nsumbu apparaît comme chef coutumier. Ces jetons sont remis à des acheteurs de ces lopins de terre. Les cités occupent Ebomo depuis avril 2012. Ngoy s’est permis d’injurier copieusement le citant, le traitant de fou , de vaurien…. Ne voulant pas se faire justice, le citant a saisi la justice.
Répondant  aux questions du juge, Nsumbu a reconnu les liens qui les unissent à Nkole. Il a prétendu refonder le village Ebomo. Et  s’est mis à distribuer des lopins de terre à de potentiels demandeurs. Son frère aîné a accepté d’être un kapita (ndlr gardien des terres). 
 
Ebomo  appartient au groupement Ndola Mabela
 
Lui et son frère proviennent du clan Ntiti Kimpanzu. La famille l’a désigné comme chef coutumier. Le bien foncier en question est une propriété commune, a-t-il souligné. Chacun des frères a un  espace bien délimité dont il peut  disposer à sa guise.
Documents à l’appui, les avocats de la partie citée ont fait comprendre au juge que les personnes  qui ont désigné Foudre comme chef coutumier  viennent de le vomir. 
                      
Coup de poignard sur le dos
 
Ebomo, situé du côté du Camp Badara a longtemps été convoité par des militaires.  Grâce aux efforts déployés par Nsumbu, Ebomo est revenu aux Ntiti Kimpanzu.
Le cité Matadi a dit avoir acquis un lopin de terre en guise d’honoraires pour les services rendus à Nsumbu comme avocat. Pour lui, Nsumbu est véritablement un chef coutumier. Et si l’autre partie estime  être le mandant de Ndola Mbela, qu’il apporte des preuves.
Tout au long de l’instruction, le juge s’est époumoné à faire comprendre au cité que dans le clan, il y a un primus inter pares.
Albert Nkole, ébahi, a dit ne pas comprendre l’entêtement de son jeune frère à vouloir contester son autorité. Il a expliqué qu’il avait été approché dernièrement par le bourgmestre de Nsele. Mais son jeune frère et d’autres personnes  se sont présentés au bar «Cinq Chantiers »  comme des chefs coutumiers. Les autres avaient  été éconduits. Quant à lui, il avait été reconnu comme le vrai chef coutumier.  Le 4 juin 2002, il y avait une  réunion chez Ndola Mabela. Nkole  avait été choisi comme chef coutumier d’Ebomo. Il y a eu des rites coutumiers pour formaliser ce choix, a précisé Nkole. L’instruction se poursuivra le 9 juillet 2012.
 
Jean-Pierre Nkutu 

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