Tripaix de Ndjili: Les brûlures d’Abigael Walala au cœur d’une controverse

Le dossier judiciaire inscrit au Tribunal de Paix « Tripaix » de Ndjili sous le numéro Rc 15298 semble embarrasser l’organe de loi. Le ministère public l’a clairement fait savoir lundi au terme des plaidoiries de deux parties. Il ne sera pas facile à l’organe de la loi de déterminer avec précision la personne qui de manière involontaire est à la base des brûlures d’Abigael Walala. Censée éclairer le tribunal sur certaines zones d’ombre relevées au cours de l’audience, Ariane Badibanga, citée abondamment par les conseils des deux parties, était absente au procès. La juge présidente prendra certainement tout son temps pour se prononcer sur cette affaire. 

 

           On rappelle qu’en date du 14 août 2009,  la petite Abigael Wawala, domiciliée sur l’avenue Ngufulu, commune de Masina, se rend chez des voisins percevoir de l’argent pour le compte de sa mère, la veuve Jeannette  Mpeme. Et qui des fois livre des pains aux Badibanga.  A ce même moment, un brasero allumé est visible sur les lieux. Ariane Badibanga entre alors dans la maison pour prendre de l’argent et remettre à sa voisine.

            Quelques instants après ; elle entend des cris stridents : « Ya Ariane nazozika (ndlr ; je suis en train de me brûler ). Par quel moyen des braises incandescentes se sont échappées du brasero pour atteindre  Abigael ? Difficile de le savoir. Néanmoins,  Ariane sort alors précipitamment de la maison avec une casserole pleine d’eau dont elle verse le contenu sur l’infortunée gamine. Qui, par malheur, portait des postiches ce jour là. Walala s’en sort avec des brûlures au troisième degré.

            Acheminée d’urgence à l’hôpital de Kalembelembe, elle va regagner la maison deux mois plus tard.

            Accusé de n’avoir pas fait grand-chose pour la fille de Jeannette Mpeme, cette dernière a saisi le tribunal pour obtenir réparation du préjudice subi par sa fille.. L’assignation relative à cette affaire, a été établie en date du 29 décembre 2009.

Des plaidoiries passionnées 

            Après s’être mis d’accord pour plaider, Claude Mulumba et Eugène Kadimanshi ont fait remarquer qu’ils s’engagent à titre humanitaire pour sauvegarder la vie de Walala, obligée aujourd’hui de bénéficier des soins d’un chirurgien et d’un kinésithérapeute. La gamine risque de devenir bossue, si rien n’est fait dans les jours à venir. Approché peu après cet incident pour un arrangement à l’amiable, le géniteur d’Ariane a toujours fait la sourde oreille. Et pourtant, la responsabilité de sa fille est évidente. Le geste malencontreux de sa fille est à la base des malheurs d’Abigael.

            Les frais d’internement de Walala, produits médicaux inclus, s’élèvent à plus de 900000 francs. Les deux avocats ont exigé 100000 dollars de dommages intérêts à la partie défenderesse.

            En raison des bons et loyaux services rendus par l’époux de Jeannette Mpeme à l’hôpital de Kalembelemebe, sa fille a bénéficié de certaines faveurs dans cet établissement hospitalier.

            Dans leur réplique, le conseil de l’autre partie s’est évertué à innocenter la fille de leur client. Pour ces  avocats, si Ariane était réellement fautive, le feu allait l’atteindre. Voulant attiser le feu, la gamine s’est brûlée, ont-ils souligné.

            Absents au moment du sinistre, Badibanga s’est pointé plus tard à l’hôpital pour des raisons évidentes. Mais, les proches de Jeannette Mpeme l’ont rabroué. Proférant même des menaces à son endroit. En outre, comment la patiente a-t-elle quitté l’hôpital sans avoir payé les frais?

            Est-il normal que le bon de sortie soit établi en décembre alors que Walala a quitté l’hôpital deux mois avant ?

            Si les frais d’internement sont évalués à 497000 francs, pourquoi leurs confrères n’ont-ils pas pris la peine d’indiquer clairement les prix des différents produits médicaux prescrits par le personnel médical ? Si cela avait été correctement fait, on allait pas parler de 900000 francs.

            Tout en compatissant au malheur survenu à la fille de Jeannette Mpeme, ils rechignent à solliciter une action  reconventionnelle à l’endroit de la veuve. Ils ont enfin demandé au tribunal de déclarer non recevable l’action de l’autre partie. Ils ont justifié cela par les incohérences relevées dans la présentation des pièces leur communiquées par l’autre partie et le défaut de qualité ( document attestant la filiation ) de la partie demanderesse.

Jean- Pierre Nkutu

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