Tous ministres : il faut arrêter la comédie !

Zemanta Related Posts ThumbnailLorsque Léon KENGO Wa Dondo avait annoncé que les concertations nationales allaient se terminer par la formation d’un gouvernement de large union nationale, il était peut-être loin de s’imaginer qu’il venait de susciter chez chacun des participants à ce forum l’espoir ferme de devenir ministre. C’est ce qui explique la bagarre sans pitié que les délégués de chacune de trois composantes s’étaient livrés, y compris les invités du chef de l’Etat.  Là où l’on attendait sept cents délégués,  à l’issue des opérations d’enrôlement pour l’obtention de fameux macarons de participants, l’on s’est retrouvé avec des listes de plus de mille deux cents hommes et femmes venus des les quatre coins du pays et de la planète.

 Selon un confrère dans sa parution de lundi dernier, ce fameux gouvernement de large union nationale sera composé d’au moins 52 ministres et vice-ministres. Comme d’habitude et conformément à une règle non écrite, la Majorité Présidentielle pourrait se taper 30 ministres et vice-ministres, tandis que l’Opposition est créditée de 12 membres, la société civile, toujours considérée comme parent pauvre, n’aurait droit qu’à la portion congrue de 5 membres face à l’Autorité Morale de l’AMP qui aurait à choisir discrétionnairement le Premier ministre et quatre vice-Premiers ministres.

 Un cabinet des vertébrés………

Il y a plus de vingt ans, face à une autre guerre, pour faire partie d’un autre gouvernement de large union nationale, l’un des hommes les mieux avertis de la République, en l’occurrence le Cardinal L.MONSENGWO, avait ironisé en prévenant qu’il fallait être un vertébré pour avoir une chance d’être appelé. En effet, le gouvernement de Salut Public dirigé par Etienne TSHISEKEDI n’avait eu que 22 personnes, soit en tout et pour tout, deux membres par province dont lui-même. Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus, dit un adage populaire.

         Mais seulement voilà ! Malgré ce rappel d’une des pages de notre histoire politique nationale, les ambitieux ne veulent rien entendre. Tous veulent devenir membres de ce gouvernement de dernière chance avant le saut dans l’inconnu. Selon notre confrère, il n’y a que 52 places mais chacun des mille deux cents participants à ce forum tient à être membre de ce gouvernement. Et des questions : pour servir la nation, faut-il nécessairement être membre d’un gouvernement ? Qu’est-ce qui est plus important entre un membre d’un organe de contrôle et un ministre ? Ne constate-t-on pas que ceux qui se bousculent aujourd’hui au portillon sont curieusement ceux-là mêmes qui avaient eu à faire partie de nombreux gouvernements durant la 2ème République et la Transition 1-4 ? Ils sont tenus pour responsables de la faillite de l’Etat mais croient dur comme fer, comme ils n’ont jamais été sanctionnés, qu’ils peuvent rééditer leurs tristes exploits raison pour laquelle ils tiennent à reprendre du service pour bénéficier des immunités des fonctions et en profiter pour refaire leur santé financière.

Sacré Louis MICHEL……    

         Tout cela arrive parce qu’un certain Louis MICHEL qui s’était cru revêtu d’une mission de Proconsul en RDC au lendemain des négociations politiques inter congolaises de Sun City en 2002, avait imaginé un stratagème. Celui de donner des postes de ministres, députés, sénateurs, mandataires des entreprises de l’Etat et ambassadeurs à tous ceux qui avaient été en Afrique du Sud. Dans son imagination toujours féconde, l’homme d’Etat belge croyait de ce fait empêcher tous les va-t-en-guerre de reprendre le chemin du maquis. Vaut mieux avoir des institutions éléphantesques et budgétivores que des seigneurs des guerres à répétition? Les dirigeants des partis politiques alimentaires qui représentent le gros des troupes au front en ont malheureusement fait une tradition non écrite. Ce sont eux qui font le plus des bruits à chaque tournant de l’histoire politique congolaise. Sacré Louis MICHEL qui avait vu juste mais mal car les pêcheurs en eaux troubles recourent toujours à ce race d’hommes pour brouiller les pistes devant conduire à des solutions radicales pour remettre la RDC dans le concert des nations libres, indépendantes, souveraines et démocratiques. Il est temps d’arrêter la comédie.

F.M.

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