«Tolérance-zéro » pour les auteurs des traitements inhumains

La vice-ministre des Droits humains, Maguy Sakina Binti, a clôturé, hier lundi 28 octobre 2013 à l’hôtel Sulutani, l’atelier de vulgarisation de la loi criminalisant la torture dans la ville-province de Kinshasa. Session convoquée pour consolider le respect des droits humains et la lutte contre l’impunité dans notre pays, elle avait aussi pour objectif de lancer officiellement l’« Entité provinciale de Liaison des Droits de l’Homme ». Il s’agit d’une structure étatique favorisant le dialogue entre autorités provinciales et la Société civile sur les questions des droits de l’homme.

En effet, a souligné la vice-ministre à l’issue de cet atelier, cette Entité provinciale est un cadre de concertation qui va permettre d’examiner tous les problèmes de proximité inhérents aux droits de l’homme et d’en proposer des solutions. « Je souhaite que chaque service ici représenté comprenne la portée de sa mission en Province en vue de consolider ce cadre de dialoguer constructif, permanent et tripartite entre les autorités provinciales, les ONG des Droits Humains locales et le Bureau Conjoint des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme(BCNUDH) » a-t-elle indiqué, avant d’insister sur la prise de conscience de chacun des participants à ce forum, afin que sa mise en œuvre soit effective.

Déjà installés dans les 10 autres provinces du pays, ces bureaux sont présidés par les gouverneurs de province. Ils sont chargés d’examiner les problèmes de violations des droits de l’homme ; veiller au respect, par toutes les parties, des obligations en matières des droits de l’homme en RDC ; et enfin, d’évaluer les activités provinciales dans le domaine des droits de l’homme.  Kinshasa a donc bouclé hier cette campagne de sensibilisation et d’implantation desdites « Entités provinciales ».

 Tortures : de l’impunité à la sanction      

 Ayant pris part à cet atelier, les officiers de l’armée nationale, de la Police nationale congolaise, des cadres des Services de sécurité (ANR et DGM), des magistrats et autres agents de l’Administration publique ont été sensibilisés sur la loi n°011/008 du 09 juillet 2011, portant criminalisation de la torture à travers les provinces du pays.

En substance, croit-on savoir, les récipiendaires ont été sensibilisés sur l’éthique et déontologie des officiers des FARDC et de la police nationale, cadres et agents des services de sécurité dans la lutte contre la torture, par l’Auditeur Supérieur Militaire. De même, une leçon sur la contribution du Parquet dans la lutte contre la torture a été dispensée par le Procureur général. A cela, il faudrait ajouter la mise en niveau des participants sur les instruments internationaux de lutte contre la torture par le BCNUDH/Kinshasa et l’établissement d’un Etat des lieux de la lutte en faveur de la dépénalisation de la torture dans la ville de Kinshasa.

Invitée à répondre sur les causes à la base de la torture, une participante, Me Nathalie Nansha Mukendi Muganguzi du Réseau Equitas, en a révélé plusieurs origines, notamment l’ignorance, le manque ou l’insuffisance d’enquête, l’abus du pouvoir, l’impunité, la volonté d’obtenir coûte que coûte des aveux, le règlement des comptes, la cupidité, la mauvaise gestion de la chose publique, la pauvreté, le non respect des règles juridiques, la banalisation de la loi, le  non entretien des lieux carcéraux, le clientélisme, etc.

Somme toute, d’une seule voix, les participants ont, à l’issue de cet atelier, pris la résolution de contribuer davantage à la vulgarisation de la loi portant criminalisation de la torture.

Tshieke Bukasa

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