Tolérance zéro : l’antidote contre Karel de Gucht

Au moment où la RDC et l’Union Européenne s’enfoncent dans la crise, avec comme nouveau casus belli des propos désobligeants du Belge Karel de Gucht, Commissaire au Développement, à l’endroit des autorités congolaises, nombre de compatriotes pensent que Kinshasa ne gagnerait rien à polémiquer. Ceux-ci voient, dans l’opération « Tolérance zéro », l’antidote idéal pour faire échec aux observations de cette personnalité politique en rapport avec la mauvaise gouvernance, l’insécurité, l’inexistence de l’autorité de l’Etat, les dérapages d’éléments inciviques des FARDC, les violences sexuelles, la corruption, l’impunité, les détournements de l’aide humanitaire, etc.

Le « front commun » constitué par l’Europe pour soutenir le précité devrait faire réfléchir les Congolais et leurs gouvernants. Il s’agit là d’un acte d’adhésion sans équivoque aux « vérités » que débite tout haut Karel de Gucht que de nombreux décideurs et acteurs politiques occidentaux soutiennent dans des cercles fermés. Quelque part, l’on devrait se réjouir de savoir ce que l’on pense réellement de nous de l’autre côté de la Méditerranée.

Car, bien souvent, la République Démocratique du Congo a affaire à des déclarations hypocrites qui ne permettent pas aux Congolais de savoir si leur pays va mal ou s’il se trouve sur le droit chemin. En s’alignant sur la position de Karel de Gucht, l’Union Européenne a choisi clairement son camp, celui d’un avertissement sévère aux autorités de Kinshasa quant à leurs méthodes de gestion des affaires publiques.

Donner un contenu à la « Tolérance zéro » 

Un opérateur politique congolais, Henri-Thomas Lokondo, commentant le message de Nouvel An du Chef de l’Etat, a déclaré dans les colonnes de notre confrère Le Potentiel que « La Tolérance-zéro doit avoir un contenu judiciaire évident et visible ». En d’autres termes, le pari à gagner pour assainir les mœurs politiques et sociales devrait passer par l’impunité. Les maux principaux dont souffre le pays avait déjà été épinglés en son temps par Joseph Kabila : corruption, concussion, indiscipline, détournement des deniers publics, viols, vols, violations des droits de l’homme, tribalisme, etc.

C’est sur ce terrain, croit-on, que Kinshasa devrait apporter des réponses concrètes à Karel de Gucht et à ses collègues de l’Union Européenne. La « Tolérance zéro » devrait être effectivement appliquée dans tous les secteurs de la vie nationale et à tous les niveaux. Ceux qui jugent peut être très mal le pays aujourd’hui seraient privés d’arguments pertinents demain si les tares qui gangrènent notre quotidien disparaissent ou connaissent un recul substantiel.

Une fois guérie de ses turpitudes, la RDC ferait automatiquement taire les mauvaises langues qui ont pour le moment le beau rôle. Que Kinshasa ne se trompe pas de combat et ne gâche pas, sur un coup de tête, la confiance qu’elle retrouve progressivement dans le concert des Nations. Certes, la pilule de Karel de Gucht est difficile à avaler mais, dans les circonstances actuelles, il appartient au leadership national de donner la preuve que le peuple congolais ne mérite pas des critiques aussi sévères.

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