Tolérance zéro au MLC : Roger Nsingi et Itoka radiés

 Le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Congo (MLC) a eu la main lourde dans le traitement des dossiers disciplinaires de Roger Nsingi Mbemba et Henri Itoka Bimbakila, tous deux députés provinciaux et membres de l’Assemblée Provinciale de la ville de Kinshasa. Le premier cité est celui-là même qui préside, depuis quatre ans, le Bureau de ce parlement provincial. Les deux élus sont purement et simplement radiés des tablettes de la formation politique chère à Jean-Pierre Bemba, président national, au nom duquel est signée la décision, par délégation des pouvoirs, en date du 31 janvier 2011, par le Secrétaire Général François Muamba Tshishimbi.

Selon la décision n°OO1/PN/MLC/2011 remise hier mercredi 02 février 2011 à la presse, « il est reproché aux précités le non respect des instructions de la hiérarchie du parti, dans la gestion de la crise qui prévaut au sein de l’Assemblée Provinciale ». 

Le texte ajoute que « leur comportement est une insubordination caractérisée et une atteinte grave à l’image du parti ». Le même document signale que le Bureau Politique du MLC s’est fondé sur les rapports des Directions Fédérales de la Lukunga et de la Tshangu pour appliquer la tolérance zéro à l’égard de Roger Nsingi et Henri Itoka.

Radiation et après ?

La question qui vient tout naturellement à l’esprit est celle de savoir quelle implication pourrait avoir une telle sanction sur les mandats des deux élus. Il convient de retenir, de prime abord, que Roger Nsingi et Henri Itoka conservent leurs mandats, en raison du fait qu’ils n’ont pas, jusqu’à preuve du contraire, pris l’initiative de quitter le MLC. Ils deviennent ainsi des indépendants ou des non-inscrits de fait, qui vont continuer à siéger au sein de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa tant qu’ils n’auront pas levé l’option de leur démission volontaire de leur ancien parti ou adhéré ouvertement à un autre parti ou regroupement politiques.

Toutefois, Roger Nsingi peut se considérer comme un condamné en sursis, dans son fauteuil de président du Bureau de l’Assemblée Provinciale. Désavoué l’année dernière à la suite d’une motion de censure articulée par un membre de son propre parti et votée par une écrasante majorité des députés provinciaux, il avait refusé de rendre le tablier. Téméraire, il avait attaqué la décision de ses pairs au niveau de la Cour Suprême de Justice et obtenu gain de cause.

Mais les députés provinciaux, forts de l’indépendance du pouvoir exécutif du pouvoir judiciaire, avaient vilipendé l’ingérence de la haute cour dans les affaires politiques de l’Assemblée provinciale et maintenue leur position, considérant désormais Roger Nsingi comme ex-président. Mais celui-ci continue de s’accrocher à son poste, ce qui se traduit par le blocage, depuis plusieurs mois, de l’organe législatif de la ville de Kinshasa.

La radiation de Roger Nsingi par le MLC pourrait avoir pour conséquence immédiate l’émergence d’une nouvelle motion de censure contre lui, car son ancien parti politique, à défaut de le dépouiller de son mandat, pourrait au moins se battre pour tenter de placer un nouveau pion à la tête du Bureau de l’Assemblée provinciale.

Jacques Kimpozo

 

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