Tirs à balles réelles sur l’escorte de Tshisekedi

Etienne Tshisekedi avait annoncé, lors de sa conférence de presse du vendredi 20 janvier dernier, que cette date venait de marquer son entrée officielle en fonctions. Afin de matérialiser cette option, il a demandé au peuple de bien vouloir se joindre à lui le jeudi 26 janvier 2012 afin de l’accompagner de la commune de Limete jusqu’au Palais de la Nation, à Gombe, siège de la Présidence de la République.

Comme promis, le président national de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) est effectivement sorti de sa résidence de la rue Pétunias, pour passer à travers les barrières de la police qui tiennent en tenaille, jour et nuit et ce, depuis près de deux mois, le périmètre de son habitation. Mais son escorte n’a pas pu progresser au-delà du rond-point de la 10me Rue. Accueillie par des tirs nourris des éléments en tenues de la Police Nationale Congolaise, qui ont usé de balles réelles, elle a été contrainte de rebrousser chemin.

Selon des sources fiables jointes dans la soirée par Le Phare, outre trois blessés graves qui auraient été acheminés à la Clinique Bondeko où leur état de santé serait jugé fort préoccupant, cinq autres blessés dont un policier commis à la garde de M.Tshisekedi par la Monusco et quatre gardes traditionnels de ce dernier, sont restés bloqués à la résidence du sphinx de Limeté, privés de soins pendant de nombreuses heures. C’est dans la soirée que ces blessés ont pu finalement recevoir les premiers soins qui leur ont été dispensés par un médecin qui avait fini par faire comprendre aux militaires l’obligation qui leur incombait de le laisser porter secours aux blessés. Le médecin est reparti après avoir fait son travail, en promettant de revenir au chevet des blessés ce vendredi matin. Il faut espérer qu’on le laissera passer…
Des sources proches de l’Opposition ont fait état de plusieurs autres blessés dans les rangs des combattants mobilisés pour la circonstance. Deux d’entre eux auraient succombé à leurs blessures. Mais ce bilan n’a pu être confirmé par des sources indépendantes.

Limete « militarisé » depuis la veille au soir
A en croire des occupants des habitations des quartiers « Résidentiel » et « Industriel » de Limete, leur secteur était bouclé par des forces de l’ordre, habillés en tenues de la police, depuis la veille au soir. Cette militarisation était liée à l’annonce de Tshisekedi d’aller prendre possession du bureau présidentiel au Palais de la Nation, fait confirmé lors de la Conférence de presse animée mercredi après-midi par plusieurs ténors de l’Opposition au siège de RLTV (Radio Lisanga Télévision). Mais tous ceux qui ont répondu à cet appel ont été systématiquement pris en chasse par des éléments de la police munis d’armes automatiques, de gaz lacrymogènes et de matraques. La circulation automobile était totalement neutralisée sur le petit boulevard situé du côté du quartier Résidentiel.

Tout mouvement d’entrée ou de sortie était interdit aux personnes, aux véhicules et aux motocyclistes au niveau de la 10me rue (siège de l’UDPS et ministère Amen) ainsi que des rues Cannas, Zinnias et Pétunias. Tout attroupement, en rapport ou non avec l’activité de Tshisekedi était dispersé sans sommation.
Compte tenu de sa position de zone de transit pour le transport en commun, Limete connaît matin, midi et soir une forte fréquentation de fonctionnaires, étudiants, élèves, ouvriers, vendeurs et vendeuses des marchés, débrouillards, chômeurs…Aussi, la police ne faisant pas de différence entre ceux-ci et les combattants, il a régné hier une ambiance de chasse à l’homme, marquée par des rafles, violences physiques et rackets sur des innocents. Les gaz lacrymogènes et les matraques ont causé pas mal de dégâts sur des foules des gens qui ont le malheur s’y retrouver.

Jusque tard dans la soirée, des policiers -ou militaires en tenue de policiers- armés jusqu’aux dents et prêts à fondre sur quiconque leur paraissait suspect patrouillaient dans les environs de la résidence d’Etienne Tshisekedi. On croit savoir que la mise en résidence surveillée de ce dernier, qu’aucune autorité civile ou policière n’ose assumer, va être renforcée, relançant ainsi la crise politique et plongeant davantage le pays dans l’incertitude. 

Kimp

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