TGI/Ndjili : tentative d’assassinat d’un chef coutumier

 Le chef coutumier Ngutio Mayasi du village Buma, commune de Nsele, passe des nuits agitées ces jours-ci . Pris à partie par certains villageois qui contestent sa légitimité, il aurait échappé de peu à la mort. C’est ainsi que son fils Nene Mayasi a saisi par citation directe le Tribunal de Grande Instance « TGI » de Ndjili pour assigner en justice sous le RP 3395  les prévenus Edo Mfuta et trois autres personnes, coupables, selon Nene, de vouloir mettre fin à la vie de son géniteur.

            Rébellion, tentative d’assassinat, destruction méchante et association des malfaiteurs sont les préventions retenues à charge des prévenus Mfuta, Mbalanzo, Kabamba Mbalanzo et Muzinga.

            En raison de l’absence des prévenus et de leurs avocats, lors de l’audience introductive du mardi 14 septembre 2010, Me Francis Makabi et ses deux collègues se sont égosillés pendant au moins une heure pour motiver les préventions. Nene Mayasi a par moments éclairé  le tribunal sur certains points.

            Appelé à exposer les faits, Me Makabi a dit que tout a commencé en date du 31 juillet 2010 au milieu de l’après-midi. Ce jour-là, le citant avait été joint au téléphone par sa cousine Vicky, nom autrement identifiée. Elle lui avait demandé de mettre son oncle à l’abri car Edo Mfuta, Mbalanzo Gaby, Kabamba Mbalanzo, Muzinga et même  des militaires  munis d’armes blanches et à feu projetaient d’assassiner le chef coutumier Ngutio. Elle les  avait rencontrés au niveau de la rivière. Nene  a pris cela au sérieux  et a alerté les forces de police du Sous-Ciat de Buma qui sont parvenus à maîtriser la situation. Certains hommes en armes ont fui, d’autres ont été maîtrisés et même identifiés. Le conseil de Nene a exigé 100 000 dollars américains pour le préjudice subi par ce dernier qui s’est vu obligé de rester auprès de son géniteur  pendant un certain temps pour le sécuriser.

            Pour sa part, Nene Mayasi a fait savoir qu’il a demandé à son père de se cacher dans la maison le jour de l’arrivée des « assaillants » à la résidence de Ngutio.. Certains membres de la bande luii ont proféré des menaces devant l’OPJ. Ils lui ont dit ceci.

            Les juges Kingombe, Tshilumba et Muana Mulenda ont demandé au conseil du  citant de prouver que Ngutio est reconnu de manière légale par le ministère de l’Intérieur comme chef coutumier.  A quelle période, la situation a commencé à dégénérer ?

            Pourquoi avoir retenu autant des préventions à charge des Muta et consorts ?

            Reprenant la parole, le conseil du citant a fait observer que Ngutio   a été investi par ses frères Humbu  dans les années 80 comme chef coutumier. Les avocats du citant ont même exhibé des correspondances échangées entre le père de leur client et l’autorité politique en la matière. N’ayant pas en leur possession d’autres documents exigés par les juges pour attester de la légitimité de Ngutio  Mayasi  , ils ont promis de les amener à la prochaine audience. A les en croire, c’est vers 2008 que certains « égarés », le mot est de Francis Maki, ont commencé à contester l’autorité du responsable numéro un de Buka. Ayant fait le constat que les choses semblaient traîner au niveau du Parquet de Kinkole, ils ont saisi par citation directe le TGI de Ndjili.

             S’appuyant ensuite sur certains articles du Code pénal, ils ont fait voir au tribunal que les quatre préventions retenues à charge des prévenus sont fondées.

En fin d’audience, les juges ont renvoyé la cause au 1er octobre 2010. Enjoignant par la même occasion le conseil du citant d’obtenir les copies de certaines pièces censées se trouver  au Parquet de Kinkole ou à la police. Le chef coutumier en question devrait être entendu prochainement. Il en est de même de quelques témoins et notables. Les juges ont décidé aussi de se rendre à Buma pour s’assurer du degré de destruction des bornes tel qu’allégués par le conseil du citant. 

Jean- Pierre Nkutu

 

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