Taxis-motos : Kimbuta induit en erreur

xmotard-wewa.jpg,qresize=710,P2C434.pagespeed.ic.oUhWCgXDRELa furie des Kuluna vient de faire une nouvelle victime à Kingasani. Une victime de trop dans la longue série des attaques des malfaiteurs. Epuisé par une journée de dur labeur, le coordinateur de la rédaction du journal Le Phare, Jacques Kimpozo, a été violenté le mardi 3 septembre 2014, à Kingasani, sur une avenue qu’il avait empruntée. Seul, avec sa mallette sous l’aisselle, Jacques Kimpozo Mayala avait pu quitter sa rédaction au centre-ville, sans incident particulier. De la Gombe à Kingasani, en passant par le rond-point Victoire, le transport était facile.

Arrivé à Kingasani, à son arrêt de débarquement, l’absence des motos l’obligera à faire les pieds jusque dans son quartier. Il était 1 H du matin, quand il s’est engagé sur sa rue complètement déserte. Derrière lui, des ombres humaines qui gesticulaient dangereusement. Il a senti qu’il était suivi. Un coup d’œil en arrière, il verra trois solides gaillards armés des machettes et autres objets contondants le pourchasser.

 Réflexes de protection, le coordinateur de la rédaction du Phare court se réfugier dans une parcelle dépourvue de portail. Bien qu’il appelle à l’aide, par des cris stridents, ses voisins de l’avenue, tardent à réagir. Trop tard ! Sept Kuluna enragés se sont immédiatement rués sur lui avec une cruauté diabolique. Plus rien ne les arrête. Son sac arraché, ils lui ont alors administré plusieurs coups de machette. Le premier coup lui assené à l’avant-bras droit a causé une fracture du radius et une blessure béante qui a nécessité six points de suture. Le deuxième coup a visé le pied gauche. Saignant abondamment, Jacques Kimpozo seul, désarmé et impuissant, ne peut se défendre avec les mains nues face à ces criminels enragés dont on dit qu’avant lui, ils avaient fait de nombreuses victimes.

Durant ce calvaire, le coordinateur du Phare a attrapé quatre autres coups de machette sur le dos. On l’aurait certainement achevé si le premier témoin, une dame, n’était pas sorti de sa maison, suivie de près par son mari, lui aussi choqué face à l’acharnement des marginaux sur un paisible citoyen sans défense. C’était pour les inviter à arrêter avec leur « carnage » dans leur parcelle.

En guise de représailles, les Kuluna ont fait irruption dans la maison du couple où ils ont fendu le poste téléviseur d’un violent coup de machette et emporté quelques biens précieux. Soudain, les premiers samaritains sont sortis en catastrophe de leurs appartements. C’était pour déplorer le pire et s’apitoyer sur le sort de la victime ensanglantée qui se tordait des douleurs. Craignant la furie des autres habitants de la parcelle, les délinquants ont détalé à toutes jambes, disparaissant dans les rues voisines.

Aujourd’hui, Jacques Kimpozo Mayala qui a subi plus de 20 points de suture, a été plâtré et a quitté l’hôpital, l’avant-bras sous l’écharpe. Le moral en berne. De cet incident, il garde un très mauvais souvenir, et demeure encore traumatisé, en attendant de se remettre de toutes ces émotions fortes gravées dans son esprit. On lui souhaite un prompt rétablissement durant la période d’indisponibilité recommandée par ses médecins.

La semaine passée, c’était un autre journaliste qui avait été victime des attaques des malfaiteurs dans des circonstances analogues. En effet, Mukaku Lalabi, chroniqueur sportif au journal L’Avenir, avait tard terminé son travail et regagnait son domicile situé à Kingasani.

Débarqué d’un taxi sur le boulevard Lumumba, le journaliste longeait à pied une avenue, trajet qu’il a toujours effectué à moto pour échapper aux agressions. Dans un coin sombre, il s’est retrouvé nez-à-nez avec une bande des Kuluna qui fait rage dans cette partie de la capitale. Les bandits lui ont arraché sa mallette contenant des documents divers, ainsi qu’une petite somme d’argent et des téléphones portables.  Non sans l’avoir assené des coups de machettes et l’avoir grièvement blessé.

La victime qui a été secourue plus tard par quelques rares passants, a été conduit dans un centre de santé proche où il été soigné. Mukaku Lalabi encore traumatisé, ne cesse de déplorer la mesure du gouverneur André Kimbuta interdisant la circulation des taxis motos à 19 H. Il s’interroge comme regagner son domicile, chaque fois que son travail se termine tard.

Dans toutes les communes, ce sont les mêmes plaintes que l’on enregistre concernant les agressions des bandits. Les Kuluna sont revenus en force avec le relâchement de l’opération Likofi II. Les écuries des marginaux, jadis traquées à Kinshasa, ont repris du service. Armée rouge, Zoulous, Bana Nzoyi, Bana Moyo, pour ne citer que celles-là, sont devenues opérationnelles et plus agressives. Les victimes ne se comptent plus.

Chaque matin, on ne manque pas de recenser dans les communes, des cas d’attaques des marginaux, depuis que les motos ont été interdites de circuler la nuit. Les piétons abandonnés à eux-mêmes ne savent plus à quel saint se vouer pour assurer leur transport sur des routes impraticables.

Partout, la population ne cesse de se plaindre sur l’insécurité qui sévit actuellement à Kinshasa et la mesure d’interdiction de circulation des motos qui expose les piétons aux risques d’attaques des bandits de tous bords.

         Le gouverneur André Kimbuta ferait mieux de voir les conséquences de sa mesure et son impact sur l’insécurité à Kinshasa, afin de trouver des mesures palliatives plus sécurisantes pour le plus grand nombre.

                                                                                                              J.R.T.     

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