Symposium de diversification économique à Malabo : Trois ex-présidents pour la fin du paternalisme d’Etat en Afrique

Trois anciens Chefs d’Etats africains (le Nigérian Olusegun Obansanjo, le Mozambicain Joachim Chisano et le Botswanais Festus Mugae) ont fait des propositions concrètes pour permettre aux Etats africains en général de diversifier leurs économies soutenues, pour la plupart, par l’exploitation des ressources minières et naturelles. Ce lundi 3 février 2014 dans la salle des conférences et des congrès de la cité de Sipopo à Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale, ils ont chacun demandé aux pays africains de mettre fin au paternalisme d’Etat, à l’occasion du Symposium sur la diversification de l’économie, ouvert par le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema.

Pour le Nigérian, la diversification, ce n’est pas seulement l’agriculture, la pêche, etc. C’est aussi le culturel comme « Nollywood », l’industrie cinématographique développée dans son pays. « Les gens sont créatifs. Au lieu d’aller dans les grands studios comme Hollywood, ils ont utilisé des situations naturelles. Ce n’est pas un investissement qui crée des emplois, mais il réalise de bonnes recettes et augmente le prestige du pays. Partout où je vais on m’appelle ‘IGWE’ grâce à ces films… » a ajouté celui qui a dirigé le Nigeria durant plus de dix ans.

            Olusegun Obansajo a enfin invité les investisseurs à ne pas créer l’appétit dans les milieux des fonctionnaires et aux Etats africains de bannir le clientélisme et le tribalisme dans le recrutement de leurs agents, voire dans la formation des gouvernements.

            Son homologue mozambicain, Joachim Chisano, a rappelé qu’à l’issue de 16 ans de guerre qui ont meurtri le pays, le mouvement de développement a été initié pour attirer les investisseurs. Ayant entrepris de profondes réformes institutionnelles, le Mozambique a connu le boom économique à la découverte des ressources naturelles (charbon, gaz, pétrole), laquelle a attiré l’attention de la Communauté internationale, a témoigné l’ancien président. « Le monde a observé notre gouvernance, d’où le prix Mo Ibrahim que nous avons reçu. Toutefois, en Mozambique nous avons changé l’axiome ‘’le gouvernement ne fait pas ceci ou cela, par voici ce qui doit être fait’’. Quand je rencontre des jeunes qui demandent la création des emplois, moi je leur dit d’aller à l’école, d’apprendre puis de faire des propositions au gouvernement…» a-t-il illustrer.

            Partisan de la gouvernance comptable, transparente dans une société ouverte et une économie ouverte, Festus Mogae, ancien chef d’Etat du Botswana, a prôné la responsabilisation des leaders. « Le président de la République doit se mettre au niveau afin de vérifier ce qui est fait en matière de droit, de la performance dans le secteur privé, la lutte contre la corruption, l’efficacité des services, etc. » a-t-il indiqué.

            Cependant, aux jeunes africains, il a martelé que le « monde ne doit rien à personne » ! En clair, explique-t-il, les dirigeants africains doivent engager la jeunesse dans le développement, tout en évitant de créer une mentalité de dépendance à cause de la gratuité. « Les jeunes et les femmes doivent faire des proposition dans la marche des pays… »a martelé cet ancien lauréat de la Légion française.

            Notons que des nombreux entrepreneurs internationaux se sont donné rendez-vous  durant deux jours, du 3 au 4 février 2014 à Malabo, afin de discuter sur les importantes opportunités d’investissement qu’offre la Guinée équatoriale dans les domaines de pêche, de l’agriculture, du pétrole, de construction, du tourisme, de l’industrie pétrochimique des mines et les services financiers etc.

            Outre les anciens chefs d’Etats africains, l’ancien président bolivien, Jorge Quiroga et l’ancien directeur du Fonds monétaire international(FMI), Rodrigo de Rato, ont apporté leurs témoignages sur les transformations remarquables observées en Guinée équatoriale. Alors que le premier exhorte les Etats africains à prendre pour modèle le Brésil, le deuxième a pris la Turquie comme une référence pour l’Afrique car se développant et réalise des succès « malgré les attaques… »

            Rappelons que cette rencontre économique et d’entreprises a pour objectif principal la présentation des grandes opportunités qu’offre actuellement la Guinée équatoriale aux investisseurs du monde entier.  Cet Etat qualifié par CNN Network comme une des meilleures économies du monde pour sa valeur comme point d’investissement, suivant l’estimation du Fonds monétaire international (FMI) dans l’article « World’s best economies in 2013 »

Tshieke Bukasa

Envoyé spécial à Malabo

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