Stanley Mbayo préconise un nouveau contrat social

téléchargement (10)Député national élu du territoire de Kabongo, au Katanga, et président national du Mouvement des Indépendants Réformateurs (M.I.R), un parti de la Majorité présidentielle, Stanley Mbayo Pelesa a donné sa lecture des faits en rapport avec le sujet qui défraye la chronique de l’actualité politique nationale, à savoir : la révision constitutionnelle.

         Soutenant la modification de la Constitution, non sans arguments, l’honorable Mbayo dit que cela doit d’abord être soumis à la sanction du souverain primaire. Pour justifier la démarche, il fait savoir que le contexte politique, social et économique ayant changé après l’organisation des élections à deux reprises (2006 & 2011), la Constitution devrait être adaptée à la nouvelle donne, plutôt que de la laisser dans sa forme actuelle dictée par la logique de la belligérance au moment où elle avait été élaborée.

            Invité à donner son point de vue en rapport avec le débat qui oppose depuis quelque temps l’opposition et la majorité au sujet de la révision de la Constitution, le président du M.I.R fait d’abord observer que celui-ci a été ouvert par l’opposition. Avant d’indiquer  qu’il reste encore deux ans pour 2016, et qu’il y a encore du chemin et du champ.

            Réagissant à la pétition initiée par l’opposition qui rejette toute idée de modification de la Constitution, il fait observer deux choses :

- Nous n’allons pas violer la Constitution, nous sommes respectueux des lois de la République ;

- Des gens doivent retenir que la Constitution que nous avons tire sa source de l’Accord global et inclusif signé le 17 décembre 2002 en Afrique du Sud.

Les constituants d’alors étaient des belligérants. L’objectif visé était d’abord de réunifier le pays et d’impulser la démocratie. Aujourd’hui, avons-nous le même enjeu puisqu’il y a déjà la démocratie, et que les élections ont été organisées à deux reprises ?

Réponse : nous avons aujourd’hui l’objectif de l’émergence d’ici 2020-2030.  Il appartient aux élus légitimes d’impulser un référendum populaire en vue de permettre au peuple congolais de se prononcer librement sur la question.

            En outre, il fait remarquer que ladite pétition pour récolter 100.000 signatures ne circulent qu’à Kinshasa. Or, Kinshasa n’est pas l’exclusivité du peuple congolais, ou encore tous les députés ne sont pas de la capitale. D’où la logique voudrait que tout le monde soit consulté.

« Il n’est pas interdit, aujourd’hui, de penser à un référendum qui pourra par exemple nous donner un nouveau contrat social avec la population pour l’émergence d’ici 2020-2030. C’est le souverain primaire qui pourra se prononcer ».

            Estimez-vous que le contexte politique, social et économique a évolué, et qu’il faut modifier certaines dispositions de la Constitution ?

«Le contexte a sérieusement évolué», répond-il, avant de souligner qu’à l’époque, le pays était divisé entre plusieurs seigneurs de guerre dont ceux du RCD, MLC, RCD/National, RCD/KML, etc.

Mais aujourd’hui, en regardant la composition de l’Assemblée nationale, le RCD a zéro député, le MLC est incapable d’avoir un groupe parlementaire. Il faut recourir au jeu d’alliances avec des amis pour constituer un groupe parlementaire. Bref, le contexte a totalement évolué, a-t-martelé.

            De même, il dit que le contexte social a aussi évolué grâce au programme de la Révolution de la modernité avec à l’affiche des infrastructures qui poussent çà et là.

Pour ce faire, l’élu de Kabongo estime qu’il est temps d’avoir un nouveau contrat social qui n’a rien à avoir avec l’esprit de la belligérance dans lequel la Constitution a été élaborée. Et pour s’en convaincre, fait-il observer, l’exposé des motifs de la loi fondamentale répond à cette logique.

Après avoir organisé les élections à deux reprises, le cycle électoral instauré, on est à ce jour dans un nouveau contexte, celui de l’émergence.

L’Accord global est-il un haut fait ? Non, répond-il à sa propre question, en faisant savoir que la population était prise en otage à l’époque par les belligérants. Ce qui n’est plus le cas, à ce jour.

            Autre raison pour modifier la constitution et l’adapter au nouveau, Stanley Kabongo épingle le problème de nationalité qui suscite toujours des débats.

A propos, il signale que dans la Constitution française, il y a une disposition qui énonce : « Un Français d’origine ne peut jamais renoncer à sa nationalité française ». Et les Congolais vivant à l’étranger sont buttés à ce problème de nationalité. Raison pour laquelle on doit intégrer tous ces problèmes dans la Constitution à travers le nouveau contrat social.

« Nous avons d’autres enjeux du contexte politique, social et économique qu’il faut intégrer dans la Constitution», soutient-il.

            Concernant le retard pris dans la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale annoncé par le chef de l’Etat, il s’en remet au pouvoir discrétionnaire du Président de la République. Avant de lâcher : « par élégance politique, quand le président de la République annonce une décision devant le parlement réuni en congrès, le premier ministre devrait déposer sa démission pour lui permettre d’avoir une grande manœuvre d’agir dans le sens à réfléchir librement sur le choix ».

            Comment jugez-vous l’action du Premier ministre à la tête du gouvernement ? Ici, Stanley Mbayo s’est montré très critique à l’endroit d’Augustin Matata qu’il accuse de vouloir chercher à influencer le chef dans le choix pour qu’il le maintienne.

Il fait savoir, par exemple, que le Premier ministre n’avait pas de programme quand il était venu solliciter l’investiture. A la question lui posée à ce sujet, il avait répondu qu’il se ralliait au programme de la Révolution de la modernité du chef de l’Etat dont il avait promis le chronogramme d’exécution aux députés. « Malheureusement, jusqu’à ce jour, ce programme ne nous a jamais été remis pour nous permettre de l’évaluer ! », a-t-il déclaré.

             Plusieurs autres reproches sont également faits au chef du gouvernement par ce député de la majorité qui se dit troublé de constater que le Premier ministre semble actuellement occupé à chercher des appuis extérieurs en ignorant sa famille politique, particulièrement l’autorité morale qui lui avait fait confiance.

Propos recueillis par Dom

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