Soutien militaire du Rwanda au M23 : voici les preuves !

rwanda-soldaL’entrée des troupes rwandaises en République démocratique du Congo, sous couvert de la nébuleuse rébellion du M23, ne fait plus l’ombre d’un doute au regard de la quantité et de la nature des  armes abandonnées sur le terrain par le général autoproclamé Rusandiza alias Sultani Makenga et ses éléments.

 Des quantités imprressionnantes d’armes lourdes ont été abandonnées par le M23 face à l’avancée de l’armée congolaise, appuyée par la Monusco et la Brigade internationale d’intervention.

Dans le lot, on peut citer un obusier de 122 mm, de fabrication espagnole, capable d’atteindre des cibles situées à 20-22 kms. Placé aux pieds de la montagne de Chanzu par le M23, il était utilisé pour pilonner la localité de Chengerero et le poste frontalier de Bunagana qui servait jusque-là de vache à  lait en termes de recettes, pendant son occupation.

A côté de l’obusier, de nombreuses autres armes ont été récupérées par les FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo). C’est le cas notamment des chars et blindés, des bombes Hyanna, des canons sophistiqués et des obus à longue portée.

Surpris par la précipitation des événements et, surtout, par la progression fulgurante des FARDC et de la Brigade Internationale d’Intervention, le M23 le temps de mettre son impressionnant stock d’armes à l’abri et encore moins le temps de le détruire. Des roquettes d’origines diverses et des obus à longue portée comptent également parmi les armes abandonnées par les troupes rwandaises qui occupaient Rutshuru  sous couvert du M23.

Que dire des caisses de munitions ? On en a vu de toutes sortes et en très grande quantité. La tentative de les brûler pour empêcher les FARDC de les utiliser a tourné court.A peine demarraient-ils l’opération de destruction qu’ils étaient contraints de vider les lieux dans l’immédiat pour ne pas être rattrappés. Voilà qui a sauvé ces preuves  qui ont pu être montrées à la presse et aux observateurs en fin de semaine dernière.

            De Kibumba à Chanzu, en passant par Rubare, Rugare, Chengerero – sans oublier la base militaire de Rumangabo – partout, le M23 a laissé des traces d’armes qu’il utilisait.

Le sommet de la montagne de Chanzu en était le quartier général. C’est là qu’était organisée la caverne d’Ali Baba version M23, avec un dépôt d’armes principal et un  magasin de ravitaillement.

            C’est le général Bahuma Ambama de la 8ème Région militaire et chef des opérations, qui a éclairé la lanterne de la délégation sur les types et la quantité d’armes abandonnées par le M23.

            Le gouverneur du Nord Kivu Julien Paluku qui était déjà au fait de la situation a évoqué le chiffre de plus de 300 tonnes de munitions et de 30 à 40 armes lourdes abandonnées par l’ennemi.

L’agression de la RDC avérée

 

            Même si les attachés militaires de quelques ambassades installées à Kinshasa ne pouvaient pas le déclarer publiquement -réserve diplomatique oblige- ceux qui ont effectué le déplacement de Rutshuru ont constaté comme les journalistes la présence d’armes lourdes abandonnées par le M23. Des armes généralement vendues aux Etats sauf dans des cas particuliers des organisations terroristes comme les Shebab, Al Qaeda, Aqmi etc.

            En plus, lesdites armes ne peuvent se déplacer que grâce au remorquage d’un engin, et non être transportées par des militaires.

            Comment alors le M23 pouvait-il en avoir ? C’est la question que l’opinion se pose. On peut facilement conclure à la présence d’une armée régulière d’un Etat camouflée en rébellion. Ce qui confirme la thèse du rapport des experts des Nations Unies rendu public à l’époque, et qui avait suscité l’agitation dans le camp des autorités rwandaises en usant de leur arme habituelle, un démenti qui ne pouvait convaincre personne.

Comme preuve de l’agression du Congo par son voisin, le gouverneur Julien Paluku a présenté un véhicule comme appartenant à l’armée rwandaise qu’utilisait le M23. Autre élément de preuve de l’agression étrangère de la Rdc c’est ce prisonnier de guerre qu’on nous a présenté aux pieds de la montagne de Chanzu. Interrogé, l’ex sociétaire de Sultani Makenga s’est présenté comme étant originaire de la Tanzanie. Version que la plupart des militaires qui le gardent rejettent catégoriquement en le qualifiant de fausse.  Ils se disent convaincus qu’il est plutôt sujet rwandais malgré le swahili qu’il parle.

            Par ailleurs, plusieurs sources contactées ont laissé entendre qu’une partie de ces armes placées dans des bunkers au-dessus de la montagne  de Chanzu remonte à l’avant création du CNDP. Et c’est cela qui justifierait le refus catégorique des éléments issus de ce mouvement d’être déployés ailleurs, suivant le très controversé Accord du 23 mars 2009. L’objectif était d’avoir toujours la mainmise sur cette base arrière.

            Question : comment et pourquoi ces armes n’ont-elles jamais été découvertes auparavant alors que la zone est infestée d’hommes de troupes aussi bien onusiennes  que natiionales? Faut-il croire que les hommes qui opèrent dans cette partie de la République obéissent à d’autres ordres et que les services de contre-espionnage sont occupés à autre chose chose qu’à la réalisation de leur vraie mission?  La question est d’importance et appelle des réponses appropriées si nous voulons nous mettre à l’abri d’autres surprises désagréables.

Martin Köbler en appelle à la restauration de l’Etat

            Comme dans ses interventions antérieures, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en République Démocratique du Congo et chef de la Monusco invite les dirigeants congolais à rétablir l’autorité sur l’ensemble du territoire national, singulièrement dans la partie que contrôlait il y a peu la rébellion du M23.

            «La situation est redevenue normale. Les activités commerciales et les écoles ont repris. Les déplacés commencent à regagner leurs ménages. L’armée a réalisé son travail. Mais, il faut maintenant qu’il ait restauration de l’Etat ».

            Plusieurs attachés militaires des ambassades accréditées à Kinshasa, étaient dans la délégation qui a effectué le déplacement du Nord Kivu en vue de constater les armes abandonnées par le M23.

            Dans la foulée, on peut citer les attachés français, belge, allemand, russe, américain, égyptien, sud-africain, ougandais, tanzanien, etc.

            Les membres du Mécanisme mixte de vérification étaient également de la partie.

Dominique Mukenza Shambuyi/Envoyé spécial au Nord Kivu

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