Soutien du Rwanda aux mutins de M23 : la Monusco continue d’être embarrassée

Après la première vague de 11 personnes qui ont sollicité l’appui de la Monusco pour rentrer au Rwanda, il y a eu ensuite une vague de 10 personnes pour présenter à la Monusco la même requête. Puis il y a eu trois personnes et hier une autre personne s’est ajoutée. Ce qui porte à 25 le nombre des personnes qui se sont livrées à la Monusco pour chercher à être rapatriées, a déclaré le porte-parole intérimaire de la Monusco, Amadou Ba. Rappelons que tout est parti de 11 éléments ayant combattu dans les rangs du mouvement rebelle M23 et qui ont demandé à la Monusco de les rapatrier dans leur pays. Selon la BBC qui avait pu obtenir une copie d’un rapport confidentiel de la Monusco, ces 11 personnes ont déclaré qu’elles ont été recrutées et entraînées au Rwanda pour servir dans l’armée rwandaise, mais elles se sont retrouvées de l’autre côté de la frontière pour combattre dans les rangs de M23. 

Ces personnes sont toujours entre les mains de la Monusco à Goma, a dit le porte-parole intérimaire de la Monusco. Les 11 premières personnes ont été entendues par les gouvernements congolais, rwandais et le Comité international de la Croix Rouge pour clarifier certaines zones d’ombre.
Même si le porte-parole intérimaire de la Monusco refuse qu’on mette au compte de la mission onusienne les termes « militaires ou combattants rwandais », mais plutôt des citoyens rwandais, cela ne change rien. Car les hommes en question ont porté des armes contre l’armée nationale de la Rd Congo. La copie du rapport de la BBC à ce sujet est claire car les 11 personnes déclarent simplement qu’elles étaient en Rd Congo pour faire la guerre. 
Peu importe qu’ils soient citoyens, policiers, militaires ou combattants rwandais, le constat est qu’il s’agit des rwandais qui se sont retrouvés en Rd Congo avec leurs armes. 
 
Maintenant, il est clairement établi que le Rwanda est derrière les hommes du général Bosco Ntaganda et derrière aussi tous les mouvements rebelles qui ont secoué l’Est de la Rd Congo. Le Rwanda a contribué à pérenniser des conflits armé à l’Est du pays où non seulement des civils et militaires congolais ont perdu, mais aussi beaucoup de casques bleus. Les Congolais attendent de la Monusco en particulier et des Nations Unies en général qu’elles fassent comprendre aux Rwandais de s’occuper de leur pays que de venir tout le temps troubler la paix chez les Congolais.  
 
Il est à noter cependant qu’en trois semaines, il y a eu trois porte-parole et trois porte-parole militaires à la Monusco. Madnodje Mounoubai a animé la conférence de presse du mercredi 23 mai 2012, Touré Pengnanini celle du mercredi 30 mai 2012 et hier mercredi 6 juin 2012 c’était le tour d’Amadou Ba. La même chose pour les porte-parole militaires. Le Lt-col  Félix- Prosper Basse était là le 23 mai 2012, puis le Lt-col Mactar Diop le 30 juin 2012 et hier c’était le lt-col Thibaut de Lacoste. Aucune explication n’a été fournie à la presse en ce qui concerne ces changements. 
 
Par ailleurs, le nouveau porte-parole militaire intérimaire de la Monusco, le lieutenant-colonel Thibaut de Lacoste, a indiqué que dans la province du Nord-Kivu, les principaux foyers de tension déjà évoqués les semaines passées persistent, et mobilisent toujours autant l’ensemble des unités de la Force de la Monusco déployées dans cette province. 
«Les opérations des FARDC contre les rebelles du M23 autour de Mbuzi, Tshanzou et Runyoni ont connu une accalmie jusqu’au 4 juin 2012. Les bombardements ont alors repris contre la position de Mbuzi, et une tentative d’assaut a finalement été repoussée », a dit le porte-parole militaire.  
 
Il a rappelé que dans cette région, la Force de la Monusco maintient son opération  « Flanc renforcé » dont le but consiste avant tout à protéger les principales zones habitées, avec un effort marqué à Bunagana. En plus de trois bases permanentes maintenues en alerte et d’où les patrouilles ont été considérablement intensifiées, elle y a déployé quatre postes opérationnels supplémentaires à Rumangabo, Rubare, Bunagana et Belgian Hill, une réserve mobile de deux pelotons blindés, un poste de commandement avancé et une cellule de coordination conjointe  à Bunagana avec les FARDC. 
 
Jean-René Bompolonga

Leave a Reply