Sommet USA/Afrique : l’Amérique tient à devenir le premier partenaire économique

usa-info-afrique.com_La journée d’hier à Washington a été consacrée à un forum économique entre les délégations africaines et américaines. C’est aussi hier que le Président Barack OBAMA s’est adressé pour la première fois à ses homologues venus du continent africain, avant de les recevoir le soir à un dîner dans le grand salon de la Maison Blanche. Selon des sources proches des participants à cette rencontre, des milieux officiels et d’affaires américains ont émis le vœu ardent de prendre pied dans l’espace industriel et économico-financier de ce continent pour y investir dans divers domaines de la vie. C’est dans ce cadre que Barack OBAMA a promis de libérer la somme de 26 milliards des dollars Us pour être injectée dans le secteur des investissements dans divers domaines, dont particulièrement l’énergie électrique, la desserte en eau potable, l’agriculture, la pêche, les mines, les télécommunications, la santé, les voies des communications, la technologie de pointe, etc. Il va sans dire que l’on s’y attendait un peu car, jusqu’ici, aux yeux des Américains, ce sont les pays européens et asiatiques, dont particulièrement la Chine, qui se taillent la part du lion dans le domaine des échanges commerciaux avec ce qui est considéré comme le berceau de l’humanité. Pour ne pas être en reste, la Banque Mondiale a promis d’injecter la somme de 4 milliards des dollars Us pour améliorer le secteur de la santé, de l’éducation et promouvoir la participation de la femme dans les travaux agricoles et de salubrité. 

            On indique qu’au regard de nombreuses études scientifiques réalisées, il s’est avéré que le sous-sol du continent africain contient de nombreuses richesses naturelles encore non exploitées pouvant servir comme matières premières pour l’industrie de la technologie de pointe. En effet, il ne se passe une année sans que l’on ne découvre dans l’un ou l’autre pays africain des minerais rares pouvant être utilisés pour améliorer la qualité des produits de commerce et de l’industrie.

Qu’est-ce qui attire aujourd’hui les milieux d’affaires américains vers Afrique ? Tout d’abord les guerres, les coups d’Etat et les troubles sociaux se font de plus en plus rares sur le continent africain. Selon une étude du Fonds Monétaire International, le taux de croissance sera d’au moins 5,2 % en 2015, un chiffre qui rend jaloux certains Etats riches et quatre des dix économies qui connaitront une croissance réelle au Monde sont africaines. En plus, toujours selon la même étude, 11 pays du continent africain sont classés parmi les nouveaux marchés les plus attrayants au monde. Les réserves du sous-sol, de ses terres arables et de sa main d’œuvre sont gigantesques.

Préalables impératifs

            Mais seulement voilà ! Avant de délier la bourse, les Américains ont posé certaines conditions de fond pour voler au secours de l’économie africaine. La première concerne l’instauration d’une véritable démocratie au sein des systèmes politiques du continent. D’où un appel pressant à l’alternance au pouvoir, autrement dit, à ne pas changer la durée et le nombre des mandats à la tête du pays, bref à ne pas modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir. Car, a-t-on appris, sans démocratie, aucun investisseur américain ne se précipitera au portillon du malade africain. Etant entendu que l’absence de la démocratie fait le lit des régimes dictatoriaux qui ne se gênent pas le moins du monde de violer délibérément les droits de l’homme et deviennent souvent des lieux de refuge pour les milieux terroristes de tous bords.

Ensuite, il a été établi que la bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique constitue l’une des conditions sine qua non pour attirer les investissements. C’est ce qui justifie l’engouement de nombreux Etats africains à adopter le système de l’OHADA pour rassurer les investissements étrangers. Les dirigeants africains ont été invités à renforcer l’indépendance de la magistrature vis-à-vis de l’exécutif pour garantir la bonne justice, particulièrement lors des contentieux d’affaires. Enfin, les Américains ont mis un point d’honneur à la lutte tous azimuts contre la corruption, considérée comme l’un des fléaux dévastateurs de l’économie en ce siècle où la menace terroriste inquiète au plus haut niveau toutes les couches de la population tant urbaine que rurale. Or, la corruption demeurera pour longtemps l’arme par excellence à laquelle recourent souvent les milieux terroristes pour commettre leurs sales besognes. Il y a donc un lien de causalité entre la corruption et le terrorisme, assure-t-on et le spectre tragique du 11 septembre 2001 est encore vivace dans l’esprit de l’Américain moyen.

Ainsi donc, à deux ans de la fin de son mandat à la tête des Etats-Unis d’Amérique, ce fils d’un kenyan tient à laisser une marque indélébile dans les relations entre son pays et le continent africain. Le pari est jouable, à la condition que ses interlocuteurs mettent le bien-être de leurs concitoyens au- dessus de leurs intérêts personnels.             F.M.    

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