Sommet de la CIRGL à Nairobi : l’avertissement de Ban ki-moon aux Congolais

MBan-Ki-MoonLe Secrétaire Général des Nations Unies Ban ki-moon était présent mercredi à Nairobi, à l’ouverture du Sommet des Chefs d’Etat de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs. Dans son message de circonstance, il a particulièrement insisté sur la nécessité d’un « processus politique crédible » pour résoudre la crise congolaise et d’une lutte sans merci contre les causes profondes de l’insécurité dans les Grands Lacs. En plus, il a recommandé aux délégués du gouvernement congolais et aux rebelles du M23 de faire diligence pour conclure les pourparlers de Kampala.

Nombre d’analystes politiques, après avoir examiné sous toutes les facettes les propos du numéro un de l’Onu, notent que la crise congolaise exigent pratiquement deux niveaux de dialogue. Si l’on a bien saisi sa pensée, il faut d’une part trouver un compromis politico-militaire avec le M23 et, d’autre part, rechercher un consensus politique national interne.

Le sentiment qui s’en dégage est que le M23 conserve, dans l’entendement onusien, son statut de partenaire incontournable de Kinshasa. Cela sous-entend que les autorités congolaises et les membres de ce mouvement devraient absolument trouver une voie de sortie de la crise politico-militaire. Ce volet du « dialogue » entre « belligérants » apparaîtrait, dans la sphère onusienne, comme la voie obligée pour impulser une paix durable au Nord-Kivu et, partant, sécuriser la région des Grands Lacs.

Mais tel que ce dialogue est présenté, Ban ki-moon semble placer Kinshasa dans l’obligation de s’entendre avec des rebelles dont tout le monde sait qu’ils brandissent un cahier de charges fort embarrassant pour les autorités congolaises. On rappelle à ce propos que Makenga et compagnie revendiquent des postes de responsabilité dans l’armée, la police, les services de sécurité, les institutions nationales et provinciales, les entreprises publiques, la diplomatie, l’administration publique, la territoriale. Bref, ces criminels sont dans la logique du partage intégral et équilibré du pouvoir, avec le soutien de la communauté internationale.

            L’autre volet de la pensée de Ban ki-moon renvoie aux fameuses « Concertations nationales » convoquées par voie d’ordonnance par Joseph Kabila et qui divisent la classe politique, la Société Civile ainsi que la diaspora voici quatre semaines. La terminologie, le présidium, le format, l’ordre du jour et la durée suscitent une controverse telle que l’on s’interroge sur leur faisabilité. Pendant que les acteurs politiques et de la Société civile de la RDC s’entredéchirent autour d’un forum de tous les dangers, le Secrétaire général de l’Onu vient de leur rappeler que le salut du grand  Congo passe par là. Autrement dit, sans un dialogue inclusif, il n’y a point de salut pour le peuple congolais.

            Il s’agit là, si besoin est, d’un avertissement en direction de la classe politique congolaise, appelée à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation, si elle veut que cette dernière retrouve la voie de la paix et de la prospérité. En d’autres termes, les décideurs actuellement aux affaires comme ceux qui en sont exclus devraient imaginer un modus vivendi pour « sauver le Congo ».

                                   Kimp

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