SNEL : nouveau spectre des «Fonds Vautours»

Après sa mission d’inspection au barrage hydroélectrique d’Inga, lundi et mardi derniers, le Chef de l’Etat a préconisé comme thérapie de sortie immédiate de la situation catastrophique dans laquelle se trouve ce site de production de l’énergie électrique, la recherche des financements auprès des bailleurs de fond extérieurs. Ces apports financiers devraient venir en appui non seulement aux ressources internes de la SNEL (Société Nationale d’Electricité) mais aussi aux fonds attendus du gouvernement congolais.
L’idée de Joseph Kabila est louable dans la mesure où elle va permettre à cette société commerciale du Portefeuille de disposer, à bref délai, des ressources financières dont elle a grandement besoin pour remplir son objet social, à savoir la desserte de qualité en énergie électrique. Seulement voilà ! La chose la plus à craindre est de voir la SNEL, déjà suffisamment endettée, s’embarquer dans un cycle de surendettement et partant retomber dans la gueule des tenants des « Fonds Vautours ».

Il n’est point besoin de rappeler qu’à cause de ce type de prêts obtenus à des taux d’intérêt et des délais de remboursement « assassins » auprès des spéculateurs de tous bords sur les marchés internationaux, cette société commerciale publique se trouve sous le coup de plusieurs procès en Afrique, en Europe, en Asie et en Amérique. Certains de ses comptes, saisis à en attendant la fin des procédures judiciaires pendantes, ne peuvent plus être mouvementés. D’autres puzzles judiciaires ont pu être dénoués avec mille et une difficultés.

C’est donc le lieu d’en appeler à la vigilance, à l’expertise, au bon jugement et surtout au patriotisme des compatriotes appelés à rechercher et négocier des contrats financiers en rapport avec la précarité de la situation qui prévaut à Inga. Si les négociateurs « politiques » et les « technocrates » de différents marchés publics au profit de la SNEL brillent par l’opacité dans la conclusion des contrats et une boulimie financière individuelle, cette société d’Etat est partie pour un nouveau chemin de la croix dans les dédales des « Fonds Vautours ».

Ainsi, au lieu d’être un salut pour le peuple congolais et le Congo, le barrage d’Inga risque de se transformer en empoisonneur permanent de la vie économique nationale, comme à l’époque de Mobutu, jusqu’à l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés. Nos concitoyens ne sont pas sans ignorer que ce vrai-faux « Eléphant blanc » avait à peser lourdement dans les 14 milliards de dollars de notre dette extérieure, bloquant du coup, pendant quatre décennies, toutes les velléités de développement du pays.

C’est aussi le moment indiqué pour souligner que la SNEL, dont les recettes extérieures prennent généralement des destinations inconnues depuis des décennies, est capable d’autofinancer à la fois la maintenance de ses centrales électriques, la modernisation de son réseau de transport et de distribution de son énergie électrique et ses projets de développement. Le « commando invisible » spécialisé dans le détournement des fonds de cette société découlant des services fournis à ses clients extérieurs à la RDC devrait être neutralisé sans délai afin de permettre le retour au vert de ses indicateurs financiers.

Car, avec des ressources internes bien contrôlées et bien gérées, elle ne devrait pas connaître des problèmes de trésorerie du genre de celui de cessation des paiements. S’il existe, dans les cercles des décideurs politiques, une volonté réelle de voir la SNEL remplir efficacement sa mission de production et de commercialisation de l’énergie électrique au pays comme à l’étranger, l’on devrait cesser de faire main basse sur ses recettes en devises en provenance de ses créanciers étrangers. Il y a donc un double challenge à gagner, celui de la réhabilitation et de la modernisation de l’outil de production d’une part, et d’autre part, celui de l’assainissement financier par la suppression des centres « souterrains » d’évasion des fonds.

Kimp

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