SNCC : Ilunga hérite d’un canard très boiteux

Les indicateurs de la SNCC (Société Nationale des Chemins de Fer du Congo) sont au rouge. Son outil de production est constitué de 30 locomotives, vieilles de 40 ans. Son personnel accuse 68 mois d’arrières de salaires. Quant à ses dettes, elles sont évaluées à 245 millions de dollars américains. C’est l’état des lieux dont vient d’hériter son nouvel Administrateur Délégué, Ilunga Ilunkamba, appelé à remettre sur pied un « canard très boiteux ».

Son mandat s’apparente à une course à handicaps, car le réseau ferroviaire, long de 3.641 km, doit être réhabilité sur une longueur estimée à 1.231 km.

C’est du reste à cause de la vétusté de son réseau ferroviaire, que cette société enregistre une longue série noire d’accidents de train que l’on déplore depuis un certain temps. Selon les statistiques des services techniques, l’on compte en moyenne 1,5 déraillement par jour.  Par exemple, le déraillement qui avait endeuillé la République au mois d’avril, était lié à la présence de plus de 300 personnes  dans un train réservé exclusivement aux marchandises. Pourtant, cela est strictement interdit dans le règlement d’exploitation de la SNCC. Mais, cela arrive à cause de la faible capacité en trafic des voyageurs. Il faut une réponse commerciale à pareille catastrophe.

Selon le Projet de Transport Mutimodal en chantier, avec le concours du gouvernement et la Banque Mondiale, les moyens disponibles ne permettent la remise à neuf que de 791 km, soit 21 % seulement. Sur 4.626 wagons et voitures pour voyageurs, 1.677 seulement sont opérationnels, soit environ 35.

Comme on le voit, l’offre des services est très faible. Le personnel, dont l’âge moyen tourne autour de 55 ans, ne répond plus aux normes, qui exigent une moyenne de 40 ans chez les cheminots.

En dépit de ce tableau sombre, le nouveau manager de la SNCC se veut optimiste. Il voudrait, en priorité, restaurer la paix sociale. Dans cet ordre d’idée, les fonds en provenance de la Banque Mondiale sont gérés dans la transparence. La dernière mission de cette institution financière indique que la gestion financière du Projet de Transport Multimodal est correcte. Aucun détournement n’est déploré, comme ont tenté de l’insinuer de méchantes langues. Mais, pour ce faire, il faut que le gouvernement concrétise les décaissements financiers promis dans le cadre du Plan d’Urgence de Redressement. Beaucoup d’espoirs sont fondés sur le Projet de Transport Multimodal, dans lequel le gouvernement a accepté de financier l’achat de cinq locomotives de seconde main, attendues en juillet 2014 et dix locomotives neuves, annoncées pour le milieu de l’année 2015.

Quant à la BM, son appui financier s’articule autour de l’achat de 18 locomotives neuves, dont la livraison est prévue en mars 2015. Si son outil de travail est renouvelé comme prévu, la SNCC envisage de récupérer son rôle moteur dans le développement du secteur minier. Pour l’instant, elle en est à fonctionner sous la formule de la location et acquisition des locomotives de seconde main.

                                                                                  Kimp

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