Situation sécuritaire en RDC : le Renadhoc tire la sonnette d’alarme !

« A l’aube de l’organisation du scrutin à tous les niveaux…, le Renadhoc constate avec regret que les élections tant attendues risquent de se dérouler dans un climat d’insécurité généralisée. Ce qui compromettra dangereusement les conditions d’équité, de transparence et de pluralité, seul gage pour offrir aux candidats l’égalité des chances ».

 C’est au cours d’un point de presse tenu, hier mardi 22 février à son siège social sis dans la commune de Barumbu, que le Réseau national des ong des droits de l’homme de la République démocratique du Congo (Renadhoc) a tiré cette sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire qui prévaut actuellement au pays.

 

Deux sources  d’insécurité
 Il y a d’une part la résurgence des activités criminelles des groupes armés qui continuent d’opérer quasiment en toute impunité à l’Est du pays. Et d’autre part, des menaces de mort à l’encontre des défenseurs des droits humains, d’intimidation, enlèvement, braquage et violence de toute nature à travers le territoire national. Particulièrement dans la ville de Kinshasa.
A titre d’illustration, le Renadhoc cite le massacre de quinze personnes dont cinq femmes dans les localités de Byalose et Sesele dans le territoire de Beni, province du Nord-Kivu. Les victimes ont été d’abord enlevées et prises en otage entre  le 27 janvier et le 5 février 2011, avant d’être lâchement exécutées par les rebelles ougandais d’ADF-NALU, affirme le Secrétaire exécutif national ai du Renadhoc, Fernandez Murhola.
Dans la Province Orientale, un autre groupe rebelle en l’occurrence la LRA, continue de semer la désolation dans de nombreuses familles des districts du Haut Uélé et du Bas Uélé, indique-t-il.
 Toujours dans ce même chapitre lié à la dénonciation des abus, le regroupement des organisations de défense des droits de l’homme épingle des actes de terreur et d’intimidation dont la population de Kinshasa est victime de la part des hommes armés. Ces derniers, poursuit-il, sèment chaque jour la mort dans plusieurs familles.
 Beaucoup de cas ont été rapportés au Renadhoc, dont celui des membres du comité national de soutien aux Léopards qui ont été braqués, puis dévalisés en pleine réunion.
 Il y a aussi le cas d’une jeune femme qui a été enlevée à la place Victoire par un groupe de personnes armées circulant à bord d’une voiture taxi. Après l’avoir dépouillée de tout ce qu’elle avait sur elle, les hors-la loi vont l’abandonner au quartier Pompage, dans la commune de Ngaliema.
Pour ce qui est des menaces contre les défenseurs des droits de l’homme, on a les cas de Me Jean Claude Katende et Georges Kapiamba de l’ASADHO, Henri Christin Longendja (directeur exécutif du CODHOD), William Wenga Bumba (secrétaire exécutif du REPRODHOC/Kinshasa), Jonas Tshiombela Kabiena de la Nouvelle Société civile congolaise (NSSC).
A ce sujet, le Secrétaire exécutif national a salué l’implication du ministre de la Justice et Droits humains, à travers sa recommandation faite au Procureur général de la République, dans une correspondance datée du 7 février 2011, pour l’ouverture d’une information judiciaire concernant les menaces de mort à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme précités.
 En dehors de ces cas d’insécurité, le Renadhoc a aussi fait le point sur l’exploitation illégale et le trafic illicite des minerais dans la partie Est de la République démocratique du Congo, par des groupes armés opérant avec la complicité de certaines autorités du pays aussi bien au plan national que local.
 « L’exploitation du coltan, de l’or, de manganèse, de la cassitérite a redoublé d’intensité malgré les mesures prises par le gouvernement pour interdire toute exploitation des matières précieuses à l’Est de la République. Le cas le plus éloquent est celui du général Bosco Ntaganda qui serait impliqué dans le trafic ignoble ». Constat fait aussi par la Monusco dans son dernier rapport, relève Fernandez Murhola.
 Des recommandations ont été formulées au gouvernement en l’invitant à remplir convenablement ses fonctions régaliennes.
 Mais aussi à la Monusco et à toute la communauté internationale de s’impliquer effectivement dans la protection des populations civiles.
 Enfin, il exige l’ouverture des enquêtes judiciaires sérieuses sur les cas des assassinats des défenseurs des droits de l’homme à travers tout le territoire national.
 Concernant le procès relatif à l’assassinat de Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana, le Renadhoc récuse la compétence de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe. Seule la Haute Cour est compétente, insiste-t-il.

Dom

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