Sida en RD Congo: beaucoup reste à faire

Depuis que le sida est devenu un problème majeur de santé publique en RDC, décimant plus les jeunes que les vieux, et faisant davantage des ravages dans les milieux estudiantins, de l’exploitation minière, chez les musiciens et les professionnels du sexe, force est de constater que le syndrome immuno-déficitaire acquis se porte bien. C’est dans ces milieux et chez les groupes à hauts risques que la maladie prolifère à cause du déferlement de la débauche et la négligence des mesures préventives.
Docteur Mboyo qui s’appuie sur les données enregistrées par la coordination nationale du Programme national multisectoriel de lutte contre le sida, a éclairé mercredi dernier, un parterre des journalistes sur l’évolution de la maladie dans notre pays. C’est fort des informations diffusées dans les milieux scientifiques qu’il a fait le point des recherches sur les dernières thérapies, notamment le «  Truvada ».
Concernant l’évolution de la propagation du sida, Dr Mboyo a révélé que les études médicales récentes établissent que la maladie touche 31 % des homosexuels et un nombre élevé des malades atteints est issu des groupes à hauts risques au sein desquels se recrutent les professionnels du sexe. Plus les jeunes se livrent à la débauche, plus ils s’exposent aux risques de contamination.  Bien que cela soit une situation connue, il est révoltant que les jeunes continuent à se comporter comme avant la découverte de la maladie. Pour eux, le préservatif est un produit destiné aux vieux et depuis qu’ils organisent des « surprises-parties », ils n’ont pas encore attrapé le sida.
Ce genre de propos renseigne que la plupart des jeunes n’ont pas encore pris conscience des ravages de la maladie, estimant à tort que leur âge les immunise contre le sida. C’est dans les tranches d’âge comprises entre 15 et 25 ans que devrait être davantage menée la campagne de sensibilisation  à la prévention. Car, si rien n’est fait aujourd’hui, c’est la jeunesse qui constitue les ¾ de la population congolaise qui sera décimée avec ce que cela comporte comme conséquences sur la relève dans toutes les catégories socio-professionnelles.
 
Y a-t-il présentement des médicaments traditionnels qui guérissent les malades du sida ? A cette question, Dr Mboyo s’est voulu réservé. S’il est vrai que la plupart des tradi-praticiens prétendent soigner le sida, il est aussi vrai que depuis qu’ils se sont lancés dans un battage médiatique à outrance, leurs médicaments n’ont pas été testés dans les hôpitaux et centres médicaux. Aucune étude sérieuse n’a été effectuée sur un échantillon important de malades. Aucun organisme de l’Etat n’a pu homologuer jusqu’ici, un remède congolais du sida. Par ces temps de crise, retenons que les charlatans se sont improvisés tradi-praticiens pour se faire de l’argent.
Dr Mboyo a toutefois signalé qu’au centre de Mbudi subventionné par l’Etat, plusieurs médicaments traditionnels sont expérimentés sur les malades. Ils guérissent les maladies opportunistes, mais ne détruisent pas le virus du sida.
Le regard du PNMLS est tourné vers ces découvertes locales qui, on l’espère bien, pourront un jour, aboutir à la mise au point d’un vaccin ou d’un remède purement congolais appelé à révolutionner le secteur médical.
 
                                                                           J.R.T. 

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