Secrétariat Technique des Concertations nationales : les «FAC» parlent de distraction de mauvais goût

martin FayuluLes Forces Acquises au Changement, FAC, ont pris connaissance de la décision conjointe portant nomination des membres du Secrétariat Technique près le « Présidium des concertations nationales » telles qu’initiées par Monsieur Kabila dans son ordonnance du 26 juin dernier.

Cette démarche téméraire des Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale appelle de notre part, les observations suivantes :

1. Les FAC rappellent, en liminaire, qu’elles sont signataires de la déclaration de l’opposition politique du 1er juillet 2013 faite au CEPAS et réaffirment une fois de plus leur attachement au contenu de ladite déclaration notamment en ce qui concerne  la mise en place d’un comité préparatoire tripartite (majorité-opposition et société civile) chargé de préparer ce dialogue dans son organisation, son format, sa durée ainsi que dans la définition de ses termes de référence;

2. Sauf complicité avérée avec Monsieur Kabila, les FAC ont du mal à comprendre que, le Président du Sénat ait décidé d’aller outre la signature apposée par son parti le même jour au CEPAS;

3. Pour les FAC, la mise en place de ce Secrétariat Technique est un non-évènement et par conséquent les FAC ne se sentent point concernées par cette distraction de mauvais goût de la part de la majorité Kabiliste élargie. Les FAC souscrivent  une fois de plus et sans réserve à l’idée de la tenue d’un dialogue politique transparent et inclusif suivant la lettre et l’esprit de la Résolution 2098 particulièrement en son point 14b ;

4. De manière incidente, outre que la question de la crise de légitimité n’est pas reprise sur les thématiques proposées par l’ordonnance de Monsieur Kabila, les FAC notent à la fois avec surprise et inquiétude la non-inscription de la problématique de la guerre à l’Est de notre pays. En lieu et place, l’article 10 de l’ordonnance de Monsieur Kabila propose les « conflits communautaires ». Les FAC considèrent qu’il n’y a pas de conflit communautaire entre les 450 tribus que compte la RD Congo mais plutôt une agression étrangère avérée du Rwanda et de l’Ouganda au versant Est contre l’intégrité et la souveraineté de notre pays.

Dans un autre registre, les Forces Acquises au Changement, FAC, expriment  leur indignation face à la mollesse de la réaction de la MONUSCO au regard des derniers développements en rapport avec la crise sécuritaire qui secoue notre pays. Il s’agit :

- de la violation intentionnelle par le Rwanda de ses engagements pris dans l’Accord-cadre du 24 février 2013 ;

- de l’établissement de la « zone de sécurité » autour de la ville de Goma ;

- du vrai-faux ultimatum lancé par la MONUSCO contre le M23.

1. De la violation des engagements de l’Accord-cadre par le Rwanda

Dans son dernier rapport, l’organisme international de  défense des droits de l’homme, Human Rights Watch, HRW, a clairement démontré que le Rwanda, en violation flagrante de ses engagements contenus dans l’accord-cadre ci-dessus rappelé, continue d’apporter une assistance ou un soutien au M23, groupe armé considéré comme une force négative par les Nations-Unies.

            Les FAC observent que le silence regrettable des Nations-Unies face à cette violation vient confirmer les réserves qu’elles avaient émises en son temps quant à l’absence, dans l’accord-cadre, des mécanismes coercitifs en cas de violation des engagements pris par tous les signataires.

            Par contre, le défaut de dénonciation de cette violation dans le chef du gouvernement congolais témoigne, si besoin en était encore, de la capitulation de la RD Congo face au Rwanda.

2. De l’établissement de la « zone de sécurité » autour de Goma

            Les FAC rappellent que la mise en place de la Brigade d’intervention n’est pas une panacée pour résoudre la question de la guerre à l’Est de notre pays. Néanmoins, il est important que le gouvernement de Kinshasa ainsi que la MONUSCO, chacun en ce qui le concerne, puissent jouer sa partition pour assurer l’intégrité du territoire et protéger les populations civiles congolaises.

            Par exemple, l’opinion se souviendra qu’au mois de mars dernier, les FARDC, profitant de la confusion née des affrontements entre les deux ailes du M23, aile Makenga et aile Runiga à Rutshuru, avaient délogé le M23 de Kiwanja et des autres localités environnantes. Contre toute attente, c’est le gouvernement de Kinshasa qui avait intimé l’ordre aux FARDC de se retirer de ces localités pour permettre au M23 de s’y redéployer, avec toutes les conséquences qui avaient suivi. Nous avions alors affirmé que ces évènements mettaient à nu la complicité manifeste de Monsieur Joseph Kabila aux malheurs des Congolais.

            Aujourd’hui, alors que les FARDC réalisent des progressions sérieuses sur le terrain, susceptibles de libérer les territoires occupés par le M23, c’est le moment que la MONUSCO choisit pour tracer une frontière appelée « zone de sécurité » autour de Goma, comme pour consacrer la balkanisation de la RD Congo, au lieu d’étendre cette zone vers les localités occupées par le M23. Ce qui aurait été conforme à son mandat actuel tel que revu par la Résolution 2098. Il est, en effet, incompréhensible que la MONUSCO ait établi la fameuse « zone de sécurité » dans des territoires où il n’y a pas de groupes armés.

            3. Du vrai-faux ultimatum lancé contre le M23 par la MONUSCO

L’adynamie de la MONUSCO est davantage illustrée par le vrai-faux ultimatum  qu’elle a lancé dernièrement contre le M23. Puisqu’il n’a pas été suivi d’effets, cet ultimatum a plutôt agacé les congolais au point d’inciter la population du Nord-Kivu à s’attaquer à un convoi de la MONUSCO et à programmer des manifestations populaires contre elle. D’ailleurs, il faut remarquer que suite à cet ultimatum, le M23 y a réservé une fin de non-recevoir : « j’y suis et j’y reste » !

            Les FAC recommandent donc  que la MONUSCO puisse se conformer aux prescrits de son mandat actuel afin d’éviter des contradictions dans ses positions qui, souvent, bouleversent les congolais.

            C’est ici le lieu, pour les FAC, de souligner une fois de plus que les cycles de violence et d’instabilité dans la partie Est de notre pays sont le fait de l’ECHEC de la RD Congo, comme Etat, dans ses missions régaliennes et que la faiblesse de nos institutions  contribue singulièrement à leur persistance. Le rapport spécial du Secrétaire général des Nations-Unies du 27 février 2013 est à la fois très prolixe et très explicite quant à ce.

De ce qui précède, les FAC invitent Mme Mary Robinson et Monsieur Martin Kobler, respectivement Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations-Unies pour la région des Grands-Lacs et Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies pour la RD Congo, à s’approprier rapidement les points 4, 5 et 14 de la Résolution 2098.

Fait à Kinshasa, le 08 août 2013

Martin M. Fayulu

Coordonnateur

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