Scrutins de novembre 2011: Le pari de Minani, mobiliser 124.000 observateurs électoraux

Le Cadre de Concertation de la Société Civile pour l’Observation des Elections «CDCE» compte déployer 124.000 observateurs ( soit 2 témoins par bureau de vote) électoraux lors des scrutins du mois prochain. Pour relever ce pari, il lance un appel pour une mobilisation des volontaires pouvant travailler bénévolement pendant ces élections. Le clin d’oeil du CDCE à ses membres est motivé par l’absence jusqu’ici des moyens financiers. L’appel du week-end passé entre dans le cadre de la campagne pour un vote utile initié par le Réseau d’Organisations des Droits Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne « Rodhecic. ». Le bénévolat pour la surveillance et l’observation des élections est aujourd’hui un devoir civique. Tel est l’essentiel du message délivré par un des ténors du CDCE Rigobert Minani lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 14 octobre 2011 au Cepas.

Robert Minani est secrétaire permanent du « Rodhecic », a fait savoir que le CDCE, conçu comme un cadre de synergie et de concertation entre les organisations et les plates-formes de la société civile en matière électorale existe depuis 2005. Il a réussi à déployer 100.000 observateurs électoraux lors du référendum de décembre 2005, des scrutins présidentiels et législatifs de 2006, des élections sénatoriales….
Reconnu comme une référence en matière d’observation électorale, le CDCE a publié un rapport d’observation sanctionnant toutes ces activités. «Nos membres ont effectué des missions d’observation internationale dans plusieurs coins du monde», a-t-il dit.

Mauvaise foi

«Il y a une nette différence entre la surveillance électorale et l’observation électorale», a-t-il souligné. A l’en croire, la collecte des informations dans le souci d’attirer l’attention du pouvoir organisateur des élections sur les défaillances observées par exemple lors de l’enregistrement des électeurs, le dépouillement… font partie de la surveillance électorale. L’observation vise la collecte d’informations et l’attention sur des faits saillants lors des opérations électorales à utiliser dans la formulation d’un jugement sur la légitimité et la transparence du processus électoral.
«L’éducation civique, a-t-il précisé, est un des maillons essentiels dans l’organisation des élections crédibles.. Elle a pour finalité de doter la population de la compréhension du parcours qui aboutit à des élections correctes».

En raison des pesanteurs politiques et sociales et autres (pays post-conflit, taux élevé d’analphabétisme, faible implantation des partis politiques…) auxquelles la RDC est confrontée, ils estiment qu’il y a nécessité d’investir en priorité dans l’éducation civique. Il y a un lien entre l’éducation électorale et l’observation électorale, a-t-il ajouté.
Expliquant pourquoi, il est nécessaire de privilégier l’observation domestique de proximité aux missions internationales , il a dit que les locaux peuvent prévenir la violence, voir et anticiper en cas d’achat des consciences. Proches de la population, ils connaissent les réalités politiques de leur pays. Ils sont à long terme acteurs dans l’amélioration de la pratique démocratique.
Les expatriés font souvent du tourisme électoral.

Le jésuite Minani s’est insurgé contre la tendance de certains bailleurs des fonds qui privilégient les missions d’observation internationales au détriment des structures locales. Certains expatriés ont même pris un réel plaisir à fragiliser les structures congolaises en la matière. Lesquelles aujourd’hui ne disposent pas des ressources financières pour faire de l’observation électorale. Et pourtant, ces missions internationales constituent une valeur ajoutée si elles peuvent se greffer aux structures locales. Il a dit qu’il ne manifeste pas de la haine envers les missions internationales.
« Absent du pays pendant une année, j’ai dû revenir en catastrophe en RDC pour essayer de colmater les brèches», a-t-il ajouté.
A la question de savoir s’ils seront capables de battre le rappel des troupes à quelques jours des élections, il a répondu par l’affirmative.
« Nous savions qu’on aura de sérieux problèmes cette fois-ci. On se bat pour avoir quelque chose », a précisé Minani. Il a dit qu’un observateur électoral ne doit pas trafiquer son choix. Une fois son devoir civique accompli, il peut alors faire l’observation électorale.

Jean-Pierre Nkutu

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