«Sauvons le Congo» : L’histoire donne raison au pasteur Kutino

 Il y a 9 ans, la République Démocratique du Congo faisait ses premiers pas dans la voie de la réunification des territoires, de l’armée, de la police, des services de sécurité et de l’administration publique, ainsi que du gouvernement d’union nationale sous la formule du 1+4 (Un Président et quatre vice-présidents). Mais en dépit de la promesse des belligérants ayant participé au Dialogue Intercongolais de s’investir dans une période de transition pacifique, jusqu’à l’organisation d’élections voulues libres, démocratiques et transparentes, les bruits de bottes continuaient de se faire entendre dans plusieurs provinces de la République ayant hébergé des mouvements rebelles.
 Même Kinshasa, la capitale, siège des institutions transitoires, vivait sous la hantise de la guerre.

 C’est dans ce climat délétère d’un pays-conflit aux lendemains incertains que l’Archibishop Kutino Fernando avait eu l’idée de lancer le mouvement baptisé « Sauvons le Congo ». Celui-ci se voulait le socle de l’éveil de conscience des Congolaises et Congolais en vue de la défense de l’unité, de la souveraineté, de l’intégrité, de la stabilité, de l’honneur, des richesses de la patrie. C’était l’appel de ce ministre de Dieu à ses concitoyens pour qu’ils se mobilisent contre les ennemis de leur paix, de leur bonheur, de leur tranquillité, de leur progrès, de leur démocratie, de leur volonté de vivre ensemble et de reconstruire leur pays sinistré économiquement. De nombreux fils et filles de la RDC, convaincus qu’il y avait nécessité de se mettre ensemble pour « sauver » effectivement la patrie en danger, avaient adhéré massivement à l’initiative du chef spirituel de l’église Armée de Victoire.
 Pour des raisons restées obscures, certains concitoyens ont perçu « Sauvons le Congo » comme une menace contre les institutions de la République, la sécurité intérieure, l’autorité établie. Et c’était parti avec des actes d’intimidation puis de persécution de ce ministre de Dieu.


 Son dossier politique et judiciaire demeurant étrangement vide, il avait fallu tirer de nulle part une prétendue tentative d’assassinat par « esprit » d’un de ses collègues serviteurs de Dieu pour ouvrir la voie à sa condamnation, en 2006, à dix années d’emprisonnement au niveau de la défunte Cour d’Ordre Militaire.
 Pensionnaire de Makala depuis 6 ans, Kutino Fernando est en train de se rappeler au bon souvenir de vrais patriotes congolais depuis que la République Démocratique du Congo est victime d’une nouvelle agression parrainée par un pays voisin agissant sous le label du M 23.
 Ces derniers jours, son portrait géant érigé au croisement des avenues Assosa et Kasa-Vubu, dans la commune de Ngiri-Ngiri, à côté de Wenze ya Bayaka, est littéralement pris d’assaut par des foules de jeunes. Dans leurs divers commentaires, ceux-ci reconnaissent enfin ses qualités de visionnaire et de nationaliste.
 L’idée-force « Sauvons le Congo » est l’objet d’une profonde méditation. Plus que jamais, l’opinion intérieure commence à réaliser que l’autorité morale de l’Armée de Victoire est en train de payer cher son œuvre d’avant-gardiste. Quoique l’on dise, l’histoire vient de lui donner raison car le gouvernement central en appelle sans cesse à la mobilisation générale des Congolais pour sauver le Congo, sérieusement menacé de balkanisation à partir de sa partie Est. Kutino Fernando était-il un élément gênant contre le projet de ceux qui veulent « vendre » le Congo ? Si ce n’est pas le cas, les architectes de son « exil » à la Prison Centrale de Makala devraient tirer les leçons des appels actuels à la résistance contre nos agresseurs au Nord-Kivu.


   Kimp 

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